Archive for the ‘CULTURE’ Category

Pensée du 18 septembre 17

« Le développement du point de vue anthropologique, et non idéologique, n’est pas universel ; il est culturellement construit et s’actualise au milieu de multiples actions et interactions sociales. Le développement de l’Afrique ne saurait être l’exécution d’un plan exogène. L’Afrique résiste et continuera à résister aux multiples thérapies concoctées pour sa sortie du sous-développement. Tant qu’elle ne sera pas consultée sur son rêve intime, elle ne cèdera pas. Il nous revient, fils de ce continent, de sortir des chemins battus et de prendre au sérieux nos traditions culturelles, au lieu de continuer à les regarder dédaigneusement avec les yeux de soi-disant civilisés qui nous ont été prêtés et que nous assumons si bien. Nous avons déjà assez bafoué notre patrimoine, ressaisissons-nous, recueillons le noyau qui résiste pour apporter notre contribution à la construction du monde. Au lieu de continuer à croire que nous n’avons rien à apporter, piétinant nos trésors et admirant ceux des autres, écoutons l’Afrique qui nous appelle à la dignité et à la fierté »

Benjamin AKOTIA, « Pourquoi sommes-nous à développer ? »

_____________________________________________________________________

Pensée du 17 septembre 17

« Bien des gens sont déjà conscients du fait qu’il existe une différence entre spiritualité et religion. Ils réalisent que le fait de disposer d’un système de croyances – un ensemble de pensées que vous considérez comme vérité absolue – ne fait pas de vous une personne spirituelle, quelque soit la nature de ces croyances. En fait, plus vous assimilez vos pensées (croyances) à votre identité, plus vous vous coupez de votre dimension spirituelle intérieure. Bien des gens ‘religieux’ restent bloqués à ce niveau. Comme ils assimilent la vérité à la pensée, une fois qu’ils sont complètement identifiés à leur pensée (leur mental), il prétendent être les seuls possesseurs de la vérité. Inconsciemment, il ne font que protéger leur identité et ne réalisent toujours pas les limites de la pensée. A moins de croire (de penser) comme eux, vous êtes selon eux dans l’erreur. Il n’y a pas si longtemps, ils vous auraient tué pour cela tout en se sentant tout à fait justifiés de le faire. C’est d’ailleurs ce que certains font encore de nos jours. »

Eckhart Tolle, Nouvelle Terre, Ariane, Outremont, 2005, p. 15.

___________________________________________________________________________

Pensée du 16 septembre 17

« La liberté du peuple n’est pas Ma liberté! (—) Un peuple ne peut être libre autrement qu’aux dépens de l’individu, car, dans cette liberté, ce n’est pas ce dernier, mais le peuple qui est l’essentiel. Plus libre est le peuple, et plus lié l’individu(—). Un peuple opprime ceux qui s’élèvent au-dessus de sa majesté, il emploie l’ostracisme contre les citoyens trop puissants, l’inquisition contre les hérétiques dans l’Eglise et…à nouveau l’inquisition contre ceux qui sont coupables de haute trahison dans l’Etat, etc…  Car ce qui importe au peuple, c’est de s’affirmer : il exige de chacun le »sacrifice patriotique ». Par suite, chacun lui est indifférent pour soi , un néant(—). Tout peuple, tout Etat est injuste envers l’égoïste. Aussi longtemps qu’une seule institution subsistera qu’il ne sera pas permis à l’individu de dissoudre, il sera encore loin de jouir de sa particularité et de s’appartenir lui-même. Comment puis-je, par exemple, être libre, si je dois me lier par serment à une constitution, une charte, une loi, »jurer allégeance de corps et d’âme » à mon peuple? Comment puis-je être mon Moi propre, quand mes facultés ne doivent se développer qu’autant qu’elles ne troublent pas l’harmonie de la société? Le crépuscule des peuples et de l’humanité sera l’annonce de Mon aurore. »

Stirner

____________________________________________________________________

Pensée du 15 septembre 17

« La technique n’est pas ce qui est dangereux. Il n’y a rien de démoniaque dans la technique, mais il y a le mystère de son essence. La menace qui pèse sur l’homme ne provient pas en premier lieu des machines et appareils de la technique, dont l’action peut éventuellement être mortelle. La menace véritable a déjà atteint l’homme dans son être. Le règne de l’Arraisonnement nous menace de l’éventualité qu’à l’homme puisse être refusé de revenir à un dévoilement plus originel et d’entendre ainsi l’appel d’une vérité plus initiale. »

