« Le mal qui effraie le plus, la mort, n’est rien pour nous puisque lorsque nous existons la mort n’est pas là et lorsque la mort est là, nous n’existons plus.»
Epicure, Lettre à Ménécée
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GRILLE DE LECTURE
Il suffit d’ouvrir un peu les yeux pour voir combien la mort nous fait peur. L’homme dans des instants particuliers de sa vie, refuse son propre lieu, refuse de s’habiter, pour ne pas avoir l’idée de la mort. La mort est un événement ! Un événement qui surprend l’homme, un événement malheureux et douloureux. La mort de l’autre me rappelle ma propre mort, me rappelle ma mort prochaine. La seule chose dont l’homme est sûr c’est la « mort ». L’image de la séparation avec ce monde, avec la famille, les amis etc., la représentation de l’Hadès, de ce lieu inférieur où séjourneront les morts, le non-retour des morts sont autant de choses qui font peur.
La mort, une réalité incontournable, est la seule chose dont la vérité est certaine pour l’homme. L’homme est malheureux, angoissé, parce que son existence se situe dans les limites d’une naissance dont l’instant originel lui échappe et la certitude d’une mort prochaine qui advient mais dont le moment précis lui échappe. Pour réparer cette peur qui hante l’homme, Epicure nous invite à une vision optimiste de la mort. Le commun des mortels, tantôt fuit la mort comme le plus grand des maux, tantôt la désire comme le terme de ses misères. Le sage, par contre, ne fait pas fi de la vie et ne craint pas la mort, car la vie ne lui est pas à charge et il ne considère pas la non-existence comme un mal. La conscience du fait que la mort n’est rien et que la vie est éphémère nous ôte le désir de l’immortalité.
Cependant, il convient à l’homme de mourir au moment opportun. Le sage n’hésitera pas à sortir de la vie quand cela lui semble opportun. Dans le choix de la mort volontaire, Épicure recommande l’ataraxie, c’est-à-dire la réflexion calme et sereine. L’amitié et les conversations, douces et spirituelles, avec ses amis sont pour Épicure le plus grand bonheur de la vie. Il n’est donc pas étonnant qu’il conseille au sage de mourir pour ses amis lorsque l’occasion se présente et que lui-même, pourtant accablé de douleurs indicibles, s’éteignit, sans perdre sa paix intérieure, en buvant du vin dans un bain chaud et en se souvenant avec joie des discussions agréables en bonne compagnie.
Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op
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