Pensée du 26 septembre 18

« Le pouvoir de la nature ainsi comprise se traduit par l’artificialisation indéfinie du monde humain. Il n’y a de naturel que ce grain de vie qu’est l’individu-vivant séparé, ce postulat se traduit par la dénaturalisation de tous les caractères distinctifs de l’être humain, qu’il s’agisse du sexe, de l’âge, des capacités ou des formes de vie. Les règles publiques comme les conduites privées sont tenues de reconnaître et de faire apparaître qu’aucun de ces caractères ne résulte d’une détermination naturelle ni ne peut se prévaloir de l’autorité   de la nature. Cette recomposition du monde humain est présentée comme la concrétisation des droits humains compris dans leurs dernières conséquences, et bien sûr comme l’accomplissement ultime de la liberté puisque chacun est désormais autorisé et encouragé à composer librement le bouquet de caractères constituant l’humanité qu’il s’est choisie. »

Pierre Manent, La loi naturelle et les droits de l’homme, Paris, Presses Universitaires de France, 2018.

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