Posts Tagged ‘Phénoménologie de l’Esprit’

Pensée du 22 juin 11

« La raison cherche son autre, sachant bien qu’en lui elle ne possèdera rien d’autre qu’elle-même ; elle quête seulement sa propre infinité. »

Hegel, Phénoménologie de l’esprit

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GRILLE DE LECTURE

L’idéalisme hégélien confesse que le fini est fini de l’infini, que l’autre est l’autre du même. Le positif et le négatif, dans une relation dialectique, coexistent et vivent ensemble. C’est dans le mouvement dialectique que la raison s’altère et s’explicite dans l’histoire. Dans le mouvement dialectique la raison est en parcours d’elle-même. La raison pour autant qu’elle est raison doit se poser hors de soi. La vie est une et diverse, seul ce qui est un peut se diviser, peut s’éclater.

La raison universelle ne perd rien de son être en s’avérant, puisqu’elle se scinde de toute éternité, avant la temporalité phénoménale, elle se différencie et se divise, faisant sortir de soi autrui. La raison n’est pas solitaire et monolithique, même dans sa dimension spirituelle, c’est-à-dire avant le temps. En ce sens, la différence qui existe en l’Idée de toute éternité, devient séparation, voire négation et rupture intérieure, intériorisée, déjà dans le but de rejoindre pleinement la nature. Dans le mouvement dialectique la raison ne perd rien d’elle-même, puisque c’est elle qui se pose comme autre. Le soi dans la dialectique se pose comme autre et dans un troisième moment de la dialectique se reprend comme esprit absolu.

Le jaillissement de cette unité dans la différence est perçu par Hegel, ce penseur moderne à la frontière entre le christianisme biblique et le panthéisme romantique, dans l’histoire de Jésus-Christ. D’emblée il fixe son regard sur la croix comme le point culminant de l’incarnation (Leçons sur la philosophie de la religion, 3e partie. La religion absolue, p. 163). Parce que l’Autre éternel de Dieu est devenu mortel et qu’il est mort en effet, il est devenu pleinement homme. C’est ainsi que s’effectue la jonction entre le mode d’être divin de l’Esprit universel et son mode d’être humain. Il est donc évident que chez Hegel Dieu, l’Idée, la Raison est sans cesse en colloque et en récollection de soi d’où la célèbre affirmation : ce qui est effectif est rationnel et ce qui est rationnel est effectif.

Monsoleil-Mervy AMADI, op

 

Pensée du 15 janvier 10

« La raison cherche son autre, sachant bien qu’en lui elle ne possèdera rien d’autre qu’elle-même ; elle quête seulement sa propre infinité. »

Friedrich Hegel, Phénoménologie de l’esprit

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GRILLE DE LECTURE

L’idéalisme hégélien confesse que le fini est fini de l’infini, que l’autre est l’autre du même. Le positif et le négatif, dans une relation dialectique, coexistent et vivent ensemble. C’est dans le mouvement dialectique que la raison s’altère et s’explicite dans l’histoire. Dans le mouvement dialectique la raison est en parcours d’elle-même. La raison pour autant qu’elle est raison doit se poser hors de soi. La vie est une et diverse, seul ce qui est un peut se diviser, peut s’éclater.

La raison universelle ne perd rien de son être en s’avérant, puisqu’elle se scinde de toute éternité, avant la temporalité phénoménale, elle se différencie et se divise, faisant sortir de soi autrui. La raison n’est pas solitaire et monolithique, même dans sa dimension spirituelle, c’est-à-dire avant le temps. En ce sens, la différence qui existe en l’Idée de toute éternité, devient séparation, voire négation et rupture intérieure, intériorisée, déjà dans le but de rejoindre pleinement la nature. Dans le mouvement dialectique la raison ne perd rien d’elle-même, puisque c’est elle qui se pose comme autre. Le soi dans la dialectique se pose comme autre et dans un troisième moment de la dialectique se reprend comme esprit absolu.

Le jaillissement de cette unité dans la différence est perçu par Hegel, ce penseur moderne à la frontière entre le christianisme biblique et le panthéisme romantique, dans l’histoire de Jésus-Christ. D’emblée il fixe son regard sur la croix comme le point culminant de l’incarnation (Leçons sur la philosophie de la religion, 3e partie. La religion absolue, p. 163). Parce que l’Autre éternel de Dieu est devenu mortel et qu’il est mort en effet, il est devenu pleinement homme. C’est ainsi que s’effectue la jonction entre le mode d’être divin de l’Esprit universel et son mode d’être humain. Il est donc évident que chez Hegel Dieu, l’Idée, la Raison est sans cesse en colloque et en récollection de soi d’où la célèbre affirmation : ce qui est effectif est rationnel et ce qui est rationnel est effectif.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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Pensée du 31 décembre 09

« La chose même en effet n’est pas épuisée dans la fin qu’elle vise, mais dans le développement progressif de sa réalisation, pas plus que le résultat n’est le tout effectif : il l’est conjointement à son devenir ; la fin pour soi est l’universel non vivant, de même que la tendance n’est que la pure poussée de son effectivité et que le résultat nu est le cadavre qui a laissé cette tendance derrière lui. »

HEGEL, Phénoménologie de l’Esprit

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GRILLE DE LECTURE

« La philosophie doit être une science. Dans toute science et encore plus en philosophie, nous sommes conduits à méconnaître l’essence même de ce qu’est le travail scientifique en considérant que la science réside d’abord dans ses résultats ultimes (les lois, les thèses), résultats universels qui nous permettraient de tenir pour inessentiels les développements qui y conduisent. C’est bien ainsi que généralement on apprend les sciences de la nature et les mathématiques dans le cadre scolaire. (C’est contre cette conception commune que Hegel fait cette affirmation).

Nous avons ici un premier aperçu de ce qu’est la manière dont procède Hegel. Alors que l’entendement (« l’entendement abstrait ») sépare et oppose les catégories (fin/processus par exemple), la véritable science philosophique doit en saisir l’unité et c’est seulement dans la saisie de cette unité que le savoir atteint la chose même.

Le résultat pensé indépendamment du processus est un « cadavre », la vie l’a déserté, ne cessera de répéter Hegel. On le sait bien en philosophie : les thèses de Descartes, on s’en moque, elles ne seraient que des « citations », des opinions d’un philosophe illustre, comme on les recueillait jadis pour servir de vade me cum aux étudiants et comme telles elles n’auraient aucun intérêt, sauf pour les collectionneurs. Ce qui compte, ce sont les problèmes posés par Descartes et ces longues chaînes de raisons qui nous mènent au cœur de sa pensée. Mais c’est aussi vrai dans les sciences de la nature ou même en mathématique : un théorème, c’est le résultat et sa démonstration. Mais inversement, il est impossible de penser le mouvement, le processus sans penser sa fin puisque sa fin est ce qui lui donne forme et sens ; un mouvement sans fin est informe et, au fond impensable.

Voilà ce que c’est que penser « l’unité des contraires » qui caractérise la « dialectique » de Hegel. Voilà ce qui est à l’œuvre dans la pensée philosophique. On – c’est-à-dire l’opinion, la doxa au sens de Platon – on a coutume de voir dans la succession des systèmes philosophique la contradiction (Aristote contredit la théorie platonicienne des idées, Hegel contredit Kant, etc.) Mais il faut au contraire y saisir « le développement progressif de la vérité ». Chaque philosophie est un « moment » d’une « unité organique ». Il faut donc apprendre à « reconnaître dans la figure de ce qui semble conflictuel et en contrariété avec soi autant de moments mutuellement nécessaires.»

Par Denis Collin, philosophe