Archive for the ‘CULTURE’ Category

Pensée du 31 octobre 10

« De toutes parts, nous sommes appelés à travailler sans repos afin d’exceller dans notre carrière. Tout le monde n’est pas fait pour un travail spécialisé ; moins encore parviennent aux hauteurs du génie dans les arts et les sciences ; beaucoup sont appelés à être travailleurs dans les usines, les champs et les rues.

Mais il n’y a pas de travail insignifiant. Tout travail qui aide l’humanité a de la dignité et de l’importance. Il doit donc être entrepris avec une perfection qui ne recule pas devant la peine. Celui qui est appelé à être balayeur de rues doit balayer comme Michel-Ange peignait ou comme Beethoven composait, ou comme Shakespeare écrivait. Il doit balayer les rues si parfaitement que les hôtes des cieux et de la terre s’arrêteront pour dire : « Ici vécut un grand balayeur de rues qui fit bien son travail. »

C’est ce que voulait dire Douglas Mallock quand il écrivait :

« Si tu ne peux être pin au sommet du coteau,
Sois broussaille dans la vallée.
Mais sois la meilleure petite broussaille
Au bord du ruisseau.
Sois buisson, si tu ne peux être arbre.
Si tu ne peux être route, sois sentier ;
Si tu ne peux être soleil, sois étoile ;
Ce n’est point par la taille que tu vaincras ;
Sois le meilleur, quoi que tu sois. »

Examinez-vous sérieusement afin de découvrir ce pour quoi vous êtes faits, et alors donnez-vous avec passion à son exécution. Ce programme clair conduit à la réalisation de soi dans la longueur d’une vie d’homme. »

MARTIN LUTHER KING

Pensée du 30 octobre 10

« A supposer que la vérité soit une femme, n’aurait-on pas lieu de soupçonner que tous les philosophes, dans la mesure où ils furent des dogmatiques, comprenaient mal les femmes ? »

Friedrich NIETZSCHE, Par-delà le bien et le mal, in Christophe BARONI, Ce que Nietzsche a vraiment dit, Verviers, 1975.

Pensée du 29 octobre 10

« Philosophiquement je suis athée, personnellement je suis croyant »

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GRILLE DE LECTURE

Peut-être est-ce la distinction entre le cœur et la raison ? Pourquoi les distinguer d’ailleurs ? Ma raison aime Jésus et Bouddha autant que mon cœur est convaincu qu’il est raisonnable d’y croire. Je parlerai d’intersections multiples qui consolident mes quêtes intérieures même si ma foi vient de ma vie d’enfance et ma raison est une construction d’adulte. Cet enfant est toujours en vie en moi et il sera toujours. Aucun des deux n’a tort ou est plus dans la vérité que l’autre pour moi, car je suis ces deux êtres, ni la somme, ni la multiplication, seulement, indissociablement l’un et l’autre.

Dans “Socrate Jésus Bouddha”, Frédéric Lenoir écrit : “La résurrection est au cœur de la foi chrétienne… L’historien ne peut guère se prononcer sur une telle énigme… tous les textes chrétiens anciens en parlent, et cette question ne fait absolument pas débat pour les premiers chrétiens… Trois hypothèses pour l’historien : soit les disciples de Jésus ont menti ; soit ils ont été victimes d’un leurre ou d’une hallucination collective ; soit, enfin, ils disent vrai et ont vraiment vu Jésus ressuscité d’entre les morts, ce qui reste une totale énigme pour la raison humaine” mais un bienfait inégalable pour le cœur.

Luc Ferry dans “Apprendre à vivre” nous explique la ‘stratégie’ employée envers le cosmos des penseurs grecs. La résurrection est plus qu’un miracle, c’est l’ouverture des portes du ciel, du Paradis, la vie éternelle avec les siens que l’on retrouve. Je ne suis pas trop d’accord que  Jésus nous promettait nécessairement une résurrection des corps, une possession que l’on pourrait garder là haut. Ses apparitions en chair et en os étaient un moyen de donner des preuves de cette transformation. Quoi qu’il en soit, je suis heureux que cela reste un mystère, car ma foi en dépend fortement. Cela me permet de ne pas regretter le passé heureux et de ne pas craindre des futurs plus sombres. Cela rend solide ma sagesse philosophique. En étant provocateur, ma pensée philosophique sans Dieu n’est possible qu’avec Dieu. Et, Jésus comme Bouddha ont su nous donner beaucoup de liberté qui est le fondement de notre recherche de vérité.

