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Pensée du 21 février 11

« La philosophie de Hegel est une philosophie de la confiance en soi. »

Karl BARTH, Hegel, Cahiers théologiques 38, p. 15.

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GRILLE DE LECTURE

Pour Karl Barth, la philosophie de Hegel est marquée par un trait distinctif incarné par l’auteur lui-même : le principe de la confiance en soi. Au nom de ce principe, l’homme pensant, Hegel, est un homme totalement et fermement digne de foi vis-à-vis de lui-même. Cet homme pensant, Hegel, pouvait douter de tout parce qu’il ne doute pas un seul instant de lui-même. Il a connaissance de tout, simplement parce qu’il a pleinement connaissance de lui-même. Karl Barth présente plus explicitement le concept de confiance en soi en ces termes : « La confiance en soi de Hegel réside dans l’équivalence entre sa pensée et l’objet pensé par lui, c’est-à-dire la présence totale de sa pensée dans l’objet pensé par lui, et la présence totale de l’objet pensé par lui dans sa pensée. » On se croirait (excusez l’anachronisme) dans une philosophie de l’intuition bergsonienne où la conscience de l’objet donne lieu au transport du sujet dans l’objet, dans une totale sympathie philosophique. Le secret du secret de Hegel, c’est qu’il croit fermement en l’équivalence de l’homme pensant et de l’objet pensé.

Par-dessus tout, c’est dans l’identité des deux choses que Hegel place sa confiance. L’acte de la pensée assume l’identité entre le sujet pensant et l’objet pensé. Cette identité peut prendre le nom d’esprit, de Dieu. Ce qui fait dire à Karl Barth que la philosophie de la confiance en soi n’est rien d’autre qu’une philosophie de la confiance en l’esprit, en Dieu. Mais si l’on parle de confiance en soi, c’est qu’il y a aussi identité entre le soi et l’esprit, comme l’objet s’identifie au sujet. Il semble d’ailleurs que toute la visée de la philosophie de Hegel se ramène à proclamer cette confiance en soi philosophique et à appeler les autres à partager cette confiance. Car, pour Hegel, cette confiance est loin d’être une distinction personnelle, ou le fruit d’une illumination individuelle : la confiance en soi doit être entièrement comprise comme la confiance dans la raison humaine, universelle, connue de tous et à la disposition de chacun. Par le concept de la confiance en soi, Hegel revendique clairement l’héritage des Lumières : la raison humaine doit se comprendre elle-même d’une façon critique. Ainsi, la confiance en soi pourrait être dans le sens des Lumières la raison fondée en elle-même, la raison libérée et désormais maîtresse, en principe, de toute chose.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 19 février 11

« La philosophie de Hegel est une philosophie de la confiance en soi. Si elle a agit d’une façon si conforme à l’esprit du siècle, si elle a été à tel point un accomplissement de ce que ce siècle tout entier sentait en lui comme une promesse, c’est qu’elle présupposait et confirmait tout à la fois ce principe, qui apparaissait à ce siècle comme lumineux et évident. Si elle parut si grandiose et si fructueuse, c’est que ce principe (la confiance en soi de l’homme pensant comme philosophie), en dépit de l’art avec lequel il fut développé et appliqué, était d’une étonnante simplicité. Si elle eut une action si convaincante, c’est que Hegel osa prendre au sérieux, jusqu’à ses dernières conséquences et avec toute la fidélité imaginable, ce principe simple, approuvé par tout contemporain authentique. »

Karl BARTH, Hegel, Cahiers théologiques 38, p. 15.

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