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Pouvoir d’Etat et société civile : quel développement humain et social ?

Par Pierre-Marie Niang, op

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Introduction

Les Temps Modernes ont vu surgir, du fait des profondes mutations qui l’accompagnent, de nouveaux paradigmes, expression d’une « weltanschauung »[1] renouvelée. Le concept de société civile est incontestablement une des idées phares de cette modernité[2], qui nous oblige à repenser, à repréciser des vérités érigées au rang de dogme en politique et en droit international. Parmi elles, il y a l’immutabilité et la souveraineté absolues du pouvoir d’Etat.

En Afrique où les problèmes de développement au plan social et humain restent entiers, comment devrait-on envisager la relation entre société civile et pouvoir d’Etat  à la lumière de la nouvelle géo-politique mondiale marquée par un processus de mondialisation et de globalisation accéléré ? Dans quelles conditions cette relation, pouvoir d’Etat et société civile serait elle possible voire souhaitable et souhaitée ? Comment cette articulation entre ces deux termes peut-elle être source de développement social et humain dans un continent où plus de la moitié de la population est durement frappée par la pauvreté et les fléaux de toutes sortes ?

Pour apporter des réponses à ces questions posées, nous procéderons en deux étapes. Premièrement nous définirons les concepts de « société civile » et de « pouvoir d’Etat ». Quels sens peuvent-ils revêtir ? Deuxièmement, nous dégagerons la nature et les principes à partir desquels la relation société civile et pouvoir d’Etat est possible. Nous le ferons dans le but de mieux énumérer de façon synthétisée la téléologie[3] fondamentale du développement social et humain qui en découle.

I         Approches conceptuelles

De l’avis de Maxime Haubert[4], le caractère polysémique du concept de société civile, rend la tâche de définition du mot particulièrement ardue Mais pour contourner cet écueil que pose le sociologue français, nous allons voir d’abord le contexte (historique) d’émergence de la notion Ensuite, nous essayerons de l’analyser brièvement du point de vue philosophique (avec des auteurs comme J.-J. ROUSSEAU, T. HOBBES, J. LOCKE, et G.-W.-F. HEGEL) et anthropologique.

Aussi, notre compréhension du pouvoir d’Etat s’encombrera –t-il de tout cet arsenal conceptuel déployé ci-haut. Il se voudra de ce fait très pointilleux parallèlement à l’effort lourd de signification que nous avons déployé dans la compréhension de la notion de société civile.

I.1.    Qu’est ce que la société civile ?

Le contexte historique qui a vu le surgissement de la notion de société civile peut se résumer à deux principaux événements Il s’agit d’une part, des deux grandes guerres, celles de 1914-1918[5] et 1939-1945[6], qui ont largement démontré les limites de la modernité[7]. Et d’autre part, l’attention portée aux pays du tiers monde et le contexte de décolonisation favorisent également l’émergence de la société civile. Une approche plus contemporaine fait correspondre la naissance de la société civile avec la chute du mur de Berlin en 1989[8].

Cependant, l’analyse philosophique du terme nous oblige à remonter encore plus loin dans le temps, au moins, au XVIIe siècle.

La thèse du « pacte social » ou contrat fondamental fonde la société civile. Il introduit un ordre social par opposition au désordre de l’Etat de nature, hypothèse anhistorique. Ce pacte social sera source du droit positif et l’Etat de nature, source du droit négatif. T. HOBBES (1588-1679) et J. LOCKE (1632-1704), sont les plus en vue dans cette définition de la société civile. A ce titre, ils sont bien les précurseurs de la notion.  Dans sa philosophie systématique, G.-W.-F. HEGEL (selon l’enseignement d’un de ces meilleurs spécialistes à savoir, M. Augustin Dibi KOUADIO), pose et repose la société civile comme l’aboutissement de la famille. Dans son développement, la société civile trouve sa vérité non plus dans un but fini, mais un but en soi et pour soi universel (l’Etat).

J.-J. ROUSSEAU a pour sa part un tout autre son de cloche sur la question. Pour lui, « l’homme né bon, mais c’est la société (civile) qui l’a corrompu »[9]. La société civile a fait de l’homme un loup pour l’homme[10]. Ici, nous sommes déjà dans la problématique réformiste de la religion et aussi de la pensée avec le fameux « aufklärung ». L’homme se libère des doctrines obscurantistes de la religion pour se réfugier dans la lumière de sa propre raison. Pour la première fois, il y a un positionnement du sujet comme centre du monde. Ce qui fait que dans ce monde laïcisé, on parlera de solidarité plutôt que de charité.

L’homme est un être de société. Et la famille à ce titre constitue une vraie base anthropologique[11]. Et à l’intérieur de celle-ci, on note une solidarité indéfectible entre les membres. Or, avec les pertes de repère, le déséquilibre social est tel qu’on assiste à une dislocation des liens familiaux. La nouvelle société civile naissante aura pour tâche principale, de recoller les morceaux en inaugurant une nouvelle forme de solidarité « trans-sanguine », trans-culturelle, donc  trans-politique. La praxis de la solidarité devient globale et n’est plus basée sur la religion[12].

