Archive for the ‘CULTURE’ Category

Pensée du 27 décembre 17

« Tout vous renvoie à Qui vous êtes vraiment. L’une des choses les plus fascinantes, c’est que vous n’avez jamais bougé. Ça c’est étrange. Vus n’avez jamais bougé ! Pas même d’un centimètre ! Certes le bonhomme ou la bonne femme dans le miroir court dans tous les sens comme une fourmi agitée. Nous déplorons que tout aille trop vite dans le monde moderne, nous parlons de tensions qui montent, et nous cavalons à travers le monde parce que nous pensons que nous sommes dans le monde. Nous n’avons pas de paix, pas de tranquillité intérieure. Nous sommes le fruit de l’agitation, et c’est encore un mensonge. Si vous ne me croyez pas, entrez dans votre voiture et voyez si Santa Cruz danse ou non. Vous découvrirez que les poteaux télégraphiques vous prêchent tous l’évangile de votre immobilité. Aristote disait ; « Dieu est le moteur immobile de Santa Cruz – pardon ! – du monde »…

Le monde s’est immobilisé, et où est passé l’agitation. A l’intérieur de nous. Nous avons perdu notre paix, notre tranquillité. Toute l‘agitation s’est glissée Ici, au-dedans de nous, et c’était un mensonge. Désormais, lorsque vous allez être dans votre voiture, vous allez à nouveau pouvoir dire la vérité. Renvoyez le mouvement dans le monde. Alors le carnaval recommence, le monde danse, et il y a de la joie. Vous êtes Qui vous êtes vraiment, vraiment, vraiment, le Moteur Immobile du monde. Si vous ne me croyez pas, installez un caméscope dans votre voiture, et vous verrez le monde bouger. Les caméras ne mentent pas. »

Harding Douglas, L’immensité intérieure,  p. 32-33.

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Pensée du 26 décembre 17

« (…) Des ingénieurs experts en nanotechnologie échafaudent, pour assister techniquement les processus vitaux de l’organisme humain, l’image, qui mêle homme et machine, d’une station de production soumise à une supervision et une régénérescence autorégulées qui permettent que soient effectuées en permanence réparations et améliorations. Selon cette vision, des microrobots capables de s’autodupliquer circulent dans l’organisme humain et se connectent aux tissus organiques afin, par exemple, d’interrompre les processus du vieillissement ou de stimuler les fonctions cérébrales. Même les ingénieurs informaticiens ne sont pas en reste dans le genre puisque l’image qu’ils se font des robots de l’avenir, lesquels seront devenus autonomes, fait apparaître des machines qui jugeront que l’homme de chair et de sang est devenu un modèle obsolète. Ces intelligences supérieures sont censées s’affranchir des exiguïtés du hardware humain. Ils promettent au software tiré de notre cerveau, non seulement l’immortalité mais encore la perfection infinie.  Le corps bourré de prothèses, destinées à améliorer les performances ou l’intelligence d’anges qui hantent les disques durs, ressortit à des images fantastiques qui empêchent qu’on fixe désormais les limites, et défont les cohérences qui, jusqu’ici, apparaissaient nécessaires, d’une manière quasi transcendantale, à notre activité quotidienne (…) « 

J. Habermas, L’avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral ?, Gallimard, 2002, pages 66-68.

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Pensée du 25 décembre 17

« Quand au terme d’une évolution longue et pénible, poursuivie de jour en jour, on est parvenu à rejoindre en soi-même ces sources originelles que j’ai choisi d’appeler Dieu, et que l’on s’efforce désormais de laisser libre de tout obstacle ce chemin qui mène à Dieu (et cela, on l’obtient par un travail intérieur sur soi-même), alors on se retrempe constamment à cette source et l’on n’a plus à redouter de dépenser trop de forces ».

Etty Hillesum, Une vie bouleversée. Journal 1941-1943. 

