Posts Tagged ‘Nietzsche’

Pensée du 06 février 10

« L’idée de Dieu fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence. Nous nions Dieu… par là seulement nous sauvons le monde. »

NIETZSCHE, Le crépuscule des idoles

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GRILLE DE LECTURE

Sauver le monde par la négation de Dieu, c’est un des défis les plus hardis de l’existence de l’homme. Comment concevoir un Dieu qui empêche l’homme d’être l’heureux jouisseur de ses biens, l’absolu maître de ses désirs et créations. Dieu objecte contre l’existence humaine. Nietzsche est peut-être l’un des nombreux philosophes qui en sont absolument convaincus. Nietzsche associe « Dieu » aux interdits qui empêchent le sujet de vivre selon son naturel, de faire ce qu’il désire et ce qu’il projette lui-même. Par son athéisme Nietzsche appelle de ses vœux un type d’homme nouveau qui ose aller son propre chemin en évitant deux écueils. Il veut d’abord éviter un Dieu moralisateur dont l’essence réside dans une perfection qui nous étouffe, un Etre suprême incapable de devenir, de changer, de se renouveler, donc de vivre une vie véritable. Eviter un Dieu dont le domaine est le passé parfait, l’idée conclue, le fait accompli, le jugement sans appel, la sentence définitive, car sa raideur risque toujours de se propager et d’entraver la vie ; éviter ce Dieu de la mort, mort lui-même, en tuant s’il le faut son ombre qui hante encore nos parages . Mais il veut aussi échapper à l’autre extrême, celui du nihilisme séculier et « laïc » qui rend impossible toute nouveauté véritable par manque d’imagination

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 05 février 10

« Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendus. »

VOLTAIRE, Le sottisier

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GRILLE DE LECTURE

Que l’on m’excuse de parler ici avec faste d’une cause que je ne connais pas plus que quiconque. C’est un truisme  : Nietzsche a proclamé que le corps de Dieu est en putréfaction, il a appelé l’homme à s’assumer courageusement pour que vive le Surhomme. Alors que Dieu aurait créé les hommes à son image et à sa ressemblance, les hommes sont assez responsables de leur destin pour se désolidariser de toute image invisible et de tout concept vide de Dieu, de ce Dieu cachottier. Si Dieu a vraiment créé l’homme à son image, il y a peut-être de quoi affirmer que les hommes le lui ont bien rendu en le façonnant à leur image.

Rappelons-nous les  philosophes du soupçon. Pour Freud, la foi est un symptôme à guérir. Dieu n’est que la sublimation de l’image du père. Avant Nietzsche et Freud, le brulot était déjà ouvert par Feuerbach. Ce philosophe trouve que les hommes sont des fabricateurs de dieux. Il démonte philosophiquement le mécanisme de la machine dans ce qu’il appelle L’essence du christianisme. La religion est l’expression du sentiment et de l’imagination. Il affirme que l’homme créa Dieu à son image, car l’homme était déjà Dieu lui-même. La phrase de Voltaire est ainsi renversée. L’évacuation de Dieu de l’univers imaginatif de l’homme est la condition pour le rendre désormais responsable de sa vie.

Nos contemporains aussi pensent qu’au silence de Dieu doit correspondre le silence sur Dieu. Comme si cela ne suffisait pas, ils parlent de Dieu comme d’un criminel de guerre, pendant qu’il se plairait à voir mourir ses fils d’Haïti ; ils diffament Dieu, ils égrènent des chefs d’accusation contre lui, et c’est à peine que Dieu n’ait pas été re-condamné à mort après l’épisode de Pilate, cette fois-ci par pendaison un peu comme en Irak.  On parle désormais de laïcité comme d’une religion sociale. En fait, affirmer désormais publiquement son identité religieuse  (comme en ont droit les athées) devient une injure. Ainsi, la rhétorique est dorénavant bien proportionnée : plus de signes religieux ostensibles sur les places publiques. Si celui-là qui se donne pour nom Dieu a créé l’homme à son image,  comment les hommes ne le lui auront-ils pas bien rendu ? N’est-ce pas que Dieu doive être humanisé pour que l’homme soit divinisé ? L’humanisme de l’homme-Dieu est promis à un lendemain philosophique intéressant.

