Archive for the ‘CULTURE’ Category

Pensée du 26 mars 11

« Nous assimilons donc le système de l’inconscient à une grande antichambre, dans laquelle les tendances psychiques se pressent, telles des êtres vivants. A cette antichambre est attenante une autre pièce, plus étroite, une sorte de salon, dans lequel séjourne la conscience. Mais, à l’entrée de l’antichambre, dans le salon, veille un gardien qui inspecte chaque tendance psychique, lui impose la censure et l’empêche d’entrer au salon si elle lui déplaît. Que le gardien renvoie une tendance donnée dès le seuil ou qu’il lui fasse repasser le seuil après qu’elle ait pénétré dans le salon, la différence n’est pas bien grande (…). Tout dépend du degré de sa vigilance et de sa perspicacité (…). »

Sigmund FREUD, Introduction à la psychanalyse, III, 19, Première topique.

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Pensée du 25 mars 11

« Le droit individuel au suicide, cela se discute, le droit au suicide de l’humanité, cela ne se discute pas ».

Hans JONAS, Principe Responsabilité.

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GRILLE DE LECTURE

Hans Jonas, en pensant la technoscience dans la démesure de sa production voit que l’humanité tout entière est menacée, elle court un danger. La menace plane sur la vie de l’homme individuel et sur celle de l’humanité puisque les dégâts collatéraux de l’agir ultra-technologique de l’homme sont de plus en plus importants. Le technoscientique est en train de risquer sa vie et celle de tous ceux qui partagent les mêmes conditions d’existence que lui, ceux qui sont dans une même communauté de vie que lui. La vie de tous est pariée. Mais le pari ne concerne que soi, en ce sens que l’on ne peut risquer que ce qui nous est propre. L’on ne doit pas risquer quelque chose qui appartient aux autres. C’est pourquoi, le suicide qui est toujours un fait personnel peut se décider par celui qui veut s’ôter la vie. Lui-même réfléchit, voit les contours de son action et peut décider de l’assumer. C’est dans ce sens que Hans Jonas entend la discussion permise en ce qui concerne le suicide personnel, individuel. Vouloir se suicider, c’est vouloir délibérément s’enlever la vie. L’homme qui vit a la vie en propre, comme une propriété. On dirait qu’il est le « propriétaire » de sa propre vie.

L’humanité dépasse l’homme individuel, c’est une entité plus large qui englobe toute l’existence humaine. L’homme ressemble à une goutte d’eau dans cette mer de l’humanité. L’homme ne peut donc pas risquer la vie de toute une masse de gens. L’humanité n’est pas une personne qui peut décider de s’enlever la vie, de risquer, de parier sur quelque chose qui lui est propre. On ne peut donc discuter du suicide de l’humanité. Le suicide d’une collectivité ne peut être décidé par quelqu’un. Seule la collectivité a les droits de cession et de leg sur ses biens, ses affaires, sur ses acquis, bref, sur ce tout ce qui lui appartient et dont elle peut jouir à son aise, à sa guise. Droits et obligations à l’égard de l’autre, à l’égard de tout ce qui le fait, à l’égard de tout ce qu’il a et de tout ce qu’il est sont soulignés ici. L’éthique des relations humaines est ici revalorisée.

Aristide BASSE, op

Pensée du 24 mars 11

Ce n’est pas parce que la polis se définit par sa fonction comme la forme d’association humaine dont le telos propre est la réalisation du bien en tant que tel – et de ce fait une forme d’association qui englobe toutes les formes d’association dont le telos est la réalisation de tel ou tel bien particulier – que les citoyens de chaque polis possède les ressources rationnelles leur permettant de juger si leur cité réussit ou non à être et à agir en conformité avec la polis idéale. »

Alasdair MacIntyre, Quelle justice, quelle rationalité, Paris, PUF, 1993.

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Pensée du 23 mars 11

« A l’extérieur s’offrent à ma vue des fleurs, des figures, une multitude de couleurs, des paysages verdoyants. Je les contemple. A l’intime de moi-même, saisi par une émotion, je me surprends à murmurer d’un murmure simple : que c’est beau ! »

Augustin KOUADIO DIBI, « La question du beau », Cours d’esthétique UCAO-UUA 2009.

