Archive for the ‘SAGESSE’ Category

Pensée du 13 septembre 11

« … Si les citoyens pratiquaient entre eux l’amitié, ils n’auraient nullement besoin de la justice ; mais, même en les supposant justes ils auraient encore besoin de l’amitié ; et la justice, à son point de perfection, paraît tenir de la nature de l’amitié ».

Aristote, Ethique de Nicomaque /VIII, I, GF Flammarion, p. 230.

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Pensée du 12 septembre 11

« (…) L’étonnement philosophique … suppose dans l’individu un degré supérieur d’intelligence, quoique pourtant ce n’en soit pas là l’unique condition ; car, sans aucun doute, c’est la connaissance des choses de la mort et la considération de la douleur et de la misère de la vie qui donnent la plus forte impulsion à la pensée philosophique et à l’explication métaphysique du monde. Si notre vie était infinie et sans douleur, il n’arriverait à personne de se demander pourquoi le monde existe, et pourquoi il a précisément telle nature particulière ; mais toutes choses se comprendraient d’elles-mêmes. »

A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, suppl. au livre Ier, c. 17, « Sur le besoin métaphysique de l’humanité », tr. Burdeau, Paris, PUF, pp. 851-852.

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Pensée du 11 septembre 11

« Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas; il a des chefs et non pas des maîtres; il obéit aux Lois, mais il n’obéit qu’aux Lois et c’est par la force des Lois qu’il n’obéit pas aux hommes ».

Rousseau, Lettres écrites de la Montagne, huitième.

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Pensée du 10 septembre 11

« Le passage du présent à un autre présent, je ne le pense pas, je n’en suis pas le spectateur, je l’effectue, je suis déjà au présent qui va venir comme mon geste est déjà à son but, je suis moi même le temps, un temps qui « demeure » et ne « s’écoule » ni ne « change » comme Kant l’a dit dans quelques textes. »

Merleau Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard, p. 482.

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Pensée du 08 septembre 11

« … L’étonnement du savant ne se produit qu’à propos de phénomènes rares et choisis, et que tout son problème se réduit à ramener ce phénomène à un autre plus connu. Plus un homme est inférieur par l’intelligence, moins l’existence a pour lui de mystère. Toute chose lui paraît porter en elle-même l’explication de son comment et de son pourquoi. Cela vient de ce que son intellect est encore resté fidèle à sa destination originelle, et qu’il est simplement le réservoir des motifs à la disposition de la volonté ; aussi, étroitement uni au monde et à la nature, comme partie intégrante d’eux-mêmes, est-il loin de s’abstraire pour ainsi dire de l’ensemble des choses, pour se poser ensuite en face du monde et l’envisager objectivement, comme si lui-même, pour un moment du moins, existait en soi et pour soi. »

A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, suppl. au livre Ier, c. 17, « Sur le besoin métaphysique de l’humanité », tr. Burdeau, Paris, PUF, pp. 851-852.

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Pensée du 07 septembre 11

(…) Une fois démontré que tout le monde est philosophe, chacun à sa manière, il est vrai, et de façon inconsciente – car même dans la manifestation la plus humble d’une quelconque activité intellectuelle, le « langage » par exemple, est contenue une conception du monde déterminée -, on passe au second moment, qui est celui de la critique et de la conscience, c’est-à-dire à la question : est-il préférable de  » penser  » sans en avoir une conscience critique, sans souci d’unité et au gré des circonstances, autrement dit de « participer  » à une conception du monde  » imposée mécaniquement par le milieu ambiant (…) ou bien est-il préférable d’élaborer sa propre conception du monde consciemment et suivant une attitude critique et par conséquent, en liaison avec le travail de son propre cerveau, choisir sa propre sphère d’activité, participer activement à la production de l’histoire du monde, être à soi-même son propre guide au lieu d’accepter, passivement et de l’extérieur, une empreinte imposée à sa propre personnalité ?

A.GRAMSCI, Introduction à l’étude de la philosophie et du matérialisme historique, Editions sociales, 1977.

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Pensée du 06 septembre 11

« Un pardon qui pourrait venir après la justice serait donc un pardon qui militerait pour la justice, qui chercherait à rétablir la réciprocité rompue par le tort, l’injure ou l’agression. Ou plus exactement, si l’universel problème de la loi de réciprocité des échanges humains est de fonder les bons échanges tout en arrêtant les mauvais, le pardon rend ici visible ce sens de la justice qui dit tout peut recommencer à condition de ne pas recommencer la violence. Il s’agit donc de trouver une « dernière violence », qui répare la violence précédente. Se présentent alors deux possibilités : soit la punition, qui fait payer par une douleur physique une faute morale, et rétablit ainsi l’équivalence entre le mal subi et le mal agi ; soit « prendre sur soi », décider que la violence précédente était la dernière violence, sacrifier sa vengeance en quelque sorte et rendre le bien pour le mal. »

Olivier Abel, Publié dans Alternatives non-violentes n°84 sept. 92.

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Pensée du 05 septembre 11

« La démission de la pensée et la soumission consacrent l’écrasement et l’humiliation de l’homme sous la férule d’un Dieu hostile à la raison, un Dieu qui n’est que le déguisement du despotisme oriental »

Towa M., L’idée d’une philosophie négro-africaine, Yaoundé, CLE, 1997 (1979), p. 21.

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Pensée du 03 septembre 11

« Tout plaisir et toute peine possèdent une manière de clou avec quoi ils clouent l’âme au corps et la fichent en faisant qu’ainsi elle a de la corporéité, qu’elle juge de la vérité des choses d’après les affirmations mêmes du corps.»

PLATON, Phédon

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Pensée du 31 août 11

« Agis toujours de telle sorte que tu puisses ériger la maxime de ton action en loi universelle… Agis toujours de sorte que tu traites l’humanité en ta personne et en la personne d’autrui, comme une fin et jamais comme un moyen… Agis toujours comme si tu étais législateur en même temps que sujet. »

KANT, Critique de la raison pratique

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