Archive for the ‘METAPHYSIQUE’ Category

Pensée du 04 octobre 11

« Le goût est la faculté de juger d’un objet ou d’une représentation par une satisfaction dégagée de tout intérêt… Le beau est ce qui est représenté, sans concept, comme l’objet d’une satisfaction universelle… Lorsque je donne une chose pour belle, j’exige des autres le même sentiment ; je ne juge pas seulement pour moi, mais pour tout le monde, je parle de la beauté comme si c’était une qualité des choses, je dis que la chose est belle… La beauté est la forme de la finalité d’un objet, en tant qu’elle est perçue sans représentation d’une fin. »

Emmanuel Kant, Critique de la faculté de juger

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Pensée du 21 septembre 11

« Unité de temps, unité d’espace, unité d’action. Les plans de réalité sont la plus petite portion de l’espace temps social. Car l’espace, le temps et la socialité sont indissociables dans un plan de réalité. L’espace-temps est confus. Le même, lieu, quelques heures plus tard, quelques mètres plus loin, est un autre plan de réalité.  Un lieu sacré ne prend son sens que par une réunion de fidèles à un moment donné. Celui qui le visite en un autre moment doit reconstituer à partir d’indices ou de vestiges l’usage régulier, et donc le sens que les objets du lieu ont pu connaître. Le temps multiplie l’espace, et la société comme séparation multiplie le tout. »

Jean-Paul GALIBERT, « Scènes de vie dans un espace confus »

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Pensée du 12 septembre 11

« (…) L’étonnement philosophique … suppose dans l’individu un degré supérieur d’intelligence, quoique pourtant ce n’en soit pas là l’unique condition ; car, sans aucun doute, c’est la connaissance des choses de la mort et la considération de la douleur et de la misère de la vie qui donnent la plus forte impulsion à la pensée philosophique et à l’explication métaphysique du monde. Si notre vie était infinie et sans douleur, il n’arriverait à personne de se demander pourquoi le monde existe, et pourquoi il a précisément telle nature particulière ; mais toutes choses se comprendraient d’elles-mêmes. »

A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, suppl. au livre Ier, c. 17, « Sur le besoin métaphysique de l’humanité », tr. Burdeau, Paris, PUF, pp. 851-852.

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Pensée du 10 septembre 11

« Le passage du présent à un autre présent, je ne le pense pas, je n’en suis pas le spectateur, je l’effectue, je suis déjà au présent qui va venir comme mon geste est déjà à son but, je suis moi même le temps, un temps qui « demeure » et ne « s’écoule » ni ne « change » comme Kant l’a dit dans quelques textes. »

Merleau Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard, p. 482.

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Pensée du 07 septembre 11

(…) Une fois démontré que tout le monde est philosophe, chacun à sa manière, il est vrai, et de façon inconsciente – car même dans la manifestation la plus humble d’une quelconque activité intellectuelle, le « langage » par exemple, est contenue une conception du monde déterminée -, on passe au second moment, qui est celui de la critique et de la conscience, c’est-à-dire à la question : est-il préférable de  » penser  » sans en avoir une conscience critique, sans souci d’unité et au gré des circonstances, autrement dit de « participer  » à une conception du monde  » imposée mécaniquement par le milieu ambiant (…) ou bien est-il préférable d’élaborer sa propre conception du monde consciemment et suivant une attitude critique et par conséquent, en liaison avec le travail de son propre cerveau, choisir sa propre sphère d’activité, participer activement à la production de l’histoire du monde, être à soi-même son propre guide au lieu d’accepter, passivement et de l’extérieur, une empreinte imposée à sa propre personnalité ?

A.GRAMSCI, Introduction à l’étude de la philosophie et du matérialisme historique, Editions sociales, 1977.

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Pensée du 04 septembre 11

« Le génie cartésien est d’avoir porté à l’extrême cette intuition d’une pensée qui fait cercle avec soi en se posant et qui n’accueille plus en soi que l’effigie de son corps et l’effigie de l’autre (…) L’existence du monde qui prolonge celle de mon corps comme son horizon ne peut plus être suspendue sans une grave lésion du Cogito lui-même qui, en perdant l’existence du monde, perd celle de son corps et finalement son indice de première personne. »

PAUL RICOEUR, Philosophie de la volonté, I

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Pensée du 03 septembre 11

« Tout plaisir et toute peine possèdent une manière de clou avec quoi ils clouent l’âme au corps et la fichent en faisant qu’ainsi elle a de la corporéité, qu’elle juge de la vérité des choses d’après les affirmations mêmes du corps.»

PLATON, Phédon

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Pensée du 02 septembre 11

 « La vérité empirique de l’homme comme esclave s’ajoute à la vérité eidétique de l’homme comme libre, elle ne la supprime pas : je suis libre et cette liberté est indisponible. »

PAUL RICOEUR , Philosophie de la volonté, I

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Pensée du 28 août 11

« L’erreur ne s’oppose pas à la vérité comme l’oubli au souvenir, ou l’ignorance à la science. L’oubli n’est que l’absence du souvenir : il est expliqué lorsqu’on sait pourquoi les causes qui produisent le souvenir ont cessé d’agir. Mais l’erreur  n’est pas seulement l’absence de la vérité ; elle n’est pas seulement une privation ou une négation. Du moins, c’est une question de savoir si elle ne contient rien de positif. Si elle est positive, il faut expliquer comment ce caractère peut être concilié avec la certitude. Il y a donc un problème de l’erreur, intimement uni, il est vrai, à celui de la certitude, car ce serait une bizarre tentative de chercher à connaître ce qu’est l’erreur sans savoir ce qu’est la vérité. »

Victor Brochard, « De l’erreur »

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Pensée du 19 août 11

« Notre époque ne se définit pas par le triomphe de la technique pour la technique, comme elle ne se définit pas par l’art pour l’art, comme elle ne se définit pas par le nihilisme. Elle est action pour un monde qui vient. Elle est action pour un monde qui vient, dépassement de son époque, dépassement de soi qui requiert l’épiphanie de l’Autre. »

Emmanuel LEVINAS, Humanisme de l’autre homme

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