Publié le octobre 28, 2010 par bgn9000

(http://memoirevampire.wordpress.com)

Pensée du 28 octobre 10

« Notre fin de millénaire, qui voit renaître le tribalisme et le nationalisme, connaît aussi une aspiration profonde à l’égalité et à la fraternité. Deux cents ans après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’humanité entière est en branle : c’est le pèlerinage de l’élémentaire humain, la conquête de la confiance en l’homme, la vénération de l’être humain dans son aspiration à être davantage lui-même. »

BRUNO CHENU, La brûlure d’une absence, Editions du Centurion, Paris, 1994, p. 153.

Pensée du 27 octobre 10

«Toute philosophie est d’une certaine façon, la fin de l’histoire.»

PAUL RICOEUR, Histoire et vérité

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GRILLE DE LECTURE

La philosophie est cette activité millénaire de recherche de la vérité, réservée à ceux qui affectionnent la vie et la liberté de l’esprit. C’est une réflexion visant une interprétation globale du monde et de la condition humaine. Son questionnement porte aussi bien sur la vérité, le bien, le beau, le bonheur que sur le sens de la vie. Ses créations ne sont pas en principe des vérités atemporelles, car aucun philosophe n’a le monopole de la vérité sur les choses. Toute affirmation est susceptible de dépassement et de totale remise en question. Ainsi, pour être un savoir totalisant sur l’ensemble du pouvoir être humain, la philosophie ne peut pas clôturer le vrai ; aucune pensée ne peut être admise éternellement pour ce qu’elle est, elle ne peut pas mettre un terme à l’histoire en dépit de sa prétention à la totalité et à l’universalité. Aucune interprétation globale du monde n’est définitivement irréfutable parce qu’à chaque époque son intuition métaphysique et ses clés de lecture du monde.

Or, constate Paul Ricœur, toutes les philosophies, ou presque, commettent cette faute antiphilosophique : elles prétendent tout le contraire de ce qui est leur cahier de charge commun. Parfois, ce n’est pas qu’une prétention. La puissance persuasive et démonstrative que mobilise chaque philosophe passe pour un indice du désir d’absoluité et d’éternité qui habite toute philosophie. N’est-ce pas ce qui fait dire à Ricœur que «Toute philosophie est d’une certaine façon, la fin de l’histoire » ? Descartes tenta de nettoyer son esprit de toutes les opinions étrangères, de répudier le passé philosophique qui l’a formé et de juger seul. Avec lui, on pouvait s’attendre à une philosophie pour le moins originale, qui non seulement ne doive rien à l’histoire de la philosophie, mais surtout apparaisse comme l’interprétation la plus fiable de l’être. Mais rien n’y fit. Hegel a aussi tenté de bâtir une tour imprenable reposant sur une structure logique impressionnante chapeautée par la philosophie de l’esprit. A son époque, il semblait mettre fin au règne de Kant et annoncer une autre histoire qui ne serait guère que la sienne.

Mais en fait, aucune philosophie ne peut clore l’histoire. Toute philosophie est une reconstruction herméneutique dont la pertinence ne peut être éternelle. La philosophie intègre les acquis de l’histoire de la pensée pour projeter une nouvelle vision des choses. On se rappelle les courants philosophiques de la déconstruction représentés par Heidegger, Derrida. L’essentiel de ce qui a été fait avant eux a été remis en cause. La définition de la philosophie elle-même n’a pas fini de diviser les esprits compétents. Cette forme de réflexion éprise de liberté et d’inventivité ne peut pas en principe admettre de vérité définitive tant que l’homme, le sujet de la philosophie, ressemble à « une ombre qui passe » et que le regard humain sur l’existence est fonction du temps et de l’espace.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 26 octobre 10

« Un paradoxe ne cesse de me surprendre. L’homme devrait attendre de sa propre industrie, de son propre effort, tout ce qui concerne l’art de survivre, l’art d’affronter les obstacles de toutes sortes et de les vaincre. Or, sur ce chantier, il garde parfois une conscience magique d’homme primitif attendant un secours divin. Il espère de ses dieux la pluie au lieu d’accomplir des travaux d’irrigation. Il attend que la nourriture lui tombe du ciel au lieu de l’extraire laborieusement du sol. Il est tellement certain que les dieux devraient prendre les choses en mains qu’il les accuse lorsque cela tourne mal. »

STAN ROUGIER, Aime et tu vivras, Editions du Cana, 1990, p. 98.