Cette double analyse de la notion nous permet à présent de proposer deux définitions de ce qu’est la société civile.

Pour J.-L. QUERMONNE, la société civile est « l’ensemble des rapports interindividuels, des structures familiales, sociales, économiques, culturelles, religieuses, qui se déploient dans une société donnée en dehors du cadre et de l’intervention de l’Etat »[13]. C’est pourquoi elle constitue un partenaire privilégié pour des organismes tels que l’UNESCO, l’UE (Union Européenne) etc. La société civile « représente une sorte de conscience morale internationale incarnant des valeurs universelles relevant d’un ordre extérieur à toute influence institutionnelle ou même culturelle.»[14] Ainsi donc ces deux phrases résument bien les principales idées de notre analyse philosophique et sociologique de la société civile.

La société civile est composée d’ONG (Organisation Non Gouvernementales), d’organisations caritatives, de groupes communautaires, des Fondations, de certains media, les organisations confessionnelles, sans les syndicats[15]. Pour appartenir à la société civile, il faut donc être : primo, entièrement à part de la société politique ou étatique. Ceci dans le but de garantir sa liberté d’action et de pensée. Mais en retour, la société civile peut être un tremplin vers la politique[16]. Nous pouvons rappeler aussi la figure de Lech WALESA en Pologne. Secondo, il y a le rôle de formation et d’éducation à la vie citoyenne en vue de la participation responsable de tous à la vie publique[17]. Aussi, bénévolat, volontariat, la solidarité internationale, sont d’autres marques de la société civile.

I.2.    Qu’est ce que le pouvoir d’Etat ?

Le propre du droit et de la Loi en général, c’est qu’il est si bien énoncé qu’il n’est pas tant nécessaire de s’y étendre. Si bien que le législateur dira à cet effet, que nul n’est sensé ignorer la loi. Le pouvoir vient du latin populaire potere et du latin posse. Il est la capacité effective d’agir d’une certaine manière, selon une intention déterminée, dans la production d’effets recherchés[18]. Dans le cadre d’une République démocratique, ce pouvoir est dévolu à l’Etat[19]. Le pouvoir d’Etat de type démocratique (qui nous servira à fonder son rapport avec la société civile), sera donc l’autorité instituée dans une société, la puissance effective et légale propre à cette autorité de commander, d’administrer, et d’infliger des sanctions. C’est l’ensemble des hommes exerçant cette autorité[20].

Dans son applicabilité ce pouvoir (d’Etat) est exécutif, législatif et judiciaire. Et tous les trois (qui constituent ses missions régaliennes) sont sensés être indépendants l’un de l’autre, dans une démocratie. Cette forme de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »[21] est la norme dans plusieurs pays au moins dans la lettre. L’Historien burkinabé J. KI ZERBO dira que « la démocratie implique le fait d’offrir un choix au peuple »[22] .La grande portée du concept de « peuple » (du latin populus) obligera J.-J. ROUSSEAU à lui consacrer trois grands chapitres[23]dans l’unique but de renforcer sa légitimité. en lien avec « l’Etat qui cependant existe par lui-même »[24]. Le citoyen de Genève nous montre bien que le pouvoir d’Etat n’est pas là pour écraser le peuple qu’il représente Car en démocratie encore une fois, le pouvoir revient au peuple.

Au sein de ce pouvoir d’Etat, il doit être gardé sauves, les libertés individuelles et collectives. La notion de liberté étant un principe constitutif de la démocratie et de l’Etat de droit[25]. D’où sans liberté que fonde le droit justement, il n’y a pas de démocratie. Et sans démocratie, il n’y a pas de société civile (comme dans le pouvoir d’Etat de type totalitaire). Mais là n’est pas l’objet de notre propos.

Pour être plus précis, nous pouvons même parler d’une part de liberté-autonomie[26], synonyme d’absence de contrainte, d’indépendance. Et d’autre part, de liberté-participation[27] « Les droits sont des facultés inhérents à l’individu et dont il à lui seul d’exploiter les possibilités »[28]. Ces droits sont finalement perçus comme protecteurs des libertés. La formalisation des idéaux de liberté, de justice, de tolérance, de solidarité et d’égalité est le plus souvent incarnée par la Loi fondamentale ou Constitution de la plupart des Etats[29] et /ou dans leur devise.

Le principe constitutionnel de la laïcité[30] met en exergue le caractère républicain de l’Etat qui ne s’aligne sur aucune religion. Sous ce rapport, aucune minorité religieuse notamment ne peut faire l’objet d’une discrimination, de persécution, ou d’exclusion. C’est vraiment là la fin d’un certain augustinisme politique[31].Cette loi est tout aussi importante surtout devant le péril que constitue l’islamisme politique.