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Pensée du 24 décembre 17

« En ce qui concerne d’abord cette galerie d’opinions que présenterait l’histoire de la philosophie – sur Dieu, sur l’essence des objets de la nature et de l’esprit – ce serait, si elle ne faisait que cela, une science très superflue et très ennuyeuse, alors même qu’on invoquerait la multiple utilité à retirer d’une si grande animation de l’esprit et d’une si grande érudition. Qu’y a-t-il de plus inutile, de plus ennuyeux qu’une suite de simples opinions ? On n’a qu’à considérer des écrits qui sont des histoires de la philosophie, en ce sens qu’ils présentent et traitent les idées philosophiques comme des opinions, pour se rendre compte à quel point tout cela est sec, ennuyeux et sans intérêt. Une opinion est une représentation subjective, une idée quelconque, fantaisiste, que je conçois ainsi et qu’un autre peut concevoir autrement. Une opinion est mienne ; ce n’est pas une idée en soi générale, existant en soi et pour soi. Or la philosophie ne renferme pas des opinions, il n’existe pas d’opinions philosophiques.

Hegel, Introduction du cours de Berlin, commencé le 24/10/1820, in Leçons sur l’histoire de la philosophie 1, Gallimard, Idées, 1954, p. 42.

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Pensée du 23 décembre 17

« Vous désirez aimer bien celui ou celle que vous aimez. Il y a une seule façon de vraiment l’aimer, c’est de disparaître en sa faveur. Nous sommes construits pour donner notre vie les uns pour les autres. C’est un monde de vie merveilleux. Je regarde mon jeune ami à côté de moi. Pour enregistrer son visage, je suis obligé de mourir en tant que Douglas, je donne ma vie pour lui. Chacun de nous disparaît en faveur de l’autre. Nous sommes construit pour l’amour. Je ne parle pas du sentiment. Je parle du terrain sur lequel l’amour peut pousser et fleurir. Ici, je suis vraiment accueil pour lui, non que je sois quelqu’un de gentil. Je ne le suis pas. Douglas n’est pas une personne très gentille. Mon ami n’est pas parfait non plus. Il a l’air très sympathique, mais il n’est pas parfait. Pourtant il est construit pour l’amour…  L’un des moyens les plus merveilleux de retrouver ce dont nous parlons en ce moment, c’est lorsque nous avons quelqu’un en face de nous. Peut être quelqu’un que vous aimez, peut-être quelqu’un avec qui vous avez de terribles problèmes. Comment aborder ces problèmes ? Comment détendre l’atmosphère, réduire la tension ? En voyant ce qui est, c’est-à-dire que vous n’affrontez pas cette personne, mais êtes complètement grand ouvert pour l’accueillir. Littéralement explosé. C’est vrai, n’est-ce pas ? Vous n’avez jamais affronté qui que ce sont dans votre vie ».

 Harding Douglas, L’immensité intérieure p. 36-37.

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Pensée du 22 décembre 17

Le Temps encore toi

Le temps d’y penser et c’est déjà passé

Ne pas choisir ; ne pas agir ; ne pas vivre et voilà que l’on pense ; que l’on voit

Lorsque je détends mes nerfs au maximum de la détente, alors j’y vois tellement plus clair ; la jouissance s’apparentant à une existence monophasé

Ainsi lorsque l’on n’agit point l’on meurt

C’est si simple que cela en est inquiétant

J’ai voyagé dans les signes, mais ils me pointèrent inexorablement un but

Maintenant que je suis seul et je suis bien, car avec les autres je tends vers ce moment

Il est toujours opportun d’être bienveillant

voir ce qui peut être dévoilé

C’est un état qui ne réclame ou ne prends ni même ne donne car c’est entier ;

Et comme dans tout ensembles il y a du sens…j’imagine..

L’artiste peut se targuer d’avoir choisit !

Car nous ne sommes nous les autres que des envieux immobiles

Les images vident, et les sons inaudibles, ou bien tout en faits le contraire

Le temps fait trop parler de lui ; prenons sa place

Ressentir l’après c’est éprouver le commencement

Chaque idée pure devrait être vécue sans concessions

L’humanité sur la mécanique

Réinventons nos instants

Soudoyons nos fiertés à la solde de notre humilité

 

MUMIAH

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Dignité et abstraction

« Dignité et abstraction »

Pr Jean Gobert TANOH

(Texte présenté au cours du Colloque sur les politiques de dignité, 31 mai au 04 juin 2016 à l’université de Cocody)

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Mesdames et Messieurs, Honorables participants,

Chers invités, Chers collègues, Chers étudiants,

Nul ne saurait contester la nécessité capitale de la préservation de sa dignité ! En revanche, malheureusement, ce que nous voulons pour nous-mêmes, nous ne sommes pas prêts, et parfois avec un sens cynique, à l’accorder aux autres. La dignité, si elle devient question, sujet de réflexion commune, c’est donc moins pour nous-mêmes que pour tous les autres. C’est dans la relation avec l‘autre, avec tout ce qui n’est pas nôtre, autrement dit, avec tout ce qui nous ne nous intéresse pas qu’il faut chercher pourquoi il est aujourd’hui important de réfléchir sur la dignité. Si l’autre ou tout ce qui nous est étranger avait le respect et la noblesse dus, jamais il ne nous serait venu à l’idée de nous rassembler ici dans le cadre d’un colloque.

