Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

Pensée du 02 avril 19

« En effet, la plus naturelle des fonctions dévolues à tous les vivants, s’ils sont complets et non atrophiés ou le produit de la génération spontanée, c’est de produire un être vivant tel que lui : un animal génère un animal et un végétal un végétal, de manière à participer à l’éternel et au divin autant que possible. Tous, en effet, tendent à cela, et c’est à cette fin que visent toutes leurs actions lorsqu’elles suivent la nature. […] Vu, donc, l’impossibilité d’avoir part à l’éternel et au divin par continuité, parce que rien, dans l’ordre corruptible, n’est en état de conserver son identité et son unité numériques, chacun y a part dans la mesure de ses moyens, l’un plus, l’autre moins. Et ce qui se conserve, ce n’est pas lui-même, mais une réalité qui lui ressemble, l’unité, non pas numérique, mais spécifique. »

Aristote, De Anima, II, 4, 415a26-b7

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Pensée du 01 avril 19

« Chaque être naturel, en effet, a en soi-même un principe de mouvement et de fixité, les uns quant au lieu, les autres quant à l’accroissement et au décroissement, d’autres quant à l’altération. Au contraire un lit, un manteau et tout autre objet de ce genre, en tant que chacun a droit à ce nom, c’est-à-dire dans la mesure où il est un produit de l’art, ne possède aucune tendance naturelle au changement, mais seulement en tant qu’ils ont cet accident d’être en pierre ou en bois ou en quelque mixte, et sous ce rapport ; car la nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement, par essence et non par accident. »

Aristote, Physique, II, 1, 192b 13-22

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Pensée du 31 mars 19

» Le même rapport d’union qu’ont entre eux les membres du corps, les êtres raisonnables, bien que séparés les uns des autres, l’ont aussi entre eux parce qu’ils sont faits pour coopérer ensemble à une même œuvre. Et cette pensée touchera ton âme bien plus vivement encore, si tu te dis souvent à toi-même : « je suis un membre du corps que composent les êtres raisonnables ». Si tu te dis seulement que tu en es une partie, c’est que tu n’aimes pas encore les hommes de tout ton cœur ; c’est que tu ne saisis pas encore la joie de l’acte de générosité, c’est que tu y appréhendes simplement une chose qui convient et que tu ne fais pas du bien aux hommes comme si tu faisais ton bien propre. « 

Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même

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Pensée du 30 mars 19

« Le mal, être insaisissable, intermittent et fugace comme l’intention même qui l’habite, le mal survient sans se faire annoncer, puis disparaît sans laisser de traces, le mal s’approche, s’éloigne, revient, absence présente, il n’a l’air mauvais que de loin, en gros ou dans sa démarche, vu de près et en détail, il est en somme plutôt sympathique, immobilisé dans sa morphologie statique et hypostasiée dans sa structure actuelle, il prend l’air innocent et il apparaît comme un hôte de bonne compagnie. Les stigmates de la méchanceté ne sont pas toujours visibles sur le visage bonasse du bourreau. »

Vladimir Jankélévitch

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Pensée du 29 mars 19

« La vraie philosophie de l’histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n’a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd’hui des mêmes intrigues qu’hier et que de tout temps : elle doit donc reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes, survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes et des mœurs. Cet élément identique, et qui persiste à travers tous les changements, est fourni par les qualités premières du cœur et de l’esprit humains – beaucoup de mauvaises et peu de bonnes. La devise générale de l’histoire devrait être : Eadem, sed aliter [les mêmes choses, mais d’une autre manière]. Celui qui a lu Hérodote a étudié assez l’histoire pour en faire la philosophie ; car il y trouve déjà tout ce qui constitue l’histoire postérieure du monde : agitations, actions, souffrances et destinée de la race humaine, telles qu’elles ressortent des qualités en question et du sort de toute vie sur terre »

