Archive for the ‘CULTURE’ Category

Pensée du 01 sepptembre 11

« L’idée d’une nécessité sans loi pourra surprendre la conscience comme entendement habituée à des catégories rigides et fixes. Pour l’entendement, n’est vrai que la régularité rigide. L’entendement n’est chez soi que dans l’univers des choses aux contours bien arrêtés. C’est pourquoi il a du mal à comprendre qu’une nécessité soit sans loi. Kant parle ici d’une nécessité n’ayant aucune raison objective à laquelle elle serait soumise. C’est la nécessité soumise seulement à soi. C’est pourquoi ici, l’imagination peut se déployer et jouer librement. Notre imagination peut nous préparer à aimer quelque chose de manière nécessaire sans aucune loi, sans une contrainte autre que celle de sa propre nécessité. »

Augustin KOUADIO DIBI, « La question du beau », Cours d’esthétique UCAO-UUA 2009.

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Pensée du 31 août 11

« Agis toujours de telle sorte que tu puisses ériger la maxime de ton action en loi universelle… Agis toujours de sorte que tu traites l’humanité en ta personne et en la personne d’autrui, comme une fin et jamais comme un moyen… Agis toujours comme si tu étais législateur en même temps que sujet. »

KANT, Critique de la raison pratique

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Pensée du 30 août 11

« L’art est la première figure de la réconciliation entre le sensible et la pensée pure, entre la réalité finie et l’infini de la liberté. Dans la nature, le regard voit bien que quelque chose brille ; désormais, il a la certitude que ce qui paraît n’est pas un accident, mais un être provenu de la profondeur de l’Idée. L’homme sait que la nature est enfant de l’Idée. Enfant désigne ce qui est né. Afin que cette naissance ne soit pas abandonnée à la contingence, l’homme veut la faire retourner à son unique sol de crédibilité. Ce sol est ce que Hegel appelle l’Esprit. »

Augustin KOUADIO DIBI, « La question du beau », Cours d’esthétique UCAO-UUA 2009.

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Pensée du 29 août 11

« C’est une extrême naïveté de s’imaginer que les autres nations renonceront à leurs intérêts primordiaux pour prendre fait et cause pour les intérêts de l’Afrique et cela parce qu’ils auront entendu les leçons de morale d’une certaine littérature africaine.»

Njoh-Mouelle Ebénézer, Jalons II. L’Africanisme aujourd’hui, Yaoundé, CLE, coll. « Point de vue », 1975, p. 58.

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Pensée du 28 août 11

« L’erreur ne s’oppose pas à la vérité comme l’oubli au souvenir, ou l’ignorance à la science. L’oubli n’est que l’absence du souvenir : il est expliqué lorsqu’on sait pourquoi les causes qui produisent le souvenir ont cessé d’agir. Mais l’erreur  n’est pas seulement l’absence de la vérité ; elle n’est pas seulement une privation ou une négation. Du moins, c’est une question de savoir si elle ne contient rien de positif. Si elle est positive, il faut expliquer comment ce caractère peut être concilié avec la certitude. Il y a donc un problème de l’erreur, intimement uni, il est vrai, à celui de la certitude, car ce serait une bizarre tentative de chercher à connaître ce qu’est l’erreur sans savoir ce qu’est la vérité. »

Victor Brochard, « De l’erreur »

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Pensée du 27 août 11

« L’idée que les prêtres veulent nous donner de la divinité n’est autre chose que celle d’une cause universelle, et de laquelle toutes les autres sont des effets. Les imbéciles, auxquels ces imposteurs se sont adressés, ont cru qu’une telle cause existait… pouvait exister séparément des effets particuliers qu’elle produit, comme si les modalités d’un corps pouvaient être séparées de ce corps, comme si la blancheur étant une des qualités de la neige, il était possible de séparer d’elle cette qualité. Les modifications quittent-elles les corps qu’elles modifient ! Eh bien ! votre Dieu n’est qu’une modification de la matière perpétuellement en action par son essence : cette action que vous croyez pouvoir en séparer, cette énergie de la matière, voilà votre Dieu. Examinez maintenant, sots adorateurs d’un tel être, de quel hommage il peut être digne ! »

Marquis de Sade, Dieu, l’immortalité de l’âme et autres chimères.

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Pensée du 26 août 11

« Le Moi peut être mis en accusation, malgré son innocence, (…), par Autrui qui l’obsède et qui, prochain ou lointain, lui impute une responsabilité, irrécusable comme traumatisme, responsabilité pour laquelle il n’avait pas pris de décision, mais à laquelle il ne peut se dérober, enfermé en soi. »

LEVINAS, Humanisme de l’autre homme

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Pensée du 25 août 11

« Combien est fort le besoin métaphysique, et combien la nature a finalement de peine à prendre congé de lui ; on peut le déduire du fait que chez l’esprit libre encore, quand il s’est débarrassé de tout ce qui est métaphysique, les plus hauts effets de l’art produisent facilement une résonance de la corde métaphysique depuis longtemps muette, même brisée. »

Friedrich NIETZSCHE, « L’art rend au penseur le cœur lourd » in Christophe BARONI, Ce que Nietzsche a vraiment dit, Verviers, 1975, p. 63.

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Pensée du 24 août 11

« C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos moeurs et nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider nos pas. Les bêtes brutes, qui n’ont que leur corps à conserver, s’occupent continuellement à chercher de quoi le nourrir ; mais les hommes, dont la principale partie est l’esprit, devraient employer leurs principaux soins à la recherche de la sagesse, qui en est la vraie nourriture ; et je m’assure aussi qu’il y en a plusieurs qui n’y manqueraient pas, s’ils avaient espérance d’y réussir, et qu’ils sussent combien ils en sont capables. Il n’y a point d’âme tant soit peu noble qui demeure si fort attachée aux objets des sens qu’elle ne s’en détourne quelquefois pour souhaiter quelque autre plus grand bien, nonobstant qu’elle ignore souvent en quoi il consiste. »

DESCARTES, Les principes de la philosophie.

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Pensée du 23 août 11

« Thalès observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds. La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie à philosopher. Il est certain, en effet, qu’un tel homme ne connaît ni proche, ni voisin ; il ne sait pas ce qu’ils font, sait à peine si ce sont des hommes ou des créatures d’une autre espèce ; mais qu’est-ce que peut être l’homme et qu’est-ce qu’une telle nature doit faire ou supporter qui la distingue des autres êtres, voilà ce qu’il cherche et prend peine à découvrir.

Plaaton, Le Théétète

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