En principe, ce pouvoir d’Etat tel que nous venons de le voir ne peut conduire au totalitarisme, qui est justement une forme extrême de ce même pouvoir. Donc cette situation de régime totalitaire est exceptionnelle et n’arrive que lorsque les principes fondamentaux de la démocratie sont remis en cause et par voie de fait bafoués. Ce qui repose la problématique du meilleur pouvoir d’Etat ou plutôt de la meilleure forme de gouvernement. Très perspicace, ROUSSEAU répond en ces termes : « On a de tout temps beaucoup discuté sur la meilleure forme de Gouvernement, sans considérer que chacune d’elles est la meilleure en certains cas et le pire en d’autres »[32].

Ce pouvoir d’Etat est donc a priori voire même a posteriori juste et bon. Puisqu’il garanti l’unité nationale. Et c’est de lui que nous allons nous servir, pour penser sa relation avec la société civile Tel que nous venons de l’analyser (dans tous ces attributs démocratiques), il  va nous servir de file conducteur, pour nouer sans les confondre, sa relation avec la société civile. Ce sera l’objet de la deuxième partie de notre travail.

II     La relation société civile /pouvoir d’Etat : principes et téléologie fondamentale du développement social et humain.

Nous avons déjà posés brièvement la nature et les principes de la relation société civile/pouvoir d’Etat. De notre point de vue, force doit toujours rester à l’Etat, même si l’apparition et la multiplication des mouvements et associations se réclamant de la société civile traduisent une crise du politique. Car un pays quel qu’il soit, a toujours suffisamment de ressources internes[33] pour pouvoir faire face aux crises inévitables qu’il traverse à un moment donné de son histoire. De même qu’il est impensable qu’un pays occidental puisse être un jour gouverné par une ONG, de même nous pensons qu’il est totalement inacceptable de décrédibiliser un Etat, de l’affaiblir afin de le faire gouverner par la société civile. Internationale. Cela s’appelle le néo colonialisme. Or, il est révolu cette période.et a laissé la place au dialogue.

II-.1.    Principes de la relation, société civile et pouvoir d’Etat

Du fait de la primauté et de la souveraineté du pouvoir d’Etat, la société civile ne peut que venir en appoint à l’Etat. Celui-ci ne pouvant tout faire, peut être aidé dans certains domaines précis par les ONG, qui ont la qualification et l’expertise[34] souhaitées. Une complémentarité dans les domaines de spécialisations des ONG peut être profitable à l’Etat, qui améliore ainsi sa capacité d’action dans les milieux précaires. Ce rôle d’appui de la société civile peut aider aussi l’Etat à affiner ces mécanismes de prévention et de résolution des conflits. De ce partenariat Société civile et pouvoir d’Etat, peut naître une meilleure définition des priorités, une meilleure prise en charge des besoins des populations.

Les secteurs d’intervention de la société civile peuvent être d’excellents repères pour les gouvernements. Et grâce à la collaboration des ONG, ils pourront être identifiés voire résolus. Si l’humanitaire, la défense des droits de l’homme, les questions d’environnement et les actions pour le développement préoccupent tant les ONG, combien ne devrait il en être autant pour l’Etat à qui revient de prime à bord cette responsabilité. La présence des ONG à elle seule, en dit long sur la nécessité d’ajuster leur politique sociale.

Quelques soient l’utilité et le rôle central que joue la société civile internationale, il faut qu’elle reste dépendant du pouvoir d’Etat. Elle se doit d’observer dans certaines situations, un devoir de neutralité. Les exemples en Afrique sont légion où la toute puissance de certains « ONG multinationales » constitue un réel danger pour l’Etat[35] et les ONG locales. Ceci en raison des nombreuses interrogations que suscitent en nous leurs activités très peu orthodoxes et très peu humanitaires. Réuni en deuxième assemblée synodale à Rome, certaines Evêques de la République Démocratique du Congo et d’autres pays des grands Lacs ont dénoncé des O.N.G. qui en réalité ne sont qu’une couverture pour des programmes cachés voire secrets. Elles envahissent le continent sous prétexte d’offrir une aide humanitaire alors qu’en réalité elles ne cherchent qu’à promouvoir des idéologies en déphasage avec les valeurs de culture et de respect de la vie chez les Africains.