En intitulant notre intervention Dignité et Abstraction, nous voulions, au-delà de tout discours formaliste, toucher le point déterminant, parce que fondamental, à partir duquel la dignité conviale et sociale peut être effective. Nul ne se serait capable d’objectiver et de vivre la dignité partagée en société et en politique, s’il ne parvient, dans une appropriation substantielle de soi, à vivre l’expérience d’être et de l’être, qui fait que bien qu’ayant parfois un sens confus de la dignité, il ne peut s’empêcher de la défendre au prix même de sa vie. En réalisant mon être singulier, je comprends en même temps l’interdépendance dans laquelle je suis. J’interagis avec le monde et avec le monde des autres. C’est en un certain sens l’être-au-monde heideggérien : l’être-là en relation avec soi, avec les autres et avec le monde des choses. Comment donc faire être la dignité dans un monde d’interaction, de connexion et d’interdépendance où l’obstacle majeur est l’ego, élevé souvent au rang de référence absolue ? c’est la question, à la fois, essentielle et directrice de cette réflexion !

Pour y parvenir, nulle voie n’est aussi primordiale que celle-ci : l’Abstraction. Pourquoi l’abstraction ? Le concept n’est-il pas en lui-même repoussant ou répulsif ? Que de fois n’avons-nous pas vu le dédain ou le sourire du coin à l’idée de l’idée abstraite ? Et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, tout savoir repose sur l’abstraction. Cela est d’autant plus vrai que les objets de la technologie, qui peuplent aujourd’hui notre existence, n’auraient pu être s’ils n’étaient portés quelque part par des formules abstraites de mathématiques et de physique.

Alors qu’est que l’abstraction ? Dans l’imaginaire populaire, et souvent chez certains sachants (ce qui est déconcertant), l’abstraction est vacance de la réalité massive, et donc absolument inutile. L’anecdote, bien connue, de la servante de Thrace se moquant de Thalès tombé dans un puit, illustre parfaitement cette caricature de l’abstraction. Or, il suffit de prendre un seul instant de méditation pour s’apercevoir que la noblesse de notre humanité repose dans l’exigeante et nécessaire tache d’abstraction, qui consiste à soumettre au polissage de l’esprit la primitivité de notre être. Le passage de notre état primitif (au sens premier du terme) à la civilité humaine se fait par l’inesquivable biais de l’abstraction, pour laquelle, il apparait, clairement, que d’un point de vue biologique et physiologique, nous disposons d’une chose comme le cerveau.

Il y a donc un lien certes symbolique, mais réel entre le cerveau et l’humanité s’accomplissant dans l’abstraction.

Philosophiquement ou conceptuellement, disons qu’il s’agit de la conscience. Pourquoi, sommes-nous des êtres conscients, sachant distinguer les choses les unes avec les autres ? Sans doute, pour ne pas les confondre, en nous installant dans la confusion ; mais tant que la conscience sera simplement une conscience immédiate, celle d’une simple distinction, elle ne sera pas encore elle-même, en tant qu’elle est en nous afin d’accomplir, dans la profondeur de sa vérité, notre humanité. En effet, une conscience, pleinement conforme à sa vérité est celle qui se tient dans l’abstraction. Autrement dit, la raison qui explique et justifie l’être conscient de l’homme, est incontestablement le nécessaire effort d’abstraction. Abstraire signifie isoler la réalité singulière ou particulière afin de l’installer dans la substantialité, à partir de laquelle une harmonie des singularités ou des particularités devient pensable, et historiquement vivable, parce que viable.