Arthur Schopenhauer

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Pensée du 28 mars 19

« C’est au coeur de la conscience singulière que se découvre pour Hegel un rapport nécessaire à d’autres conscience singulières. Le Je pense n’est possible que si, en même temps que dans ma pensée, je suis en rapport avec soi et pour autrui. Elle ne peut être pour soi que dans la mesure où elle est pour autrui. Chacune exige la reconnaissance par l’autre pour être elle même, mais elle doit aussi reconnaître l’autre, parce que la reconnaissance par l’autre ne vaut que si l’autre est lui même reconnu . C’est la que réside le dépassement de l’immédiat (pour Hegel, toute pensée est une pensée entre consciences; elle est immédiate quand elle ignore cette relation entre consciences; l’immédiat, c’est le cogito tout seul). »

Emmanuel Lévinas

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Pensée du 27 mars 19

« Il faut voir en quoi consiste le mensonge. Il ne suffit pas de dire quelque chose de faux pour mentir si par exemple on croit ou si on a l’opinion que ce que l’on croit est vrai. Il y a une différence entre croire et avoir une opinion. Parfois celui qui croit sent qu’il sait ignorer tant il y croit fermement. Celui qui en revanche a une opinion estime qu’il sait ce qu’il ne sait pas. Or quiconque énonce un fait que par croyance ou opinion il tient pour vrai même si ce fait est vrai ne ment pas. Il le doit à la foi qu’il a en ses paroles et qui lui fait dire ce qu’il pense il le pense comme il le dit. Bien qu’il ne mente il n’est pas cependant sans faute s’il croit des choses a ne pas croire ou s’il estime savoir ce qu’il ignore quand bien même ce serait vrai. Il prend l’en effet l’inconnu pour le connu. Est donc menteur celui qui pense quelque chose en son esprit et qui exprime autre chose dans ses paroles ou dans tout autre signe. »

Saint-Augustin

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Pensée du 26 mars 19

« Pourquoi l’homme seul est-il sujet à devenir imbécile ? N’est-ce point qu’il retourne ainsi dans son état primitif, et que, tandis que la bête, qui n’a rien acquis et qui n’a rien non plus à perdre, reste toujours avec son instinct, l’homme, reperdant par la vieillesse ou d’autres accidents, tout ce que sa perfectibilité * lui avait fait acquérir, retombe ainsi plus bas que la bête même ? Il serait triste pour nous d’être forcés de convenir que cette faculté distinctive, et presque illimitée, est la source de tous les malheurs de l’homme ; que c’est elle qui le tire, à force de temps, de cette condition originaire dans laquelle il coulerait des jours tranquilles et innocents ; que c’est elle, qui faisant éclore avec les siècles ses lumières et ses erreurs, ses vices et ses vertus, le rend à la longue le tyran de lui-même, et de la nature. »

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’Inégalité parmi les Hommes, Partie 1.

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Pensée du 25 mars 19

« Puisque l’intellect humain passe de la puissance à l’acte, il ressemble pour une part à toutes les choses soumises à la génération, qui n’atteignent pas d’un seul coup leur perfection, mais l’acquière par des actes successifs. C’est d’une manière semblable que l’être humain ne possède pas d’un seul coup, dans sa première appréhension, une connaissance parfaite de la chose. Mais d’abord il appréhende quelque chose d’elle, à savoir la quiddité de la chose elle-même, qui est l’objet propre et premier de l’intellect ; ensuite il comprend des propriétés, des accidents et des rapports divers qui entourent l’essence de la chose. Pour cela il est nécessaire qu’il compose ou qu’il divise un concept avec un autre ; et qu’il passe d’une composition ou d’une division à une autre, ce qui est raisonner».

Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia, qu. 85, a. 5, c.

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Pensée du 24 mars 19

«Pour l’avenir de la société et pour le développement d’une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l’existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l’être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu’aucune personne, aucune majorité ni aucun Etat ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l’on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir».

Jean-Paul II, Evangelium vitae, n°71

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