D’ailleurs, la remarque est faite qu’elles ne prospèrent que là où le pouvoir d’Etat est faible  Que font elles pour amener les Etats Unis à émettre moins de gaz à effet de serre ? Tout le monde sait que le pays du Président OBAMA est le plus grand pollueur au monde.  Mais quelle ONG aussi puissante qu’elle soit peut les inquiéter en brandissant le droit d’ingérence pour les contraindre de signer le protocole qui engage tous les pays à protéger la couche d’ozone? Pourquoi « Transparency International » ne traque pas les banques suisses et autres en Occident pour les obliger à divulguer voire même à transférer les fonds détournés (estimé entre 100 à 180 milliards de dollars[36]) volés et déposés chez eux par de nombreux dictateurs africains? Quelles leçons vont-elles donner à nos Etats quand on sait qu’eux-mêmes ne sont pas modèles de transparence[37] et de démocratie interne ? Qu’est ce qui fonde leur légitimité ? Leur rapport trop étroit avec leur pays d’origine, ne remet il pas en cause leur indépendance de penser et d’action ?  Ces ONG ne sont elles pas tout simplement le prolongement de certaines multinationales ? Qui les finance ?

Et même si toutes ces questions ne se posaient pas, on ne devrait pas leur donner carte blanche pour s’ingérer dans les affaires de nos Etats à fortiori de les gouverner. Et de toutes les manières, cette question du Droit d’ingérence humanitaire, ne sera appliqué qu’aux pays faibles. En revanche la société civile nationale peut jouer le rôle de contre pouvoir face à un Etat qui ne respect pas ses engagements dans la satisfaction des besoins élémentaires des populations. Cette société civile nationale, nous avons vu tout le rôle crucial qu’elle a joué lors de la tenue des conférences nationales souveraines.au début des années 90. Les sociétés civiles nationales gabonaise, tchadienne, centrafricaine, béninoise, togolaise, nigérienne, malienne et des deux Congo ont administré au monde une vraie leçon de citoyenneté. Le philosophe et ancien jésuite camerounais Fabien EBOUSSI-BOULAGA y a vu  (dans ces conférences nationales) « le point de départ de la reconstruction ou mieux de la fondation d’une communauté politique [38]».

Ces conférences nationales à l’initiative des sociétés civiles africaines constituent une révélation décisive de la capacité des citoyens à prendre en main leur propre destin Et l’auteur de la Crise du muntu de déplorer qu’on ait pas suffisamment pris le temps d’évaluer ,d’enrichir et d’approfondir cette excellente méthode de prévention et de résolution des conflits.de surcroit spécifiquement africain Que serait devenu ces pays s’il n’y avait pas eu ces conférences nationales. On parle beaucoup de la Commission « Vérité et Réconciliation » de l’Afrique du Sud. Mais on oubli souvent qu’avant cela il y a eu cette sorte de palabre[39] à l’africaine qui a évité un certain nombre de pays de tomber dans le chaos.

Sous ce rapport, nous pouvons comprendre et accepter voire même militer en faveur d’une coopération étroite entre société civile nationale (en priorité sans exclure celle internationale) et pouvoir d’Etat. Voilà le type de relation qui nous paraît pertinente. Ce n’est donc qu’à partir de ce partenariat, de cette concertation-négociation, que nous pouvons envisager et penser une téléologie du développement social et humain. C’est uniquement dans cette perspective de la souveraineté de l’Etat (en plus d’une société civile nationale forte) et d’une société civile internationale sincère, que nous pouvons analyser la finalité, le « télos »  qui découle de ce partenariat dont les fruits sont le développement social et humain

II-2.    Téléologie fondamentale du développement social et humain

Notre téléologie fondamentale du développement s’appuit sur une thèse à savoir que sans un pouvoir d’Etat fort[40], non pas pour écraser les citoyens, il ne peut y avoir d’action de la société civile apte à accompagner le progrès[41] de nos pays. En effet, le modèle de développement exogène et extravertie que promeuvent les ONG n’est pas pour résoudre les questions de fond que posent les difficultés en tout genre que rencontre le continent. En effet, « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme »[42] De fait cette imposition d’un type de développement d’essence occidentale, ne va pas dans le sens du partenariat[43] (et de la dépendance) entre les sociétés civiles du Nord et le pouvoir d’Etat.  C’est bien ce que nous avons posés comme condition de possibilité, de validité et de réalisabilité de la relation société civile et pouvoir d’Etat. Sous ce rapport, notre téléologie du développement n’a aucune chance d’aboutir.

Seulement nous continuons à croire en ce type de développement intégré et intégral tel que détaillé dans « Populorm progressio » qui dans l’épistémologie et l’heuristique du développement qu’il nous propose soutien : qu’aucun peuple ne s’est développé de l’extérieur. Pour que notre heuristique du développement devienne une réalité, il faut un réel partenariat, une réelle collaboration entre tous les acteurs du développement.