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GRILLE DE LECTURE

La question « qu’est-ce que le beau ? » est suscitée par deux principaux ordres de raisons : le premier est une exigence philosophique et le second, la traduction en des termes questionnants de l’émotion esthétique qui étreint tout homme à la vue du beau. Depuis Platon, philosopher exige de fonder en raison ce que l’on dit. Ainsi, afin de marcher avec assurance et pour ne pas ressembler à des voyageurs obscurs sur une terre étrange, Dibi Kouadio Augustin trouve nécessaire de se poser une question de principe : qu’est-ce que le beau ? La question du beau est à situer au fondement de celle de l’esthétique. André Lalande définit l’esthétique comme la « science ayant pour objet le jugement d’appréciation en tant qu’il s’applique à la distinction du beau et du laid. » Cette définition appelle à accorder son attention aux termes « appréciation » et « beau ». L’appréciation est, selon Dibi Kouadio Augustin, une opération de l’esprit relative non à l’existence d’un objet comme tel mais à sa valeur. Cela revient à porter un jugement sur le degré de perfection d’un objet du point de vue du vrai, du juste et du beau. La science de l’esthétique est donc le savoir spéculatif qui distingue le beau et le laid.

La question du beau, impliquée par l’exclamation émue « que c’est beau ! » devant toute œuvre de beauté, a reçu un traitement pensant chez plusieurs philosophes. C’est le cas chez Kant qui pense que le beau procure « une satisfaction libre et désintéressée». C’est bien ce que traduit la simplicité du murmure exclamatif. Le simple, c’est ce qui n’est affecté de rien, ce qui librement surgit, ce dont l’essence est spontanéité pure, sans une contrainte autre que celle de sa propre nécessité. Comme le simple, le beau est sa propre nécessité. Devant le beau, notre esprit est comme rempli par quelque chose qu’il ne peut qu’accueillir. En effet, « le beau relève de lui-même, pur et sans tâche, s’imposant à nous, dans une contrainte qui est liberté et désintéressement », affirme Dibi. Selon les catégories de Kant, du point de vue de la « qualité », le beau est présenté comme « la satisfaction sans intérêt » ; selon la « quantité », c’est ce qui plaît universellement sans concept ; d’après la « relation », le beau est une finalité sans fin ; du point de vue de la « modalité », le beau est une nécessité sans loi ».

Emmanuel AVONYO, op

 

Pensée du 22 mars 11

« L’homme conserve la possibilité – surnaturelle, certes, mais saisissable, mais concrète – de résilier le contrat par lequel il s’est librement engagé. Il peut recouvrer à chaque instant sa nudité des premiers jours de la création… Cette liberté infinie à l’égard de tout attachement, par laquelle, en somme, aucun attachement n’est définitif, est à la base de la notion chrétienne de l’âme. Tout en demeurant la réalité suprêmement concrète, exprimant le fond dernier de l’individu, elle a l’austère pureté d’un souffle transcendant. À travers les vicissitudes de l’histoire réelle du monde, le pouvoir du renouvellement donne à l’âme comme une nature nouménale, à l’abri des atteintes d’un monde où cependant l’homme concret est installé. Le paradoxe n’est qu’apparent. Le détachement de l’âme n’est pas une abstraction, mais un pouvoir concret et positif de se détacher, de s’abstraire. La dignité égale de toutes les âmes, indépendamment de la condition matérielle ou sociale des personnes (…) est due au pouvoir donné à l’âme de se libérer de ce qui a été, de tout ce qui l’a liée, de tout ce qui l’a engagée – pour retrouver sa virginité première. »

Emmanuel Levinas, Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme, Éditions Fata Morgana.

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Pensée du 21 mars 11

« L’imitation est donc loin du vrai, et si elle façonne tous les objets, c’est semble-t-il, parce qu’elle ne touche qu’à une petite partie de chacun, laquelle n’est d’ailleurs qu’une ombre. »

PLATON, La République, livre X, 598a

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GRILLE DE LECTURE

Parmi les artistes, les poètes semblent être ceux que Platon considère le plus comme des imitateurs, car ils « créent des fantômes, et non des réalités ». Contrairement au jugement de la multitude, ils ne savent pas ce dont ils parlent si bien. Et pour cause, ils n’ont accès qu’à une infime partie du réel. Les poètes sont éloignés au troisième degré du réel. On sait que Platon distingue dans La République, trois niveaux d’accès au réel, à partir de l’exemple d’un lit à représenter. L’Idée du lit, dont s’inspire le charpentier, est le degré le plus élevé de la réalité. Cependant, le lit physique, en bois, n’est que le deuxième degré d’accès à la réalité. Quant à l’apparence du lit (en peinture par exemple), elle est le troisième degré du réel. On comprend pourquoi pour Platon, les poètes, rivés à ces deux derniers degrés de réalité, sont considérés comme faisant passer l’ombre pour le vrai, la copie pour le modèle. Leur attitude est comparable à  celle des sophistes des Dialogues de Platon qui ne cultivent l’art de bien parler que pour séduire leur auditoire. Bref, les poètes, pâles imitateurs du réel, tristes fabricateurs d’illusions, éloignent de la recherche de la vérité ceux qui contemplent leurs œuvres.

