Posts Tagged ‘Bergson’

Pensée du 15 mai 10

« Depuis l’origine de la philosophie, la question du « summum bonum », ou, en d’autres termes, du fondement de la morale, a été considérée comme le plus important des problèmes posés à la pensée spéculative »

John Stuart Mill, L’utilitarisme

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GRILLE DE LECTURE

L’utilitarisme de John Stuart Mill a été publié en 1863. Sa philosophie pratique y a acquis sa forme définitive. Ce disciple de Bentham, fidèle à la tradition empiriste anglaise, est un des tenants de la morale utilitariste. En consacrant sa réflexion à l’expérience morale, il s’est attelé à donner à la morale une conscience, le sentiment d’un devoir et d’une obligation morale. Car depuis l’origine de la philosophie, depuis le temps où le jeune Socrate écoutait le vieux Protagoras, le problème central de la pensée aura été la question du critérium du bien et du mal.

Mais la pensée spéculative lui paraît avoir été incapable de faire face adéquatement à ce problème axiologique, qui a divisé selon lui d’éminents penseurs en sectes et écoles dressées les unes contre les autres. Même si une situation analogue règne dans beaucoup d’autres sciences, il lui importe qu’un fondement soit fourni à la morale. Le Sommum bonum, le sommet du bien ou la norme du bien pose le problème du critérium du bien et du mal. Ce critérium devrait permettre de déterminer avec certitude ce qui est bien ou mal. L’attachement de John Stuart Mill à la morale (au problème moral) s’explique par l’importance qu’elle revêt dans le champ de l’action humaine.

Comme Bergson, John Stuart Mill pensait qu’il fallait agir en homme de pensée et penser en homme d’action. Au sein du courant utilitariste, il était un révolutionnaire par rapport à son maître Bentham. Pour John Stuart Mill, il ne s’agissait pas seulement de chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l’intérêt de l’individu à l’intérêt universel, mais il était aussi convaincu qu’on trouve d’autant mieux le bonheur personnel qu’on le cherche moins, et que l’on le trouve en travaillant à l’amélioration de la condition humaine. Il s’est battu entre autres pour le suffrage des femmes, la représentation proportionnelle, les réformes de structure orientées vers le socialisme.

Emmanuel AVONYO, op

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Pensée du 08 février 10

« De la joie, nous dirons qu’elle est un acte ; et du bonheur, nous dirons qu’il est constitué par l’ensemble des actes de joie lorsqu’ils sont des actes substantiels. »

Robert Misrahi, Le bonheur, Essai sur la joie

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GRILLE DE LECTURE

Point n’est besoin de surcharger le sens d’une pensée aussi limpide, dirait-on. Les eaux dormantes, les pensées simples, sont d’une profondeur insoupçonnée. Robert Misrahi nous invite donc à une nouvelle randonnée métaphysique d’exploration du sens de l’existence. Choisissons cet angle d’attaque : comment la joie devient-elle (est-elle) un acte substantiel ? Voilà qui nous introduit dans une phénoménologie de la joie. Pour être une attitude intentionnelle, c’est-à-dire un désir actif par lequel l’individu donne valeur aux événements qui le réjouissent, la joie est un sentiment qui ne se réduit pas à l’état d’une sensibilité passive. Ce n’est qu’un premier niveau de sens qui faudra dépasser.

Certes, la joie est un acte parce qu’elle est de l’ordre de l’intentionnalité, elle est une véritable activité de la conscience orientée vers un objet. Elle est une attitude librement choisie et librement maintenue en vie et en acte à travers l’écoulement actif du temps. Ainsi, pour Robert Misrahi, la joie s’oppose aux purs plaisirs passifs issus des besoins et de leur satisfaction. Elle est un acte qui a de la substance. La joie devient un acte substantiel quand elle est perçue comme partie constituante du bonheur d’une existence. Pour que la joie puisse remplir cette fonction, elle ne sera donc plus réduite au plaisir (Epicure),  à la perfection du plaisir (Aristote), à la joie de la contemplation (Platon, Schopenhauer), à la joie de l’amour (Sartre), à la joie de la création (Bergson), à l’accroissement de notre puissance d’exister (Spinoza), à la joie du oui dans la tristesse du fini (Ricœur).

Toutes ces définitions de la joie repèrent, selon Misrahi, un noyau de sens qui reste non élucidé. La joie comme forme affirmative du désir est un événement intégrateur de la conscience qui revêt non seulement une dimension réflexive (comme acte conscient) mais surtout une dimension fondatrice (décisive et essentielle à l’homme). En effet, pour s’intégrer dans l’ensemble durable d’une existence heureuse, la joie doit dépasser un simple sentiment actif pour devenir un acte substantiel où l’individu se saisit comme la source du sens qu’il veut donner à son existence, la source de validité des raisons qui font son bonheur. La joie comme intuition se redouble ici d’une adhésion réflexive et fondatrice, elle nous fait transcender le temps qui nous constitue et nous inscrit dans une dimension intemporelle. Elle nous ouvre à une sorte d’éternité où se joue une substantialité véritable qui pose un sens.

Emmanuel AVONYO, op

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Pensée du 23 novembre 09

« Depuis l’origine de la philosophie, la question du « summum bonum », ou, en d’autres termes, du fondement de la morale, a été considéré comme le plus important des problèmes posés à la pensée spéculative »

John Stuart Mill, L’utilitarisme

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GRILLE DE LECTURE

L’utilitarisme de John Stuart Mill a été publié en 1863. Sa philosophie pratique y a acquis sa forme définitive. Ce disciple de Bentham, fidèle à la tradition empiriste anglaise, est un des tenants de la morale utilitariste. En consacrant sa réflexion à l’expérience morale, il s’est attelé à donner à la morale une conscience, le sentiment d’un devoir et d’une obligation morale. Car depuis l’origine de la philosophie, depuis le temps où le jeune Socrate écoutait le vieux Protagoras, le problème central de la pensée aura été la question du critérium du bien et du mal.

Mais la pensée spéculative lui paraît avoir été incapable de faire face adéquatement à ce problème axiologique, qui a divisé selon lui d’éminents penseurs en sectes et écoles dressées les unes contre les autres. Même si une situation analogue règne dans beaucoup d’autres sciences, il lui importe qu’un fondement soit fourni à la morale. Ce critérium du bien devrait permettre de déterminer avec certitude ce qui est bien ou mal. L’attachement de John Stuart Mill à la morale (au problème moral) s’explique par l’importance qu’elle revêt dans le champ de l’action humaine.

Comme Bergson, John Stuart Mill pensait qu’il fallait agir en homme de pensée et penser en homme d’action. Au sein du courant utilitariste, il était un révolutionnaire par rapport à son maître Bentham. Pour John Stuart Mill, il ne s’agissait pas seulement de chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l’intérêt de l’individu à l’intérêt universel, mais il était aussi convaincu qu’on trouve d’autant mieux le bonheur personnel qu’on le cherche moins, et que l’on le trouve en travaillant à l’amélioration de la condition humaine. Il s’est battu entre autres pour le suffrage des femmes, la représentation proportionnelle, les réformes de structure orientées vers le socialisme.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 22 novembre

L’academos

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