Ce constat d’inégalité voire même d’injustice dans les rapports entre la société civile et le pouvoir d’Etat nous donne à penser que le problème du développement humain et social est plus profond.que nous le pensons Il est entre autre politique. Car la faiblesse de nos Etats ne leur donne aucune chance de pouvoir traiter d’égal à égal avec leur partenaire au développement que sont aussi les ONG. Le défi de l’unité africaine est dès lors nécessaire. Mais comment y arriver ? La question reste posée. A côté de cette quête d’unité, il faut rompre d’avec un certain sentiment fataliste qui nous fait professer un certain afro-pessimisme beat. Nos défis (de l’unité) : il nous appartient de les relever nous même, en fondant notre téléologie du développement social et humain, sur une éthique et une métaphysique de l’action.

Le défi éthique pour célébrer l’unité africaine comme le zeste de la politique. Dans le cadre de l’Unité Africaine nous pourrons traiter d’égal à égal avec nos partenaires. Une métaphysique de l’action pour inscrire toutes nos initiatives dans la durée. Il faut un supplément d’âme à toutes nos entreprises de promotion de développement de nature heuristique. Cette téléologie du développement nous fait lire et inscrire ce dernier sous un angle anti-idéologique, c’est-à-dire à une compréhension du progrès humain qui discrédite, décrédibilise en amont l’ensemble des faux prétextes qui ont présidé à la domination des noirs.

Dès lors, nous sommes dans l’obligation de procéder à une relecture africaine de notre histoire pour accéder à ce type de développement humain et social. Autrement, nous ne ferons que copier (et mal) le développement des autres. Ce développement endogène, M. R.-L. BOA THIEMELE nous l’explique bien dans une de ces publications[44]où il affirme : « un développement ne peut être qu’un développement intégré, et un développement intégré ne peut que se fonder sur la préservation de l’identité culturelle des peuples ». Cette forme de développement intégré établit un rapport dialectique entre culture et développement. Développement culturel et développement économique entretiennent une relation dialectique dans la mesure où tout événement économique est culturel et que tout événement culturel est en même temps socio économique[45].

En définitive, notre téléologie du développement s’entend comme l’amélioration qualitative et durable d’une économie et son fonctionnement. Elle pose et impose un lien étroit entre culture et développement là où les ONG internationales tentent d’opérer une rupture entre ces deux paradigmes.

Ce que nous avons unis à la fois téléologiquement et épistémologiquement voire de manière heuristique que personne (fussent elles les ONG internationales)  ne le sépare. En effet, le développement ne doit pas quitter la culture. Bien au contraire, il doit s’attacher à ce dernier et tous deux ne feront qu’un. Si donc on pose un divorce entre les deux (comme le font jusqu’ici les ONG et certaines multinationales) on casse cette union heuristique entre culture et développement. Ce qui nous fait retomber dans le modèle occidental du développement par essence matérialiste. Pour rendre ce type de développement effectif, M. BOA THIEMELE propose une requalification de la culture africaine longtemps vouée à la négligence, à la méconsidération.

Dans le fond, on pensait que la culture africaine constituait un frein au développement de l’Afrique. Pour combattre cette contre vérité, il fallait une libération culturelle et spirituelle de l’Afrique et des africains selon la proposition du Père E. MVENG que cite le philosophe ivoirien en ces termes : « il n’est pas possible de construire l’Afrique nouvelle si l’on ne revisite pas la vision du monde qui sous tend ces cultures pour en extraire la nature, la matière ou l’âme première d’une Afrique maîtresse de son devenir »[46]. Nous sommes donc en phase avec Xavier DUPUIS qui pense bien qu’ « un développement ne peut que se fonder sur la préservation de l’identité culturelle des peuples »[47]. Les exemples sino-japonaise en sont une parfaite illustration. Sous ce rapport, un développement, ne peut être qu’un développement intégré[48].

Et justement, la pertinence de cette requalification des cultures africaines telles que le suggère le Père MVENG, est qu’elle expose directement l’aspect nocturne des cultures africaines ; aspects sur lesquels les « développeurs » pourrons travailler plus efficacement. Ces tares ont pour noms : sorcellerie, magie, primat du groupe sur l’individu que le philosophe ivoirien résume en ces termes : « l’homme ordinaire vit dans l’angoisse et dans la perpétuelle insécurité métaphysique, obligé de sacrifier son bonheur à la satisfaction de ses nombreux intermédiaires. Il croit trouver dans la fidélité au rituel la clé du bonheur »[49].

A côté de ces facteurs endogènes que nous venons de voir brièvement, il faudra que cette vision téléologique du développement réconcilie l’Africain avec son passé d’où émerge consciemment ou inconsciemment des facteurs exogènes liés à son développement. Nous pouvons citer entre autres, la traite négrière, l’esclavage, et bien sûr la colonisation. Des ONG internationales puissantes présentent beaucoup de danger en ce qu’elles seront tenter de reproduire exactement un modèle de développement anti téléologique, anti heuristique c’est-à-dire qui ne prend pas en considération les valeurs culturelles de l’Afrique.      Cette situation aura tout l’air du déjà vu en ce qu’elle nous retournerait à la triste période de l’esclavage et de la colonisation. Voilà tout l’enjeu de la promotion du développement intégré.