Heidegger, Question sur la technique

_____________________________________________________________________

Pensée du 14 septembre 17

« Cette phrase :  » la science ne pense pas « , qui a fait tant de bruit lorsque je l’ai prononcée signifie : la science ne se meut pas dans la dimension de la philosophie. Mais, sans le savoir elle se rattache à cette dimension. Par exemple : la physique se meut dans l’espace et le temps et le mouvement. La science en tant que science ne peut pas décider de ce qu’est le mouvement, l’espace, le temps. La science ne pense donc pas, elle ne peut même pas penser dans ce sens avec ses méthodes. Je ne peux pas dire par exemple avec les méthodes de la physique, ce qu’est la physique. Ce qu’est la physique, je ne peux que le penser à la manière d’une interrogation philosophique. La phrase: « la science ne pense pas» n’est pas un reproche, mais c’est une simple constatation de la structure interne de la science : c’est le propre de son essence que, d’une part, elle dépend de ce que la philosophie pense, mais que d’autre part, elle oublie elle-même et néglige ce qui exige là d’être pensé ».

Heidegger

____________________________________________________________________

Pensée du 13 septembre 17

« L’analyse sociologique se heurte souvent à un malentendu : ceux qui sont inscrits dans l’objet de l’analyse, dans le cas particulier les journalistes, ont tendance à penser que le travail d’énonciation, de dévoilement des mécanismes, est un travail de dénonciation, dirigé contre des personnes ou, comme on dit, des « attaques H, des attaques personnelles, ad hominem (cela dit, si le sociologue disait ou écrivait le dixième de ce qu’il entend lorsqu’il parle avec des journalistes, sur les « ménages » par exemple, ou sur la fabrication – c’est bien le mot – des émissions, il serait dénoncé par les mêmes journalistes pour son parti-pris et son manque d’objectivité). Les gens, de façon générale, n’aiment guère être pris pour objets, objectivés, et les journalistes moins que tous les autres. Ils se sentent visés, épinglés, alors que, plus on avance dans l’analyse d’un milieu, plus on est amené à dédouaner les individus de leur responsabilité, – ce qui ne veut pas dire qu’on justifie tout ce qui s’y passe -, et mieux on comprend comment il fonctionne, plus on comprend aussi que les gens qui en participent sont manipulés autant que manipulateurs. »

Pierre Bourdieu, Sur la télévision

____________________________________________________________________

Pensée du 12 septembre 17

« Si la philosophie est une activité réflexive inhérente à la nature humaine, elle garde encore un grand intérêt pour un continent africain  en pleine recherche de la croissance économique pour son développement et surtout pour le développement des hommes et des femmes qui y vivent. »

Tossou Raphaël, Communiquer la vie. Abidjan, Editions UCAO, 2013.

____________________________________________________________________

Pensée du 11 septembre 17

« En science, les propositions doivent valoir objectivement, et leur logique doit suffire pour enrichir le savoir de celui qui n’a pas fait la découverte du résultat. Seul celui-ci compte, et ce n’est pas là du pragmatisme mal placé : il en va de l’objectivité scientifique. Ce dont les résultats peuvent résulter, et comment on les a obtenus, sont inessentiels par rapport à l’essentiel qui est l’objectivité ; que certains savants s’intéressent, d’autre part, au processus de recherche n’y change rien et dépend d’ailleurs en grande partie de l’importance des résultats obtenus en tant que résultats. »

Michel MEYER, Découverte et justification en science

______________________________________________________________________

Pensée du 10 septembre 17

« L’humanité s’use dans une multitude de petits combats ridicules, alors qu’il y a un grand combat que l’humanité ne peut gagner qu’en étant unie. C’est pour cela que je dis que le problème, ce n’est pas un problème de théorie économique… Le problème n’est même pas une théorie de la politique, encore que cette théorie de la politique serait bien nécessaire parce que nos vieilles théories de la politique ne cadrent plus dans cette mutation du monde. Elles sont périmées, elles sont trop courtes.»

Pierre-Paul Misséhoungbé (dir.), Le père Lebret, un dominicain économiste au Sénégal (1957-1963), Fraternité Saint Dominique, Dakar, 2007.

____________________________________________________________________

Pensée du 09 septembre 17

« Le travail du savant consiste à avancer des théories et à les soumettre à des tests. Le stade initial, cet acte de concevoir ou d’inventer une théorie, ne me semble pas requérir une analyse logique ni même être susceptible d’en être l’objet. La question de savoir comment une idée nouvelle peut naître dans l’esprit d’un homme – qu’il s’agisse d’un thème musical, d’un conflit dramatique ou d’une théorie scientifique – peut être d’un grand intérêt pour la psychologie empirique mais elle ne relève pas d’analyse logique de la connaissance scientifique. »

Karl Raimund POPPER, La logique de la découverte scientifique

_____________________________________________________________________