Pensée du 27 septembre 10

« L’interprétation teilhardienne de l’univers s’appuie sur deux prémisses : une approche phénoménologique du phénomène humain, envisagé dans sa globalité, puis une vision évolutive de l’univers. »

 René LATOURELLE, « Pierre Teilhard de Chardin » 

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GRILLE DE LECTURE

La phénoménologie de Pierre Teilhard de Chardin  est tournée vers les réalités du monde extérieur, elle conserve au mot phénomène son sens pré-philosophique, élémentaire, c’est une donnée objective qui s’offre à la connaissance et à l’expérimentation. Sa phénoménologie est une première réflexion scientifique dont l’objet est tout le phénomène observable. Avec Teilhard de Chardin, nous sommes en présence d’un univers finalisé, d’un monde orienté. Selon la première prémisse, le monde est une totalité au voisinage de laquelle physique, métaphysique et religion convergent étrangement. La totalité du phénomène existant est objet de science. Le phénomène humain est aussi une totalité, car le sens de toute chose réside dans l’homme. Il ne s’agit pas ici d’un individu à la nature abstraite, mais de la collectivité humaine, « la caravane humaine ». Teilhard de Chardin étudie l’homme et l’univers comme un bloc. Pour lui, les savants ont élaboré une science de l’univers sans l’homme, et une science de l’homme en marge de l’univers. Il devient d’autant plus impérieux de construire une science de l’univers qui embrasse à la fois l’homme et l’univers, qu’on ne peut pénétrer profondément le sens de l’univers sans la connaissance du phénomène humain.

Ainsi, le centre de cohérence du réel n’est pas à chercher par en bas, dans l’élément physique, mais par en haut, dans l’homme, centre de perspective et de construction de l’univers. Le monde finalisé ne tombe pas par en bas, mais par en avant et par en haut. Une approche phénoménologique globalisante de l’univers exige qu’on donne à l’homme dans l’univers une place prééminente. L’homme est le centre de l’univers, il constitue son couronnement, le principe et le but de son évolution. L’intuition de l’évolutif est le second principe de base teilhardien d’interprétation de l’univers. Cette prémisse se ramène à une double loi. D’une part, l’univers forme un tout homogène qui n’est pas statique, mais en voie de genèse, de formation, il est soumis au mouvement de génération (Aristote) : c’est la cosmogenèse. D’autre part, l’univers se développe dans le temps du très simple au plus complexe : c’est la loi de la complexification croissante. La conscience humaine émerge au croisement de cette double loi. D’après René LATOURELLE, la pensée de Pierre Teilhard de Chardin n’est pas une science, elle n’est pas non plus une métaphysique, elle est une hyperphysique, elle dépasse les limites de la spécialisation et tend à une vision de l’homme en quête de sens dans sa totalité.

Emmanuel AVONYO, op

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