Conclusion

L’Afrique réalisera t-elle un jour son unité politique ? Si non, nos micro-Etats arriveront ils à bâtir des pouvoirs assez forts pour établir un véritable partenariat avec les pays dits développés et en particulier avec la société civile internationale très puissante financièrement? La société civile internationale peut elle constituer une alternative de taille à la coopération bilatérale et multilatérale fondée encore sur l’esprit de domination des pays colonisateurs sur leurs anciennes colonies africaines (l’exemple de la « Françafrique [50]» est bien là, qui justifie notre suspicion) ?

De la réponse à ces questions essentiellement politiques dépendra le sort de l’Afrique, celui d’accéder enfin au développement selon ses propres valeurs culturelles. Sinon non, nous continuerons de courir désespérément derrière un développement de type occidentale dont la date de péremption est arrivée à terme. C’est-à-dire unique en son genre, le développement selon le modèle des pays du Nord ne peut s’appliquer aux pays du Sud. Si tous les plans d’ajustement structurels entre autres exemples ont connu des échecs c’est en raison d’une téléologie du développement dont les moyens étaient très peu efficaces du fait de leurs caractères endogènes et trop extravertis. Dans le cas d’espèce, la fin n’a pas justifié les moyens.

L’économie à elle seule ne suffit pas pour amorcer le décollage du continent. Il faut une prise de conscience pour professer que la culture est aussi  importante dans ce « télos » ascensionnel vers le progrès. Elle qui est au début et à la fin du développement nécessite aussi notre attention.

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PIERRE-MARIE NIANG, OP

VOIR AUSSI >>> PHILOSOPHIE DU DEVELOPPEMENT – ANTHROPOLOGIE DU DEVELOPPEMENT

Bibliographie sélective

Collectif, Dictionnaire de philosophie, Paris, Armand Colin, 2007, 384 pages

HAUBERT, M., REY, P.-P., Les sociétés civiles face au marché. Le changement social dans le monde post colonial, Paris, Karthala, 2003,299 pages.

MORGAN, L.-H., Systems of consanguinity and affinity of the human family, Washington, 1871.

HAVEL, V., Le pouvoir des sans pouvoir. Essais politiques, Ed. Michalon, 2000,125 pages.

LEBRET, L.-J., Dynamique concrète du développement, Paris, Economie et Humanisme Ed. Ouvrières, 1961

SAMB, D., Comprendre la laïcité, Dakar, NEAS, 2005, 247 pages.

BOA THIEMELE, R.-L., Recherches philosophiques, Tome I, Quelle philosophie pour l’Afrique ? Abidjan, EDUCI, 2005.

MVENG, E. ; LIPAWING B ;-L., Théologie, libération et cultures africaines. Dialogue sur l’anthropologie négro africaines, Yaoundé/Paris, Editions Clé/ Présence africaine, 1996.

www.geopsy.com/ethnologie/la_ dimension_culturelle_du_développement.pdf

AKINDES, Francis, Rapport introductif N° 3 : « Les transitions démocratiques à l’épreuve des faits » in Bilan des Conférences Nationales et autres processus de transition démocratique en Afrique, OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), Cotonou, 19-23 février 2000, p 611.

BUIJTENHUIJS, Robert, La conférence nationale souveraine du Tchad, Paris, Karthala, 1993, 364 pages.

ADAMON, Afise D., Le renouveau démocratique au Benin. La Conférence Nationale des forces vives et la période de transition, Paris, Harmattan, 2003.

EBOUSSI BOULAGA F., Les conférences nationales en Afrique Une affaire à suivre, Paris, Karthala, 1992, 229  pages

Vidéothèque

La documentation cinématographique intégrale sur bandes vidéo (système VHS-Secam) comportant toutes les sessions de la conférence nationale souveraine de LOME, complétée par des K7 sonores se trouve à la bibliothèque du Centre d’Etudes Africaine de Leyde, Pays Bas.


[1] Dans le vocabulaire philosophique, cette expression signifie : vision ou conception du monde.

[2] Dans le cours, nous avons situés la naissance de la modernité à partir de l’avènement de la révolution française de 1789. En philosophie, cette modernité voit le jour à partir de René DESCARTES à qui est dévolu la paternité de cette époque. En anthropologie enfin, cette modernité apparait en même temps que l’élaboration de l’Anthropologie comme science d’ l’homme. Cf. Michel FOUCAULT, Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, 1966, 404 pages.

[3] Du grec telos : fin et logos : étude, discours, science. Etude ou des fins ou des rapports de finalité. Cf. Collectif, Dictionnaire de philosophie, Paris, Armand Colin, 2007, p 337

[4] HAUBERT, M., REY, P.-P., Les sociétés civiles face au marché. Le changement social dans le monde post colonial, Paris, Karthala, 2003,299 pages.

