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Pensée du 29 mai 10

« Le rôle du principe d’équité des chances est de garantir que le système de coopération est un système basé sur une justice procédurale pure. »

John Rawls, Théorie de la justice

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GRILLE DE LECTURE

Trois notions orientent la compréhension de cette pensée : le « principe d’équité », le « système de coopération » et la « justice procédurale pure». Ces notions ont le mérite de concentrer l’essentiel de la doctrine politique de la justice comme équité où Rawls défend deux principes fondamentaux de la construction d’une société juste que sont l’égale liberté pour tous et la juste égalité des chances (ou l’équité des chances). Les deux principes de justice énumérés collaborent à l’atteinte de l’équité sociale, mais le principe d’équité des chances est fondamental. En fait, une question préoccupe Rawls :  quelle sorte d’égalité faut-il mettre en œuvre en vue d’une société juste ? Il trouve qu’il est plus convenable de parler d’équité comme  la manière idéale d’être juste. En matière de distribution, ce n’est pas l’égalité arithmétique qui permet de satisfaire tout le monde, d’autant plus qu’une société est composée des personnes riches et des personnes moins nanties. C’est un ensemble homogène qui compose le système de coopération.

L’on peut entendre par « système de coopération » la société politique ou les structures de base d’une société démocratique. C’est afin de réduire les grandes inégalités socio-économiques qui caractérisent nos institutions que John Rawls entreprend de fonder les principes premiers de justice qui s’appliqueraient dans nos systèmes de coopération démocratique.  Rawls imagine une situation originelle hypothétique où les contractants sont couverts d’un voile d’ignorance. C’est-à-dire que dans ce modèle de construction des principes de la justice, les membres ignorent leurs positions sociales, leurs dispositions naturelles, leurs conceptions du bien, leurs intérêts et leur psychologie. Dans ces conditions, ils feront des choix équitables, à l’avantage de tous. Mais en misant sur l’équité des chances dans la position originelle, la justice fait le pari d’être purement procédural.Certes, l’on remarque que ce qui intéresse Rawls, c’est la procédure d’élaboration des principes de Justice.

La justice procédurale pure est celle où aucun critère indépendant (extérieur) n’interviendrait pour déterminer le résultat correct (juste). Le choix des principes devant conduire à la justice étant fait de manière équitable, les règles sociales et la vie économique ont des chances d’être équitables. Si la procédure de construction des principes et de leur mise en œuvre dans le système de coopération est bien appliquée, cela conduirait à une justice équitable reposant sur l’égalité des chances. Cette équité des chances, l’un des principes choisis sous le voile de neutralité, préside à toute la démarche déontologiste de Rawls. Dans la justice comme équité, c’est la procédure sans faute qui détermine des résultats justes. Les bons moyens sont la garantie d’une bonne fin, indubitablement. Si les procédures de construction des règles de justice sont acceptées de tous, si l’application des règles est juste, il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas moins d’injustice. En mettant en oeuvre la justice du côté des moyens plutôt que sur le plan de la finalité, on est dans un procéduralisme pur.

Emmanuel AVONYO, op

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Pensée du 25 novembre 09

« Le rôle du principe d’équité des chances est de garantir que le système de coopération est un système basé sur une justice procédurale pure. »

John Rawls, Théorie de la justice

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Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 24 novembre

L’academos

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