« Entre M. Bergson et nous‑même, c’est donc toujours la même différence de méthode ; il prend le temps plein d’événements au niveau même de la conscience des événements, puis il efface peu à peu les événements, ou la conscience des événements; il atteindrait alors, croit‑il, le temps sans événements, ou la conscience de la durée pure. Au contraire, nous ne savons sentir le temps qu’en multipliant les instants conscients (…). La conscience du temps est toujours pour nous une conscience de l’utilisation des instants, elle est toujours active, jamais passive, bref la conscience de notre durée est la conscience d’un progrès de notre être intime, que ce progrès soit d’ailleurs effectif ou mimé ou encore simplement rêvé. »
Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, 1932, Éd. Gonthier, coll. Médiations, p. 34.
____________________________________________________________________________________