[5] La fin de la première guerre mondiale a vu la naissance de l’Association britannique  dénommée : « Fignt the famine » qui est devenu Save the Children . Elle avait pour objectif principal de venir en aide aux femmes et aux enfants. Cf. Cours manuscrit d’Initiation à la culture de la justice et de la paix, ISTAY, Septembre, 2009.

[6] La deuxième guerre va accentuer le phénomène d’émergence des associations du même genre citées ci-haut. On peut citer : OXFAM, 1942 ; CARE, 1945. M. LEZOU, Cours manuscrit d’Initiation à la culture de la justice et de la paix, ISTAY, Septembre, 2009.

[7] Il est bon de préciser que la bataille meurtrière du 24 juin 1859 à Solferino a été le prétexte pour le citoyen genevois H. DUNAND, de fonder le 17 juillet 1863 le Comité International de la Croix Rouge en abrégé C.I.C.R.C’est là également une date importante.

[8] Cf. MARIN, G., « L’émergence d’une société civile mondiale et l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire ». Rencontre de Beijing février 2003, p 1

[9] ROUSSEAU J.-J., Deuxième discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1754.

[10] HOBBES, T., Le Léviathan, 1651.

[11] MORGAN, L.-H., Systems of consanguinity and affinity of the human family, Washington, 1871.

[12] L’on se rappelle que pour DURKHEIM, E., et MAUSS, M., la religion est un des ciments de la société. Lire à ce propos  TAROT, C., Le symbolique et le sacré. Théories de la religion, Paris, La Découverte, 2008, 912 pages

[13] M. LEZOU, Cours manuscrit d’Initiation à la culture de la justice et de la paix, ISTAY, Septembre, 2009.

[14] DOUCIN, M., «  Les organisations non gouvernementales « acteur-agis » des relations internationales ? », (Thèse de Doctorat), Université de Bordeaux IV, Institut d’Etudes Politiques, Mai 2005,p 2. Voir aussi la résolution 288 B du 27 février 1950 du Conseil Economique et Social ; le Droit français sur les ONG régit par la Loi de 1901.

[15] En effet, il apparaît très difficile de trouver un syndicat  ou un syndicaliste (au moins pour le cas sénégalais que nous connaissons bien) qui n’a pas d’accointance avec un parti politique. Très souvent, les syndicats sont les bras armés des partis politiques du pouvoir comme de l’opposition. Le Parti Socialiste du Sénégal a la CNTS (Confédération Nationale des Travailleurs du Senegal), le PDS (Parti Démocratique Senegalais) a la CNTS FC (Force du Changement). Un fameux syndicaliste a appelé cet engagement du syndicat dans un parti : la « participation responsable ».

[16] HAVEL, V., Le pouvoir des sans pouvoir. Essais politiques, Ed. Michalon, 2000,125 pages. Il y développe une morale de l’action pacifique qui s’apparente beaucoup à  la non violence, et la parole comme moyen de dénonciation de toute forme d’injustice.  C’est avec ces seules « armes » qu’il a libéré son pays du totalitarisme et contribué ainsi à l’émergence d’une société civile forte dont il fait l’apologie par la même occasion.

[17] Une dimension qui nous paraît particulièrement capitale, et que souligne bien Mamadou DIOUF, historien, en parlant du rôle salvateur joué par le premier cardinal senegalais Hyacinthe THIANDOUM qui s’élevait contre l’accaparement du pouvoir, pour défendre le bien commun, impératif catégorique de la société civile dont il décline les commandements …l’éducation de la conscience morale comme arme de la critique du pouvoir autoritaire de la corruption » in SEYE, C.-E., Mgr  Hyacinthe Thiandoum. A force de foi, Paris, Harmattan, 2007, p 309

[18] Collectif, Dictionnaire de philosophie, Paris, Armand Colin, 2007, p 268

[19] Pour rappel, chez ROUSSEAU, la souveraineté de cet Etat est inaliénable et indivisible in Du contrat social ou principe du droit politique, Paris, GF Flammarion, 2001, p 66. Cette souveraineté des Etats est aussi légitimé et par le droit international et par la Charte des Nations Unies et Statut de la cours internationale de justice, signé le 26 juin 1945.

[20] Collectif, Dictionnaire de philosophie, Paris, Armand Colin, 2007p 268

[21] Cf. LINCOLN, A., Discours de Gettysburg. Cité par la Loi fondamentale ivoirienne en son article 30

[22] KI ZERBO, J., A quand l’Afrique ? Entretien avec R. HOLENSTEIN, Paris, Ed. de l’Aube, 2003, p 88

[23] ROUSSEAU, J.-J., Du contrat social ou principe du droit politique, Paris, GF Flammarion, 2001, pp 83-91

[24] Ibidem, p 99

[25] Sur cette notion d’Etat de droit, lire avec intérêt : G.-W.-F. HEGEL, Phénoménologie de l’Esprit, Tome II, Trad. Jean HYPPOLITE, Paris, Aubier, 1941, p 44 ss.