Pensée du 25 octobre 10

« S’il est vrai que notre premier devoir, selon le mot profond qui n’est pas de Nietzsche mais de Pindare, est de devenir ce que nous sommes, rien n’est plus important pour chacun de nous, et rien n’est plus difficile, que de devenir un homme. »

Jacques Maritain, Pour une philosophie de l’éducation

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GRILLE DE LECTURE

Il y a un paradoxe à s’entendre dire que pour devenir ce que l’homme est, il est nécessaire qu’il passe par les canaux de l’éducation. Et pourtant, nous aider à devenir ce que nous sommes, c’est la première tâche dévolue à l’éducation. L’homme est naturellement un être social et sociable, mais c’est à l’éducation de l’introduire dans ce réseau de relations toujours apprises et toujours perfectibles. Eduquer, c’est instruire, c’est initier à la co-nnaissance (à une nouvelle naissance) des bons usages d’une société, c’est développer chez un individu les facultés nécessaires à la mise en œuvre de ce projet d’être social. Les deux expressions « développement » et « co-nnaissance » font bien ressortir le fait que l’éducation n’est pas un exercice de dressage animal, mais l’actualisation des ressources d’être virtuelles qui « sommeillent en l’homme ». Toute la mission de l’éducation consiste à faire advenir à l’être ce qui dès toujours est destiné à être. C’est justement ce qui est difficile. Comme Novalis, pour qui devenir un homme est un art, Maritain affirme que l’éducation est un art difficile qui appartient par nature au domaine de la sagesse pratique. Ainsi, l’éducation elle-même est une sagesse pratique en laquelle un art déterminé est incorporé. Or, il n’y a pas d’art sans finalité, ainsi l’art d’éduquer ou de faire advenir un homme est une poussée dynamique vers un objet qualitatif à réaliser.

Si la vitalité de l’art est l’énergie avec laquelle il tend vers sa fin, l’éducation doit se garder de deux types d’erreurs, selon Maritain : la première est l’oubli ou la méconnaissance des fins. La seconde consiste en des idées fausses ou incomplètes concernant la nature même de cette fin. La fin visée est le « devenir un homme », et sa nature, l’accomplissement de notre humanitude. Ce qui réintroduit ici la question multiséculaire : qu’est-ce que l’homme ? L’homme n’est pas une abstraction platonicienne à contempler. L’homme est un être concret incarné dans un milieu social donné, dans une nation. L’homme est un animal de culture, un animal historique, dont l’espèce ne peut subsister qu’avec la civilisation. La nature de l’homme précisée, la fin de l’éducation serait de guider le développement dynamique par lequel l’homme se forme lui-même à être homme parmi les hommes. C’est aussi cela, « faire bien l’homme » selon le mot de Montaigne. On comprend que l’éducation ne puisse pas se passer d’une philosophie de l’éducation. Toute éducation, qu’elle soit l’affaire des familles, des écoles, des universités ou des milieux confessionnels, suppose dès l’abord une philosophie de l’homme pour ne pas naviguer comme un bateau sans gouvernail. 

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 23 octobre 10

« Serait-ce presque un outrage ou une contradiction dans les termes que de parler de “richesse des pauvres”. Un pauvre par définition n’est pas riche, et donc dénué de potentiel évolutif… Le pauvre n’est pas pauvre mais en voie d’appauvrissement continu, pauvre d’espoir, pauvre de réflexions, pauvre de rêves et d’ambition et c’est bien pire. »

YANOLA, « Lire, parler, écrire : Richesse du pauvre ou Arme des faibles ? »


Pensée du 22 octobre 10

« Personne n’aime ce qu’il supporte, bien qu’il aime à supporter. On a beau se réjouir de supporter, on préfèrerait ne rien avoir à supporter. »

SAINT AUGUSTIN, Les Confessions.

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GRILLE DE LECTURE

La souffrance est une constante interrogation pour l’homme qui vit tranquille au milieu des siens. Il arrive des jours où tout semble s’écrouler autour de lui. Comme l’étranger camusien, l’homme ressent les limites de sa propre durée, rien ne semble justifier sa présence terrestre. « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis… » (Baudelaire), l’homme se demande si la vie vaut la peine d’être vécue, tant elle ressemble à une corvée interminable. Personne n’aime souffrir. Personne ne désire les peines et les tracas auxquels il est confronté. Rester homme, supporter patiemment l’adversité, faire contre mauvaise fortune bon cœur, ce n’est guère aimer la souffrance. Il n’est pas question d’aimer la souffrance, mais de la supporter en attendant des lendemains qui chantent. Dans les grandes épreuves, certains peuvent choisir d’arborer une mine agréable ou de les vivre joyeusement comme un signe de la providence. C’est peut-être ce qui fait dire à saint Augustin que personne n’aime ce qu’il supporte (puisqu’il la sup-porte), bien qu’il aime à supporter. On a beau se réjouir de supporter, on préfèrerait ne rien avoir à supporter. Les exemples ne manquent pas dans la vie ordinaire.

