Posts Tagged ‘le problème de la conscience historique’

Pensée du 1er Juin 10

« L’apparition d’une prise de conscience historique constitue vraisemblablement la révolution la plus importante de toutes celles que nous avons connues après l’avènement de l’époque moderne. »

Hans Georg GADAMER, Le problème de la conscience historique

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GRILLE DE LECTURE

On peut affirmer sans risque de se tromper que la conquête du savoir humain et la responsabilité qu’elle implique face au progrès et à l’avenir sont les deux faits majeurs qui caractérisent notre époque post moderne. Ces faits nous situent au centre du problème de la conscience historique. L’un des fondateurs de la théorie moderne de l’interprétation, Wilhelm Dilthey, a été présenté comme le « père » du concept de conscience historique parce qu’il proposait de faire passer la pensée humaine d’une critique de la raison pure à une critique de la raison historique, autrement dit, d’une raison soucieuse de son pouvoir de connaissance à une raison consciente de son conditionnement historique. Après lui, la question de la conscience historique a profondément marqué la plupart des sciences de l’esprit (philosophie, théologie, histoire, sociologie, psychologie…) Pour comprendre que l’apparition d’une prise de conscience historique est la plus importante révolution que l’époque post moderne ait connue, il nous faut examiner de près le concept de conscience historique. Nous pourrons explorer trois niveaux de lecture.

Premièrement, la conscience historique suppose que le sujet humain prenne conscience du devenir historique, du changement et de l’évolution dans le temps. Car, la conscience historique procède de l’autoconscience du mouvement temporel qui détermine la nature humaine. En clair, elle est la conscience du sujet qui sait qu’il est non seulement un être temporel, un être historique, mais aussi un être créateur d’histoire, un « faiseur » d’histoire. C’est pourquoi l’homme heideggérien est un être jeté dans l’histoire, qui se projette lui-même dans les limites du temps, et fait l’expérience de l’historicité dans l’être-avec les autres. Cet être-avec est un créer-ensemble. Les faits étant transitoires, c’est l’homme qui les vit et les reconstitue (dans un rapport réflexif) sous forme d’événements historiques auxquels il donne un sens et où il s’insère lui-même. A un deuxième niveau, la conscience historique peut être prise comme la perception d’un sens historique. Avoir le sens de l’histoire c’est avoir conscience de la tension constante de l’homme vers une réalisation. La conscience historique permet donc de réaliser un équilibre entre le caractère fragmentaire, inconsistant des événements historiques et l’idée d’une universalité ou d’un absolu qui les englobe et leur donne sens dans une structure individuelle ou collective (sociale).

Au dernier niveau, la conscience historique se présente comme ce qui rend possible la connaissance historique. Pour parvenir à un savoir historique objectif, l’homme doit acquérir la conscience historique (dans sa troisième acception), c’est-à-dire se comprendre comme étant inséré dans un horizon toujours plus vaste où l’accueil de la tradition est une condition nécessaire de survie au présent. Connaître l’histoire c’est assumer un héritage qui nous dépasse et dont nous sommes le produit. Récapitulons-nous : la conscience historique invite à se saisir comme un être historique créateur d’histoire, un être tendu vers son accomplissement historique (réalisation sociale, professionnelle, religieuse…), et un être inséré dans une histoire dont l’horizon reste ouvert. Conscient du passé que l’on porte, et éclairé par le présent que l’on habite, celui qui se comprend comme une personne historique doit se projeter dans le futur, avec un regard sur ce qui nous éclaire et le temps que nous habitons. Il semble que cette idée ait révolutionné la pensée de notre temps.

Emmanuel AVONYO, op

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Pensée du 21 mars 10

« La compréhension est le mouvement même de la ‘‘Transcendance’’».

Hans Georg GADAMAER, le problème de la conscience historique (p. 51)

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GRILLE DE LECTURE

Avec Heidegger, la compréhension n’est plus une opération qui irait  en sens inverse de celle de la vie constituante et qui lui serait postérieure. Elle est bien au contraire, le mode d’être originaire de la vie humaine elle-même. Ici se trouve le testament heideggérien légué à Gadamer. Lequel testament invite à admettre que comprendre n’est pas un mode de comportement parmi d’autres mais le mode d’être du dasein. Mais en fait que veut dire comprendre ? Une approche du concept en sa résonance allemande pourrait tracer le chemin de la réponse à la question posée.

A la lumière de cette approche, nous découvrons que le verbe comprendre (Verstehen) possède deux sens. Tout d’abord il a le même sens qu’en français lorsque nous disons, par exemple : « je comprends la signification de quelque chose ». Ensuite il signifie aussi : « s’y connaître en quelque chose ». De ces deux acceptions, la compréhension en conséquence, devient l’acte par lequel l’on communie à ce qui se pose là devant soi et qui toujours déjà entretient avec nous un lien d’amitié. La compréhension est donc une question « d’appartenance » dans la mesure où le mouvement de la compréhension est porté par le désir de faire communauté avec le sens. Au fond, il s’agit de prendre conscience que « ce que nous nous préparons à accueillir n’est jamais sans quelque résonance en nous, et il est le miroir où chacun de nous se reconnaît »[1]. De ce point de vue, il n’est pas hasardeux d’affirmer avec Gadamer que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’». Cette affirmation requiert de nous au moins une seconde de silence.

