Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

Pensée du 14 août 11

« Si votre Dieu n’est pas libre, s’il est déterminé à agir en conséquence des lois qui le maîtrisent, alors c’est une force semblable au destin, à la fortune, que des vœux ne toucheront point, que des prières ne fléchiront point, que des offrandes n’apaiseront pas davantage, et qu’il vaut mieux mépriser éternellement qu’implorer avec aussi peu de succès. »

Marquis de Sade, Dieu, l’immortalité de l’âme et autres chimères.

_________________________________________________________________________

Pensée du 13 août 11

« La philosophie nous console du bonheur d’autrui, nous arme contre la pauvreté, la vieillesse, la maladie et la mort ; elle nous fait vivre sans femme ou fait supporter celle avec qui nous vivons. »

LA BRUYERE, Caractères

_________________________________________________________________________

Pensée du 12 août 11

« Nous disions : les humains préfèrent encore que le malheur soit la rétribution d’une faute ou d’une erreur, plutôt que d’accepter qu’il soit dénué de toute signification. C’est pourquoi, sous cette loi de la rétribution totale, l’échange a toujours la forme d’une surenchère : pour que l’échange remplisse sa fonction, il doit réintégrer cette marge, et donc augmenter. Appliquée au mimétisme de la violence, cette surenchère fait que lorsqu’on a commencé à faire du mal, on préfère se donner les raisons d’en faire plus encore, plutôt que d’arrêter. La Rochefoucauld écrit que l' »on déteste ceux à qui on a fait du mal ». Le sentiment n’est que l’énergie cinétique soulevée par l’acte. Pour le dire autrement : le mal fait toujours un peu plus de « bruit » encore que de mal, mais ce bruit même nous entraîne à faire du mal en plus. C’est ce qui fait l’irréversibilité de l’échange. Si le caractère proprement irrémédiable du malheur est qu’il nous place devant l’irréversible, tout se passe comme si, à partir du moment où l’on ne maîtrise plus l’irréversible, on était tenté d’en rajouter. »

Olivier Abel, Publié dans Alternatives non-violentes n°84 sept. 92.

__________________________________________________________________________________

Pensée du 11 août 11

« Les sciences nous enseignent que l’homme est apparu très tard sur la terre et avec lui la pensée. Pour affirmer que la pensée préexistait à la terre, à la matière, il faut donc affirmer que cette pensée n’était pas celle de l’homme. L’idéalisme, sous toutes ses formes, ne peut échapper à la théologie. »

Roger GARAUDY, La théorie matérialiste de la connaissance.

___________________________________________________________________________

Pensée du 10 août 11

« Devoir, mot sublime et grand, toi qui pose une loi qui d’elle-même trouve accès dans l’âme, où trouves-t-on la racine de ta noble tige dont dérive la seule valeur que les hommes peuvent se donner à eux-mêmes ? »

KANT, Critique de la raison pratique

_________________________________________________________________________

Pensée du 09 août 11

« Tu peux prêter l’oreille à la voix du devoir comme un brave soldat qui entend les ordres de son officier, ou bien comme une femme qui aime celui qui commande, ou bien comme un flatteur et un lâche qui a peur de son maître, ou bien comme un sot qui obéit parce qu’il n’a rien à répliquer. »

NIETZSCHE, Le Gai savoir

___________________________________________________________________________

Pensée du 08 août 11

« L’esclavage n’est pas né du racisme ; c’est plutôt le racisme qui est né de l’esclavage.»

Eric Williams cité par Nkrumah, L’Afrique doit s’unir, tr. fr. L. Jospin, Paris, Payot, 1964, p. 17.

______________________________________________________________________________

Pensée du 07 août 11

« Le bon et salutaire danger est le voisinage du poète qui chante. »

HEIDEGGER, L’Expérience de la pensée

________________________________________________________________

Pensée du 06 août 11

« Pour expliquer la façon dont s’est constituée chez Spinoza la notion de substance, il ne faut pas perdre de vue la relation d’identité qu’elle a eue de bonne heure et que même elle a conservée chez lui avec celle d’attribut. Il y a eu là sans doute une influence de Descartes. On sait que si Descartes paraît faire quelquefois de la substance une espèce de réalité indéterminée et indépendante de ses attributs, il l’identifie ailleurs catégoriquement avec son attribut principal[1] : la pensée peut être dite également attribut principal ou substance de l’âme, comme l’étendue peut être dite également attribut principal ou substance des corps ; une substance ou un attribut principal, c’est avant tout une essence, conçue, soit dans le sujet où elle est réalisée, soit dans la nature intelligible qui en fait l’objet d’une notion complète et distincte. »

Victor Delbos, « La notion de substance et la notion de Dieu dans la philosophie de Spinoza », Revue de métaphysique et de morale, 1908.


[1] Principia philosophiae, I, 53 ; I, 63.

Pensée du 05 août 11

« Si la découverte de l’erreur ne tarde pas à faire disparaître le réalisme naïf, qui est la première croyance de l’esprit humain et qui fait considérer ses idées comme absolument semblables aux choses, ont peut dire aussi qu’elle marque l’avènement de la critique. Elle prouve, en effet, que l’esprit humain ne connaît pas toujours les choses telles qu’elles sont ; il ajoute à ce qu’il reçoit ; souvent il le modifie ; la connaissance n’est pas indépendante du sujet qui connaît. On arrive ainsi à cette conception des choses à laquelle Kant a donné une forme définitive et qu’on appelle la philosophie critique. »

Victor Brochard, De l’erreur

__________________________________________________________________________