Voici un exemple tragique : le parent qui a donné tout ce qu’il a pour financer les études de son fils qu’on lui ramène mort par noyade à la piscine, fera le deuil de la perte de son fils, sans pour autant cesser de vivre. S’il choisit de rester au-dessus de la mêlée et de continuer à créer les conditions de son bonheur, cela ne suffit pas pour affirmer qu’il aime le malheur. Il n’est pas résigné certes, mais il supporte l’infortune à défaut d’y pouvoir quelque chose. Saint Augustin montre que dans l’effort qu’il fait de tout prendre avec égalité d’âme, il y a l’amour de l’attente patiente. Le parent éploré peut tout au plus aimer vivre dans une nouvelle expectative. Jamais, cette acceptation stoïque des événements ne doit apparaître comme l’amour des souffrances de la vie. Car selon notre auteur, personne n’aime supporter le mal. On peut seulement se réjouir de supporter. Même dans l’adversité, l’homme aspire toujours au bonheur comme il redoute l’adversité dans le bonheur. La vie est un théâtre fait de joies et de malheurs ; elle est remplie d’alternatives de grandes fortunes et de profonds désarrois. Entre adversité et bonheur, la vie ressemble à une corvée. Dans cet entre-deux, la souffrance vient comme pour dire à l’homme que les joies des prospérités du monde se corrompent.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 21 octobre 10

« Un philosophe est un produit de son temps »

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GRILLE DE LECTURE

N’allez pas croire que ce n’est que le philosophe qui apporte les idées qui sont reprises ensuite par le peuple. Si ce postulat semble vrai dans une certaine mesure, il ne l’est pas dans l’absolu. Pourquoi ? Un philosophe est avant tout un homme issu d’un peuple. Il a été éduqué et il a grandi au sein de ce peuple qui a exprimé des préoccupations, des constats et des tendances différents. Il a été enfant, un esprit neuf en devenir mais aussi un esprit vierge. Dans sa prime jeunesse, il a reçu une éducation essentielle pour sa vie, voire sa survie, qui est le produit des réflexions et attentes de ceux qui gouvernent et de ses parents.

Si l’homme est dénaturé par essence d’après Rousseau, je crois surtout que l’homme recherche la séparation avec ses parents pour pouvoir grandir. Cette séparation est elle-même le résultat d’un esprit attiré par la nouveauté, préférant ce qui vient de lui ; il est fondamentalement attaché à s’autodéterminer. Il n’en reste pas moins lié par son éducation. Et ses vues ou ses penchants seront en partie portés par un souci de résoudre les questionnements de son enfance. Entre émancipation et besoin de se comprendre, cette dualité de pensée confrontée aux grandes questions de son temps constituera principalement son ontologie et les avancées de son époque lui permettront d’élaborer sa théorie de la connaissance. On constate déjà qu’un premier tiers important de la définition du philosophe de Luc Ferry est déjà issu de ces conditions initiales.

Je pense sincèrement qu’un philosophe devrait avoir une formation à la pleine conscience, de ce qui fait que ce qu’il pense est ainsi et pas autrement. À l’instar de la psychanalyse, « connais-toi toi-même » ne serait plus un défi mais un parcours qui mènerait à la maîtrise de cet art de pensée qu’est la philosophie. Contrairement à ce que je pensais, ce que l’on m’avait inculqué en fait, la philosophie n’est pas la science des sciences mais un art intellectuel mêlant sensibilité et raison, peut-être une définition de la sagesse. Nietzsche définissait ainsi sa quête de la sagesse mêlant forces réactives et actives, le « grand style » menant à la volonté de puissance, une volonté de volonté et non de pouvoir, une vie intense libre de toute culpabilité et de conflits internes mal résolus.

Hélas, si Nietzsche avait réalisé ce travail de pleine conscience, en réalisant les effets de l’interaction des êtres, cette troisième force – comme quoi le bien et le mal est une vision trop étroitement binaire, comme quoi une posture de déconstruction est aussi une posture binaire, la thèse que l’on défend contre l’antithèse que l’on attaque – il aurait décelé dans la véhémence de ses propos l’orage qui allait éclater sur le monde.

Pour conclure, un philosophe  n’est ni en avance ni en retard ni même de son temps, il interagit avec les forces combinées de ses ancêtres, de ses pairs et de ses enfants. Ces forces demeurent des forces tant qu’il les laisse librement passer à travers lui, qu’il ne s’en défend pas, qu’il ne s’épuise pas dans un combat interne inutile et inefficace. Les forces viennent d’ailleurs, les faiblesses viennent de nous.

Publié le octobre 4, 2010 par bgn9000

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