La critique platonicienne des arts « mimétiques » ne revient-elle pas à lui refuser toute valeur (scientifique) ? Platon confond-il création artistique et recherche scientifique ? Une création artistique a-t-elle forcément à voir avec la vérité scientifique ? Ces questions dépassent le propos limité de cette grille de lecture. Qu’il suffise de rappeler ici la critique adressée par l’historien Erwin Panofsky à la philosophie platonicienne de l’art : « … Il n’en demeure pas moins légitime de désigner la philosophie de Platon, sinon comme une ennemie déclarée de l’art, du moins comme une philosophie étrangère à l’art. » En effet, en mesurant la valeur des productions de la sculpture et de la peinture en fonction du concept scientifique d’une vraie connaissance, c’est-à-dire du concept de la conformité à l’Idée (essence intelligible des réalités sensibles), Platon montre tout d’abord qu’une esthétique des arts plastiques est absente dans son système philosophique, ou y reçoit une valeur conditionnelle, à titre spécifique de domaine de l’esprit ; ensuite, si l’art a pour mission d’être vrai au sens idéaliste, c’est-à-dire s’il doit entrer en concurrence avec la connaissance rationnelle, son but consisterait nécessairement alors à ramener le monde visible aux Formes idéelles éternellement valables. L’art-imitation des Grecs est rejeté au profit de l’art canoniquement valable, obéissant à des règles esthétiques.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 20 mars 11

« On dispute tous les jours sur ce qu’on doit appeler esprit : chacun dit son mot ; personne n’attache les mêmes idées à ce mot, et tout le monde parle sans s’entendre. Pour pouvoir donner une idée juste et précise de ce mot esprit et des différentes acceptions dans lesquelles on le prend, il faut d’abord considérer l’esprit en lui-même. Ou l’on regarde l’esprit comme l’effet de la faculté de penser (et l’esprit n’est, en ce sens, que l’assemblage des pensées d’un homme) ; ou l’on le considère comme la faculté même de penser. Pour savoir ce que c’est que l’esprit, pris dans cette dernière signification, il faut connaître quelles sont les causes productrices de nos idées. Nous avons en nous deux facultés, ou, si je l’ose dire, deux puissances passives, dont l’existence est généralement et distinctement reconnue. L’une est la faculté de recevoir les impressions différentes que font sur nous les objets extérieurs ; on la nomme sensibilité physique. L’autre est la faculté de conserver l’impression que ces objets ont faite sur nous ; on l’appelle mémoire : et la mémoire n’est autre chose qu’une sensation continuée, mais affaiblie. Ces facultés, que je regarde comme les causes productrices de nos pensées, et qui nous sont communes avec les animaux, ne nous occasionneraient cependant qu’un très-petit nombre d’idées, si elles n’étaient jointes en nous à une certaine organisation extérieure. Si la nature, au lieu de mains et de doigts flexibles, eût terminé nos poignets par un pied de cheval ; qui doute que les hommes, sans art, sans habitations, sans défense contre les animaux, tout occupés du soin de pourvoir à leur nourriture et d’éviter les bêtes féroces, ne fussent encore errants dans les forêts comme des troupeaux fugitifs ? »

C. A. HELVETIUS, De l’esprit

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Pensée du 19 mars 11

« On nous conteste de tous côtés le droit d’admettre un psychisme inconscient et de travailler scientifiquement sur cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l’hypothèse de l’inconscient est nécessaire et que nous possédons de multiples preuves de l’existence de l’inconscient. Elle est nécessaire, parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires; aussi bien chez l’homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d’autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l’homme sain, et tout ce qu’on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d’idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l’origine, et de résultats de pensée dont l’élaboration nous est demeurée cachée. Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu’il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en fait d’actes psychiques; mais ils s’ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. Or, nous trouvons dans ce gain de sens et de cohérence une raison, pleinement justifiée, d’aller au-delà de l’expérience immédiate. Et s’il s’avère de plus que nous pouvons fonder sur l’hypothèse de l’inconscient une pratique couronnée de succès, par laquelle nous influençons, conformément à un but donné, le cours des processus conscients, nous aurons acquis, avec ce succès, une preuve incontestable de l’existence de ce dont nous avons fait l’hypothèse ».