Nous connaissons dans l’histoire de la philosophie, l’idée, devenue presque proverbiale, parce que célèbre de Platon, selon laquelle « nul n’entre dans son académie s’il n’est géomètre ». En cette idée, il ne faudrait pas voir seulement la rigueur du raisonnement philosophique exigée, mais aussi, et surtout, la nécessaire tache d’abstraction, pour laquelle la géométrie demeure l’excellente mesure, et sans laquelle, de toute évidence, aucun raisonnement rigoureux ne peut être consistant.

La géométrie est le lieu même de l’abstraction. En s’y référant, et même en s’y exerçant, l’homme éduque son âme à la vérité de son essence, celle d’élever les objets à la pensée de l’idée, par laquelle seulement peut s’établir entre lui et le monde l’ensemble des valeurs possibilisant l’existence.

Si l’idée ou le concept (en un sens moderne) peut être considéré comme pure abstraction, loin des réalités, dites immédiates, et par conséquent, peu nécessaire à aider l’homme à se construire dignement, dans ses aspirations les plus essentielles, c’est sans doute parce que l’œil de trop fait défaut, selon le terme bien connu de Hegel. La lumière intérieure de l’âme ou de la conscience n’est pas suffisamment allumée. Platon, dans le livre de la République donne une image assez saisissante de cette lumière intérieure que l’on ne saurait tenir éteinte ; faute de quoi notre forme humaine ne sera que le désordre constant de notre naturalité ou de notre primitivité.

De quoi s’agit-il ? En effet, Platon nous dit que tous les sens, seul l’œil a besoin d’un genre intermédiaire. Si les autres sens peuvent s’exercer directement, il en est autrement en ce qui concerne l’œil, qui a besoin de la lumière pour s’exercer, en tant qu’organe de la vision. La vision exige, pour ainsi dire, de la visibilité. Or tel n’est pas nécessairement le cas de toucher, du gout et de l’écoute qui peuvent même s’exercer dans la nuit la plus noire.

Ainsi, tout comme l’œil du corps a besoin de la lumière, l’œil de l’âme en exige, au-delà d’un simple besoin. Car c’est de la lumière intérieure, pour autant qu’elle ne se donne pas a priori comme le soleil astral qui éclaire nos jours, mais exige de l’homme un constant et permanent effort d’accession, dans la mesure ou la subtilité de l’abstraction, pour laquelle cette lumière est donnée, n’est possible que dans un éclairage substantiel. La particularité de la lumière intérieure se trouve dans un aller-retour entre elle et l’abstraction. Plus l’effort à l’abstraction est déterminant, mieux elle éclaire pour rendre permanent cet effort où se construit sens et humanité du sens. N’est-ce pas cela même penser ? Sans doute ! Pascal dira, à juste titre, que la dignité de l’homme repose dans la pensée : c’est là tout son mérite. Notre mérite, qui donne à notre dignité tout son sens, c’est donc de penser, c’est-à-dire élever la conscience à la vérité de son contenu par l’exigeante tâche d’abstraction, pour que le rapport au particulier dans lequel nous avons, malheureusement, tendance à nous enfermer, soit ouverture à l’autre dans l’essentiel mouvement de l’universel. Notre incapacité à donner, parfois, aux valeurs fondamentales une dimension vivante procède de ce qu’il y a une dissonance, absolument désagréable entre les parchemins, souvent impressionnants, et la conviction que ceux-ci portent en eux le signe lumineux du dialogue constructif de soi et du monde.

La pure abstraction est vie, contrairement à ce qu’on pourrait penser, car elle nous éloigne des encombrements étouffants d’un égo surdimensionné pour laisser venir à nous, ce qui, libre de soi, rend conviale la relation à l’autre, en ne le considérant pas comme un potentiel danger. Cette pure abstraction, libre de soi, est, à notre sens, ce que donne à voir la figure de Socrate. HEIDEGGER ne le considère pas moins comme le « pure penseur de l’occident », pour autant que sa conscience, parvenue à la substantialité des choses, n’a été que vie transfigurée, désencombrée de l’immédiateté de la naturalité. Socrate demeure, pour ainsi dire, la référence absolue, du point de vue de l’idée ou du concept, de ce que peut accomplir l’humain dans l’exigence de la dignité.

