Posts Tagged ‘Montaigne’

Pensée du 24 février 11

« Montaigne est une belle aurore après cette longue nuit. Nourri des anciens, doutant assez fortement pour dominer tous les pièges de la logique, et suivant par ferme jugement la sagesse stoïcienne, qui apprend à souffrir en homme et à bien mourir, Montaigne représente le jugement seul, ou l’homme sans Dieu. Une force d’esprit admirable contre l’imagination, la superstition, le préjugé, les passions, circule dans les Essais, le seul livre de philosophie peut-être qui s’offre sans système et sans la fureur de prouver. Mais les partis l’ont mal jugé car il les juge tous. »

Alain, Abrégé pour les aveugles, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, p. 804.

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Pensée du 22 janvier 10

« Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition »

Montaigne, Essais

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GRILLE DE LECTURE

Ouvrons les yeux et regardons, nous verrons que dans un geste phénoménologique s’offre à notre vue une diversité d’apparences physiques. Au-delà de ces apparences physiques s’offre à nous encore le fait que nos idées, nos mœurs, nos cultures ne sont pas les mêmes. Cette diversité ne traduit-elle pas, toutefois, l’expression de la vie, une en elle-même ? Ici trouve origine la différence des races et des cultures, en tant que la manifestation de l’homme s’éprouvant dans son infinie richesse, et n’étant vivante que dans la particularité des figures. Ici se trame l’idée de l’unité dans la différence, de la comm-union dans la diversité.

Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humanité en ceci que nous partageons une même intercorporéité. Je suis homme à la manière des autres, l’autre se présente ainsi comme un miroir dans lequel je vois. Le visage de l’autre me révèle mon propre visage ; puisque je ne puis me poser hors de moi-même pour me saisir comme un objet, c’est à travers l’autre que je me découvre, que je me connais. Cette affirmation de toute évidence une implication éthique.

Faisant un peu de la logique, nous dirons que si en chaque homme particulier il y a une forme de l’entière condition humaine, alors la sentence philosophico-éthique serait : ne traite jamais autrui comme objet mais comme sujet. La relation à autrui en ce sens revêt une coloration éthique où ce ne sont que des subjectivités qui se rencontrent dans un acte de respect réciproque.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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