Pensée du 31 octobre

« Le visage, dans sa nudité, exprime la faiblesse d’un être unique exposé à la mort, mais en même temps l’énoncé d’un impératif qui m’oblige à ne pas le laisser seul ».

Emmanuel LEVINAS, Les imprévus de l’histoire

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GRILLE DE LECTURE

S’il y a une partie du corps qui dit proprement l’homme dans tout ce qu’il est, c’est sans conteste son visage. Le visage est le témoin expressif de ce que nous ressentons, de ce que nous sommes parce qu’il n’est jamais matière simplement ou extériorité pure, parce qu’il est toujours chair et esprit. Nous pouvons alors considérer le visage comme une totalité expressive qui signifie une personne. Tout un chacun sait, parce qu’il vit au quotidien, que notre visage exprime et signifie nos états affectifs et intérieurs et ce par le regard en particulier qui varie en intensité, qui s’illumine ou s’assombrit. Les poètes sont même allés jusqu’à dire que le visage est l’expression de l’intériorité intime puisqu’ils en ont fait les « balcons de l’âme ».

La nudité du visage qui exprime la faiblesse d’un être unique exposé à la mort révèle une idée : celle de l’identité. Ici l’identité dit ce qui porte en soi l’esprit. L’identité de l’homme est différente de celle d’une chose close et fermée sur soi. L’identité de l‘homme renvoie sans doute à l’intime, au secret. Ici le secret n’est pas fermeture, mais il confesse le sacré, qu’on  ne doit pas violer et violenter, il inspire respect. Il est donc la profondeur comme ce qui rend possible l’ouverture. La nudité du visage de l’autre en quoi réside la profondeur de son être unique, en faisant signe vers le secret de l’autre, dé-signe ma vocation comme vocation éthique selon Levinas. C’est pourquoi le visage de l’autre me convoque, m’oblige, me rappelle la responsabilité éthique. L’autre vient à moi comme un opprimé, un serviteur souffrant qui supplie mon aide.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 30 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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3 responses to this post.

  1. Posted by Nitjus on octobre 31, 2009 at 12:17 am

    Bon commentaire.

    Effectivement, « le visage, dans sa nudité, exprime un être exposé à la mort », d’où le fardeau de la responsabilité contenu dans l’injection de l’autre au moi. Le moi est convoqué avant toute initiative personnelle de sa part. Levinas peut alors dire que le moi est otage d’autrui sans le vouloir. La responsabilité du visage précède la quiddité ontologique et eidétique du moi. Nous pouvons pousser plus en avant pour dire que le moi est responsable de l’autre avant même sa propre naissance.

    Amitié philosophique !

  2. Nous avons relu plusieurs fois votre point de vue et nous demandons s’il ne s’agit pas d’ INJONCTION à la place d’injection. L’on peut affirmer sans risque de se tromper que l’injonction éthique fait référence à l’être-enjoint en tant que structure de l’ipséité. Il y a bien de quoi parler ici d’ontologie. Mais la quiddité est assez aristotélicienne. Merci pour le partage.

  3. Posted by Nitjus on novembre 1, 2009 at 8:28 am

    Bien sûr ,c’est une erreur de frappe; je parlais d’injonction. Mais quant à la quiddité, je pense qu’elle n’est pas que aristotélicienne. Par quiddité j’entends la structure fondamentale et originelle de l’être. La quiddité dans le sens employé par P. Aubenque: « l’être même ».

    Amitié philosophique.

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