Pensée du 10 février 20

« Hegel s’est bien gardé d’ajouter : tels ils seront toujours, même si cela est perceptible dans l’idée d’aucune évolution possible. Pourquoi ne l’a dit-il pas expressément affirmer ? C’est ce silence qu’il faut questionner. Tenter d’angéliser Hegel apparaît comme une partie perdue d’avance ; et le risque du ridicule est évident. Autant il n’y a rien qui rappelle l’homme dans le caractère du nègre, autant rien d’essentiel ne peut être dégagé dans la pensée de Hegel pour nous penser et penser notre rapport aux choses, tel pourrait être le mépris à l’égard de Hegel que l’on pourrait adopter. Si nous opposons le mépris à ce qu’on pourrait appeler le mépris humiliant de Hegel, nous courons le risque de lui donner toujours raison, si tant est que l’impétuosité de notre mépris n’en constitue pas une preuve nécessaire et suffisante pour démontrer le contraire de ce que ses thèses disent de l’Afrique. Il pourrait toujours avoir raison, en raison d’une chose non moins fondamentale, et dont nous n’avons pas souvent une claire représentation : LE PRESENT DE L’AFRIQUE, et qui peut donner tout un contenu au silence souligné. »

Jean Gobert Tanoh, Hegel le pur penseur de l’Afrique. Essai sur le devenir de l’être africain, Paris, Edilivre, 2014.


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