Sigmund Freud, Métapsychologie

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Pensée du 18 mars 11

« De tout temps la recherche d’une sagesse de vie a été chose difficile et rare ; parce que l’homme, en raison même de sa complexité et de sa richesse, risque toujours de se distraire, de se laisser prendre par les problèmes immédiats et d’oublier l’essentiel, (…) ».

Marie-Dominique Philippe, Lettre à un ami. Itinéraire philosophique.

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GRILLE DE LECTURE

Dialoguer avec la tradition philosophique appelle à un retour à l’expérience immédiate. Mais cette réalité dans son état « sauvage », dans son état natif, exige de nous une purification qui est lente à se faire à cause de l’emmaillotement de notre intelligence dans l’imaginaire. C’est pourquoi, dans Lettre à un ami, cet aristotélicien essaye, en réponse à son ami, de proposer une sorte d’itinéraire précisant les grandes étapes de la réflexion philosophique. Cet ami n’est pas à chercher loin, parce que la première marque d’amitié se trouve dans la recherche commune de la vérité : « J’écris vraiment ce livre pour celui qui, en quête de vérité, est mon ami, un ami philosophe, désireux de l’être toujours plus. » La vérité qui unit les amis philosophes est celle d’une sagesse de vie, qui a malheureusement toujours été chose difficile et rare. Cette recherche devient particulièrement difficile à notre époque à cause du contexte culturel défavorable dans lequel l’homme vit.

En effet, la quête de la sagesse est perçue de nos jours comme une activité dépourvue d’intérêt, comme une nostalgie qui n’a plus de sens. Le développement des sciences et des techniques oriente les regards vers l’efficacité de l’homme. L’accroissement de son pouvoir sur la matière biologique et inerte est sa première préoccupation. Marie-Dominique Philippe souligne que le progrès de la technique a donné à l’homme des possibilités étonnantes. Là où le bas blesse, c’est que les nouvelles possibilités offertes deviennent pour l’homme une sorte d’excroissance qui le déséquilibre, qui supprime son harmonie profonde. L’homme s’est résolument mis au diapason du développement technologique. Or, lorsque le développement devient la préoccupation dominante de l’homme, il engendre fatalement un certain scepticisme à l’égard de la philosophie (surtout la métaphysique ou la philosophie première). Il devient difficile de discerner que l’intelligence humaine est faite pour aller au-delà des connaissances scientifiques, et parvenir à une vérité d’un autre caractère.

La neutralité par rapport à la négation des fins propres à l’homme orchestrée par le développement serait une sorte de compromission. Le supplément d’âme que le développement requiert de la part de l’homme serait d’inventer de nouvelles capacités d’aimer, de penser et de contempler. Ces trois capacités énoncent l’essentiel du programme qui meuble l’itinéraire philosophique de Lettre à un ami. Pour parvenir à une authentique recherche de sagesse, l’homme doit s’interroger sur ce qu’il est comme personne humaine. Il doit redécouvrir, à partir de ses propres expériences, ce qui donne à sa vie son sens : la recherche de l’amour d’amitié, de la vérité et de la contemplation.  Si l’esprit humain est fait pour chercher et contempler la vérité, le cœur humain aussi est fait avant tout pour aimer une personne humaine, pour l’aimer comme un ami. Désormais descendus au creux de la vague, les hommes doivent lutter pour la défense de la finalité de l’existence. C’est en proposant à la science d’être au service de l’homme que la philosophie comme sagesse pourrait reconquérir la place qui est la sienne.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 17 mars 11

« Dès que nous commençons à penser conformément à la philosophie, au contraire, nous voyons… que même les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problèmes auxquels on ne trouve que des réponses très incomplètes. La philosophie, bien qu’elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent le champ de notre pensée et délivrent celle-ci de la tyrannie de l’habitude. Tout en ébranlant notre certitude concernant la nature de ce qui nous entoure, elle accroît énormément notre connaissance d’une réalité possible et différente ; elle fait disparaître le dogmatisme quelque peu arrogant de ceux qui n’ont jamais parcouru la région du doute libérateur, et elle garde intact notre sentiment d’émerveillement en nous faisant voir les choses familières sous un aspect nouveau. »

Bertand Russel, Problèmes de philosophie, Petite Bibliothèque Payot, 1968, p. 183.

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