Emmanuel AVONYO, op

L’academos

Sommaire

Pensée du 16 octobre

«L’art est la plus haute puissance du faux, il magnifie le « monde en tant qu’erreur », il sanctifie le mensonge, il fait de la volonté de tromper un idéal supérieur »

Gilles DELEUZE, Nietzsche et la philosophie

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GRILLE DE LECTURE

La question de la vérité se retrouve au point de croisement de l’esthétique et de la philosophie. Dans ce réquisitoire dressé contre l’art, le paradoxe de l’énoncé est évident et relance le débat autour du vrai visage de Nietzsche. Nietzsche, on le sait, n’a cessé jamais d’affirmer que l’art avait plus de valeur que la vérité (celle des philosophes s’entend) et que nous avions l’art pour ne pas périr de la vérité. En détruisant le platonisme et les apparences sensibles, en faisant du monde intelligible une fable (Le Crépuscule des idoles), Nietzsche fait de l’art l’une des formes de connaissances les plus hautes. C’est avec juste raison que l’on peut se demander si le philosophe voudrait ici reprendre le manteau des classiques qui faisaient de la beauté esthétique une représentation sensible et dégradée du vrai ? Rien n’est moins sûr.

Certes, selon Deleuze, l’art nietzschéen est une puissance du faux, il sanctifie le mensonge dans un monde erroné. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Car c’est parce que l’art est faux qu’il est vrai dans l’acception nietzschéenne. Cela s’explique par le fait qu’il ne prétend pas s’élever au-dessus du relativisme de la vie. L’art se présente honnêtement comme une interprétation. Ce faisant, l’art est en accord avec le caractère perspectif de l’existence dont tous nos jugements ne sont que des symptômes, de simples évaluations. Si la vérité artistique est effectuation de la puissance du faux, l’artiste est un chercheur de cette vraie vérité. L’artiste, en traduisant le mensonge du réel en toute vérité, est le seul qui en mentant, ne ment pas. C’est peut-être ce qui fait dire à Deleuze qu’il fait de la volonté de tromper un idéal supérieur. Pour Nietzsche, l’art a une fonction de connaissance, une vocation à traduire une réalité plus réelle que celle des philosophes. Et la pensée du philosophe-artiste, pour être en phase avec la vie, ne doit plus surplomber la vie, elle doit en devenir l’expression la plus amicale.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 15 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE>>>

Pensée du 13 octobre

« L’idée de Dieu fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence. Nous nions Dieu… par là seulement nous sauvons le monde. »

NIETZSCHE, Le crépuscule des idoles

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GRILLE DE LECTURE

Nietzsche associe « Dieu » aux interdits qui empêchent le sujet de vivre selon son naturel, de faire ce qu’il désire et ce qu’il projette lui-même. Par son athéisme Nietzsche appelle de ses vœux un type d’homme nouveau qui ose aller son propre chemin en évitant deux écueils. Il veut d’abord éviter un Dieu moralisateur dont l’essence réside dans une perfection qui nous étouffe, un Etre suprême incapable de devenir, de changer, de se renouveler, donc de vivre une vie véritable. Eviter un Dieu dont le domaine est le passé parfait, l’idée conclue, le fait accompli, le jugement sans appel, la sentence définitive, car sa raideur risque toujours de se propager et d’entraver la vie ; éviter ce Dieu de la mort, mort lui-même, en tuant s’il le faut son ombre qui hante encore nos parages . Mais il veut aussi échapper à l’autre extrême, celui du nihilisme séculier et « laïc » qui rend impossible toute nouveauté véritable par manque d’imagination

Mervy Monsoleil AMADI, op

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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Pensée du jour du 18 septembre

« Qu’avons-nous fait, à désenchaîner cette terre de son soleil ? Ne sommes-nous pas précipités dans une chute continue ? N’errons-nous pas comme à travers un néant infini ? N’entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ont enseveli Dieu ? Ne sentons-nous rien encore de la putréfaction divine ? Les dieux aussi se putréfient. Dieu est mort ! Et c’est nous qui l’avons tué. »

Friedrich NIETZSCHE, Le Gai Savoir

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