Tous les platoniciens savent que la justice dans la cité ne peut être effective que lorsqu’elle est enracinée dans la justice intérieure. C’est d’autant plus vrai que l’extérieur n’est que la conséquence de l’intérieur. Une parole de Christ dit que « tout arbre se reconnait par ses fruits. » Comment donc soigner l’intérieur si on n’élève pas la conscience au pur principe de soi, dans et par l’abstraction ? Le savoir transfigure celui qui sait. Le savoir conceptuel ne peut donc être imprécis, parce que abstrait, comme l’a contrairement pensé Bergson, mais sans doute inopérant, parce que dénué de la vitalité nécessaire que seule peut donner l’expérience de la vie intérieure. Et sur ce point, Bergson a parfaitement raison, le savoir est une mystique vivante qui doit vitaliser la conscience sachante.

Le professeur Sery Bailly, du département d’Anglais de l’Université d’Abidjan-Cocody qui nous accueille, a dit que « un authentique intellectuel ne saurait prendre des armes ». Nous ne savons pas à quelle occasion le professeur a prononcé cette parole ; mais nous l’avons lue, sous la plume d’Alex Kipré, dans un numéro, relativement récent de Fraternité -matin, quotidien ivoirien pro-gouvernemental. Belle formule à méditer, si tant est que l’arme ici n’est pas seulement l’engin tueur, mais toutes les formes subtiles ou manifestes de destruction de vie et de dignité, dans lesquelles, malheureusement, des sachants, d’une manière ou d’autre, peuvent se mêler.

Que cet exercice, auquel nous participions, ne soit pas alors simplement intellectuel, mais soit un élan essentiel d’appartenance radicale à soi, dans une mystique déterminante, ou l’humanité acquiert la plénitude de son rayonnement ! Mystique, au sens où l’entend André Comte-Sponville, c’est-à-dire la mise entre parenthèses du temps, du manque, de la parole et de la dualité ; lorsqu’on est pleinement dans le présent, on est contemporain de l’Eternité, seul lieu ou on peut fleurir la dignité humaine dans un bonheur social et politique partagé !

Nous vous remercions !

Pr Jean Gobert TANOH

Département de philosophie

Université de Bouaké

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Pensée du 20 décembre 17

« Tout comme l’œil du corps a besoin de la lumière, l’œil de l’âme en exige, au-delà d’un simple besoin. Car c’est de la lumière intérieure, pour autant qu’elle ne se donne pas a priori comme le soleil astral qui éclaire nos jours, mais exige de l’homme un constant et permanent effort d’accession, dans la mesure ou la subtilité de l’abstraction, pour laquelle cette lumière est donnée, n’est possible que dans un éclairage substantiel. La particularité de la lumière intérieure se trouve dans un aller-retour entre elle et l’abstraction. Plus l’effort à l’abstraction est déterminant, mieux elle éclaire pour rendre permanent cet effort où se construit sens et humanité du sens. N’est-ce pas cela même penser ? »

Pr Jean Gobert TANOH, « Dignité et abstraction », Colloque sur les politiques de la dignité, 31 mai au 04 juin 2016 – Université de Cocody – Abidjan (Côte d’Ivoire).

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Texte intégral

 

Pensée du 19 décembre 17

» Le freudisme, si fameux, est un art d’inventer en chaque forme un animal redoutable, d’après des signes tout à fait ordinaires, les rêves sont de tels signes, les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d’où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont tout ce qu’il y a d’indirect. Les choses de sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision, ce sont des crimes de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d’instinct offrait une riche interprétation. L’homme est obscur à lui-même, cela est à savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l’inconscient est un autre moi, un moi qui a ses préjugés, ses passions, et ses ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu’il n’y a pas de pensées en nous sinon par l’unique sujet, Je, cette remarque est d’ordre moral. »

Alain

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Pensée du 18 décembre 17

« L’idée principale est la suivante: quand un certain nombre de personnes s’engagent dans une entreprise de coopération mutuellement avantageuse selon des règles et donc imposent à leur liberté des limites nécessaires pour produire des avantages pour tous, ceux qui se sont soumis à ces restrictions ont le droit d’espérer un engagement semblable de la part de ceux qui ont tiré avantage de leur propre obéissance. Nous n’avons pas à tirer profit de la coopération des autres sans contrepartie équitable. Les deux principes de la justice définissent ce qu’est une contrepartie équitable dans le cas des institutions de la structure de base. Ainsi, si le système est juste, chacun recevra une contrepartie équitable à condition que chacun (y compris lui-même) coopère. »

John Rawls, Théorie de la justice

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