Pareil silence nous donne de comprendre en un éclair que la compréhension est le mouvement même de la transcendance parce qu’elle est le lieu même où se tissent silencieusement les fiançailles de l’homme d’avec la vérité (la transcendance). C’est donc cette vérité qui suscite en l’homme son désir, sa soif de comprendre. Dès lors, dire que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’ revient à dire que la compréhension a un poids ontologique et que « toute compréhension commence par le fait que quelque chose nous appelle »[2]. Elle est une détermination transcendantale qui donne à l’herméneutique une nouvelle dimension et une portée universelle. De ce fait, toute compréhension herméneutique commence et finit par la chose même[3].


[1]Hans Georg GADAMAER, le problème de la conscience historique, trad. Pierre Fruchon, Paris, ed. Seuil, 1996, p.56.

[2] Ibidem, p.88.

[3] Ibidem, p. 90.

Klaourou Elvis Aubin

Elvis-Aubin KLAOUROU

e.klaourou@yahoo.fr

Pensée du 20 novembre 09

« Le sens de la recherche herméneutique est de dévoiler le miracle de la compréhension et non pas la communication mystérieuse des âmes ».

Hans Georg GADAMER, Le problème de la conscience historique

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GRILLE DE LECTURE

L’objectif que Gadamer assigne à son herméneutique est le comprendre en tant que tel. En passant, nous pouvons dire que Gadamer est tributaire de l’herméneutique existentiale du Dasein qu’avait élaborée Heidegger. Il suit l’analyse heideggérienne de la temporalité du Dasein, et souligne que comprendre n’est pas un mode de comportement d’un sujet parmi d’autres, mais un mode d’être du Dasein lui-même. Dans le même sens, on pourrait dire que l’herméneutique qui, pour Gadamer, est synonyme de compréhension est le mode d’être par excellence du Dasein.

En suivant Heidegger, l’herméneutique gadamérienne se démarque de l’herméneutique subjectivo-psychologique de Schleiermacher où il s’agit d’un acte divinatoire, de la communion mystérieuse des âmes. Pour Schleiermacher l’esprit dans son dynamisme créateur recèle toujours une marge inattendue. Et c’est ce qui doit orienter la tâche de l’herméneute. C’est en cela qu’il appelle à l’herméneute ou l’interprète d’une œuvre à s’identifier à la vie intérieure et extérieure de l’auteur de celle-ci par une approche quasiment divinatoire.

Gadamer fidèle disciple de Martin Heidegger jusqu’à un moment donné pense que la compréhension d’un texte est déterminée par la pré-compréhension de l’interprète. C’est pour cela qu’il considère que l’anticipation du sens qui nous amène à comprendre un texte n’est pas un acte subjectif, mais elle est déterminée par le lien commun avec la tradition. C’est en ce sens qu’il affirme que « Le sens de la recherche herméneutique est de dévoiler le miracle de la compréhension et non pas la communication mystérieuse des âmes ».

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 02 novembre 09

 

« La compréhension est le mouvement même de la ‘‘Transcendance’’».

Hans Georg GADAMAER,le problème de la conscience historique (p. 51)

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GRILLE DE LECTURE

Avec Heidegger, la compréhension n’est plus une opération qui irait  en sens inverse de celle de la vie constituante et qui lui serait postérieure. Elle est bien au contraire, le mode d’être originaire de la vie humaine elle-même. Ici se trouve le testament heideggérien légué à Gadamer. Lequel testament invite à admettre que comprendre n’est pas un mode de comportement parmi d’autres mais le mode d’être du dasein.

Mais en fait que veut dire comprendre ? Une approche du concept en sa résonance allemande pourrait tracer le chemin de la réponse à la question posée. A la lumière donc de cette approche, nous découvrons que le verbe comprendre (Verstehen) possède deux sens. Tout d’abord il a le même sens qu’en français lorsque nous disons, par exemple : « je comprends la signification de quelque chose ». Ensuite il signifie aussi : « s’y connaître en quelque chose ». De ces deux acceptions, la compréhension en conséquence, devient l’acte par lequel, l’on communie à ce qui se pose là devant soi et qui toujours déjà entretient avec nous un lien d’amitié. La compréhension est donc une question « d’appartenance » dans la mesure où le mouvement de la compréhension est porté par le désir de faire communauté avec le sens.

Au fond, il s’agit de saisir que « ce que nous nous préparons à accueillir n’est jamais sans quelque résonance en nous, et il est le miroir où chacun de nous se reconnaît »[1]. De ce point de vue, il n’est pas hasardeux d’affirmer avec Gadamer que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’». Cette affirmation requiert de nous au moins une seconde de silence.

Pareil silence nous donne de comprendre en un éclair que la compréhension est le mouvement même de la transcendance parce qu’elle est le lieu même où se tissent silencieusement les fiançailles de l’homme d’avec la vérité (la transcendance). C’est donc cette vérité qui suscite en l’homme son désir, sa soif de comprendre. Dès lors, dire que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’ revient à dire que la compréhension a un poids ontologique et que « toute compréhension commence par le fait que quelque chose nous appelle »[2]. Elle est une détermination transcendantale qui donne à l’herméneutique une nouvelle dimension et une portée universelle. De ce fait, toute compréhension herméneutique commence et finit par la chose même[3].

Klaourou Elvis Aubin

e.klaourou@yahoo.fr

Pensée du 1er novembre 09

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE


[1]Hans Georg GADAMER, le problème de la conscience historique, trad. Pierre Fruchon, Paris, ed. Seuil, 1996, p.56.

[2] Ibidem, p.88.

[3] Ibidem, p. 90.