[26] Encyclopédia universalis, Tome V, Paris, 1984, p 1082

[27] Ibidem,  p 1082

[28] Ibidem, p 1082

[29] Ainsi, la République de Côte d’Ivoire proclame son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

[30] En France, c’est ce principe est dit de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. C’est la Loi du 9 décembre 2005. Lire aussi SAMB, D., Comprendre la laïcité, Dakar, NEAS, 2005, 247 pages.

[31] LABROUSSE, R., Introduction à la philosophie politique, Paris, Ed. M. Rivière, 1959, pp 110-111

[32] ROUSSEAU, J.-J, Du contrat social ou principe du droit politique, Paris, GF Flammarion, 2001, p 105

[33] Les conférences nationales souveraines sont une parfaite illustration de cette capacité des peuples africains à régler eux-mêmes leur problème. Dans un contexte de crise profonde qui à certains moments frôlaient l’irréparable, les sociétés civiles nationales des pays comme le Congo Brazzaville, le Congo Kinshasa le Gabon le Togo, le Benin, la Centrafrique, étaient arrivés à poser un vrai débat sur les questions nationales Ces conférences, moment de catharsis personnel et communautaire déboucha au Benin par exemple  sur une alternance démocratique. Il faut préciser qu’à la tête de ces institutions de transition (démocratique)  il y avait pour la majorité un prélat de l’Eglise catholique. Lire avec intérêt : EBOUSSI BOULAGA F., Les conférences nationales en Afrique Une affaire à suivre, Paris, Karthala, 1992, 229  pages

[34] Les ONG sont habituellement de grands « pondeurs » de documents, de charte de défense des droits de l’homme.

[35] Il y a l’exemple de l’ONG CARE en Côte d’Ivoire, et de bien d’autres en RDC. Nous pouvons citer aussi des média comme RFI qui se voit régulièrement pointé du doigt par les Etats africains pour traitement tendancieux de l’information.

[36] www.lecourrier.ch in Sur la piste des comptes  suisses des dictateurs africains, paru le Mardi 22 Avril 2008.

[37] Certaines ONG sont au cœur d’énormes scandales financiers. Si ce n’est pas des trafiques d’influence  ou autres scandales liés aux questions de mœurs.

[38] In www.decitre.fr/Livres/Les-conferences-nationales-en-Afriques-noire

[39] Cf. BIYOGO, G., La palabre : une juridiction de la parole, Paris, Ed. Michalon, 1997.

[40] KI ZERBO J., in A quand l’Afrique Paris n Ed. de l’Aube, p 7-8, faisait remarquer avec juste raison que «  l’Etat (en Afrique s’entend il) à peine né est matraqué par des institutions comme le Banque Mondiale. Elles exigent toujours moins d’Etat, et l’influence des entreprises transnationales s’impose de plus en plus » Il faut ajouter à cette liste la société civile internationale.

[41] Nous employons ici le terme de progrès pour désigner le développement. Cf. La lettre encyclique du Saint Père Paul VI sur le développement des peuples : Populorum Progressio du 26 Mars 1967.

[42] LEBRET, L.-J., Dynamique concrète du développement, Paris, Economie et Humanisme Ed. Ouvrières, 1961, p 28

[43] «  C’est pourtant ces hommes et femmes qu’il faut aider, qu’il faut convaincre d’opérer eux-mêmes leur propre développement et d’en acquérir progressivement les moyens. Cette œuvre commune n’ira certes pas sans effort concerté, constant et courageux. Mais que chacun en soi bien persuadé, il y va de la vie des peuples pauvres, de la paix civile dans les pays en voie de développement et de la paix dans le monde »  selon V. COSMAO

[44] R.-L. BOA THIEMELE, Recherches philosophiques. Tome I. Quelle philosophie pour l’Afrique ?, Abidjan, EDUCI, 2005, p 193

[45] R.-L. BOA THIEMELE, op cit, p 193

[46] R.-L. BOA THIEMELE, op cit, p 195

[47] R.-L. BOA THIEMELE, op cit, p 195

[48] R.-L. BOA THIEMELE, op cit, p 193

[49] R.-L. BOA THIEMELE, op cit, p 199

[50] Cette expression a été utilisée pour la première fois par Félix H. Boigny en 1955 pour évoquer la relation particulière entre la France et ses anciennes colonies. Africaines. L’évolution sémantique vers le terme « Françafrique » revient au journaliste économique in François Xavier VERSHAVE, La Françafrique, Paris, Ed. Stock, 1998. Il le définit comme une « nébuleuse d’acteurs économiques, politiques, militaires en France et en Afrique, organisée en réseau x et lobbies, et polarisé par l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés …tout naturellement hostile à la démocratie ».