Posts Tagged ‘Mervy Monsoleil Amadi’

Pensée du 20 novembre 09

« Le sens de la recherche herméneutique est de dévoiler le miracle de la compréhension et non pas la communication mystérieuse des âmes ».

Hans Georg GADAMER, Le problème de la conscience historique

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GRILLE DE LECTURE

L’objectif que Gadamer assigne à son herméneutique est le comprendre en tant que tel. En passant, nous pouvons dire que Gadamer est tributaire de l’herméneutique existentiale du Dasein qu’avait élaborée Heidegger. Il suit l’analyse heideggérienne de la temporalité du Dasein, et souligne que comprendre n’est pas un mode de comportement d’un sujet parmi d’autres, mais un mode d’être du Dasein lui-même. Dans le même sens, on pourrait dire que l’herméneutique qui, pour Gadamer, est synonyme de compréhension est le mode d’être par excellence du Dasein.

En suivant Heidegger, l’herméneutique gadamérienne se démarque de l’herméneutique subjectivo-psychologique de Schleiermacher où il s’agit d’un acte divinatoire, de la communion mystérieuse des âmes. Pour Schleiermacher l’esprit dans son dynamisme créateur recèle toujours une marge inattendue. Et c’est ce qui doit orienter la tâche de l’herméneute. C’est en cela qu’il appelle à l’herméneute ou l’interprète d’une œuvre à s’identifier à la vie intérieure et extérieure de l’auteur de celle-ci par une approche quasiment divinatoire.

Gadamer fidèle disciple de Martin Heidegger jusqu’à un moment donné pense que la compréhension d’un texte est déterminée par la pré-compréhension de l’interprète. C’est pour cela qu’il considère que l’anticipation du sens qui nous amène à comprendre un texte n’est pas un acte subjectif, mais elle est déterminée par le lien commun avec la tradition. C’est en ce sens qu’il affirme que « Le sens de la recherche herméneutique est de dévoiler le miracle de la compréhension et non pas la communication mystérieuse des âmes ».

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 1er novembre

« La raison est identifiée sans réserve avec l’aptitude à s’émanciper et avec la sensibilité aux malheurs de ce monde. Elle est toujours décidée à défendre les intérêts de la justice, du bien-être et de la paix. Contre le dogmatisme se dresse une raison décidée ».

Jürgen HABERMAS, Théorie et pratique

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GRILLE DE LECTURE

Habermas affirme à plusieurs reprises que sa réflexion est en continuité avec le programme d’émancipation proposé par l’Aufklärung au XVIIIe siècle. Mais son propos ne consiste pas en une assomption pure et simple des intentions concrètes et historiques de l’Aufklärung. Il s’agit plutôt de repenser un projet d’Aufklärung pour notre situation actuelle en nous reliant aux catégories de base du mouvement intellectuel et pratique de l’Aufklärung classique.

D’une part, l’Aufklärung considérait comme pratique raisonnable la libération des contraintes imposées de l’extérieur, la libération des rapports sociaux et politiques oppressifs. D’autre part, elle concevait la théorie, obéissant à l’intérêt commandant la libération, comme un progrès vers la raison. L’intérêt qui est à la base de la connaissance est, pour le siècle des Lumières, explicitement critique, antidogmatique : il suppose l’expérience d’une émancipation humaine conquise par la compréhension des rapports de force dont l’objectivité et la validité ne tiennent qu’au fait qu’ils ne sont pas élucidés.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 31 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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Pensée du 29 octobre

« Ce sont les questions qui font le philosophe ».

Paul VALERY, Tel quel

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GRILLE DE LECTURE

Le philosophe est un quêteur, pas un quêteur d’autre chose mais de la sagesse. En sachant qu’il ne sait rien, il se met en route et va à la recherche du savoir, la connaissance, la sagesse. Nous sommes tous des ignorants mais à la différence du commun des mortels, le philosophe est un ignorant insatisfait. L’insatisfaction du philosophe est cela qui le met en route. Il ne se satisfait pas de cela qui lui est donné, il veut voir clair. Le voir clair traduit l’idée de la vérité, de la lumière.

Si nous regardons de plus près, le premier effet de la recherche de la lumière est de nous détacher de ce premier rapport que nous avons au monde, de cette foi primordiale que nous avons dès l’instant où nous ouvrons nos yeux. Et ce premier pas est plus difficile, parce que l’accoutumance au monde et nous-mêmes finit par nous faire admettre que tout va de soi, que les choses sont ce qu’elles sont dans des rapports absolument stables qui ne sont susceptibles d’aucune révision. Dans un tel univers nous regardons les choses sans vraiment les voir, sans faire sérieusement attention à elles. Dans un tel univers, seul peut connaître celui qui a l’esprit éveillé ; l’esprit éveillé dit l’attitude de celui qui ne reste pas collé aux choses, celui qui se laisse interroger par les choses, en clair, celui qui se questionne et questionne les choses. Le questionnement est le point zéro de toute connaissance, c’est là que commence la quête du savoir. Si le philosophe est caractérisé par les questions c’est parce qu’il est amoureux de la sagesse. Les questionnements du philosophe ne sont pas des paroles creuses et oiseuses déconnectées de la réalité mais des paroles qui s’enchevêtrent à la racine de l’Etre. Le philosophe interroge et se laisse interroger. Il n’attend de réponse à aucune de ses questions puisqu’ à chaque fois, les réponses à ses questions deviennent encore d’autres questions. Désormais, c’est dans son rapport au monde que quelque chose vient l’interroger,  l’invitant à se détacher de ses certitudes premières.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 28 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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