Posts Tagged ‘Gabriel Marcel’

Pensée du 22 avril 11

« Plus un être est spirituellement proche de moi, moins il est objet pour moi et moins il se laisse caractériser. Il en est de même pour moi en tant que j’entretiens avec moi-même un commerce spirituel ; je ne peux pas devenir un tel pour moi. »

GABRIEL MARCEL, Journal métaphysique

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GRILLE DE LECTURE

Un être dans sa tallité (en tant que tel) est a priori un ob-jet, c’est-à-dire un être jeté, posé là devant moi ; et je peux l’observer. Un objet est distinct du moi qui peut le dévisager, du je qui le conquiert par ses sens, principalement par ses yeux. Pour être un autre, un tel, une altérité, un être a à être considéré dans sa réalité existentielle et matérielle comme quelque chose que je nie comme étant moi. Un ob-jet est alors distinct et distant de moi, je peux le caractériser pour le saisir dans sa matérialité, pour le montrer, pour le présenter. Je peux toucher un ob-jet et dire qu’il est tel ou tel en réalité. Donc je peux voir les contours d’un ob-jet, les appréhender. Caractériser un être, n’est-ce pas dire qu’il est fait de telle ou telle chose, fait de telle ou telle manière ? Cela signifie qu’on l’aurait déjà posé devant soi en le niant, c’est-à-dire en le distinguant d’un soi qui est là comme maître façonneur de sa réalité pour l’observer et le définir. Mais lorsque Gabriel MARCEL dit que « Plus un être est spirituellement proche de moi, moins il est objet pour moi et moins il se laisse caractériser », il voudrait entendre la spiritualité comme ce qui fait que l’homme ne peut considérer un autre être spirituel comme un objet. La spiritualité est ce qui laisse l’autre être devenir comme moi : il est proche de moi.

Mais l’on ne peut pas dire que l’altérité perd sa qualité d’altérité. Par l’esprit qu’il a, par l’esprit qui le fait être ce qu’il est là, il y a de quoi le considérer comme quelque chose qui est proche de soi. La spiritualité rapproche les êtres les uns des autres. C’est à dire que je me sens être comme l’autre être spirituellement proche de moi. Je le sens en moi. De même, je ne peux pas me considérer, moi qui suis un corps et un esprit comme étant distant de moi-même, comme un être partagé et déchiré en moi-même. Je suis mon corps en même temps que je suis mon esprit. Je ne peux m’objectiver sinon je perdrais mon unité intrinsèque, mon unité existentielle faite de la corporéité et de la spiritualité. Je ne peux donc pas me nier comme je ne dois pas nier les autres êtres proches de moi spirituellement. L’être est un mystère et non un problème, c’est-à-dire qu’il n’est pas quelque chose de posé hors de soi ; mais lorsqu’il constitue un mystère, il pose un problème autour de la question du sujet. Les êtres spirituels sont donc des sujets. N’est-ce pas là une éthique dans ce monde où les valeurs qui nous rassemblent et nous rapprochent sont bafouées, méconsidérées ? Tout en demeurant ce qu’il est, l’autre est proche de moi par l’esprit.

Aristide BASSE, op

Pensée du 21 février 10

« Dans quelque domaine que ce soit…, un être satisfait, un être qui déclare lui-même qu’il a tout ce qu’il lui faut, est déjà en voie de décomposition. »

Gabriel MARCEL, Etre et avoir

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GRILLE DE LECTURE

L’homme est un être de désir. Nous savons que ne peut désirer que celui qui est en manque de…, celui qui est tendu vers… Dire que l’homme est un être de désir, c’est lui reconnaître un mouvement qui lui est essentiel : celui d’une réponse ou de la recherche d’une réponse à l’appel entendu. Et c’est ce vocare qui révèle le vide et crée l’élan vers ce qui permet de combler ce vide, vers la réalité endormie qui promet une présence comblante. Le désir de l’homme est un désir sublime qui le tend vers…, qui l’élève du milieu des ténèbres caverneuses du commun des mortels. Sortant du milieu du commun des mortels, il reçoit une vocation, un appel venant de l’Etre, le convoquant à s’envoler vers la cité de la vérité. Qu’y a-t-il de plus beau à désirer sinon le désir de la lumière ? L’homme éclairé fuit les ténèbres qui sont le lieu de l’abîme, lieu où rampe la raison. Désormais, il est en quête d’une aile pour aller vers la région supérieure où l’âme, en liberté, se déploie. Qui a vu la lumière ne saurait plus la renier pour une existence inférieure, parce que l’essence de l’intelligence est d’être ouverte.

L’envoler contemplatif exige de nous un détachement, une souplesse. Comme un chercheur de la lumière de la vérité, l’homme est semblable à un pèlerin qui se détache de toutes ses bonnes recettes, pour ne recevoir que le rien de soi-même, pour ne posséder que le rien de l’aventure. Mais qui peut se satisfaire du rien ? Dans un monde absorbé par l’avoir, où l’on cherche à s’installer dans le conformisme, à s’attacher à des choses fixes, se détacher est d’ailleurs jugé comme un acte anormal, propre à quelqu’un qui n’a pas les pieds sur terre,  ainsi que le commun des mortels se plaît ironiquement à le répéter sans cesse. En un sens profondément métaphysique, celui qui refuse le détachement veut tout avoir immédiatement. Ce qui signifie qu’il cherche simplement un sol pour se reposer confortablement. Mais ce repos prolongé le rend lourd. Alors, il devient un dépôt, un déchet.

Il existe en effet, une parenté intime entre la satisfaction et la mort. La satisfaction se réalise essentiellement en quatre murs, dans ce qui est clos. Elle ne connaît pas de création et ne peut plus tirer l’âme vers l’avant. Au contraire, elle alourdit l’âme dans son envoler admiratif. Cette idée se trouve bien traduite par l’image d’un corps en putréfaction. Une fois abandonné au monde, aux forces de la nature extérieure, le corps est désormais la proie des basses vitalités de la matière qui le tirent dans toutes les directions, en le rendant de plus en plus extérieur à lui-même. C’est pourquoi le propre du cadavre est d’être en-terré c’est-à-dire mis dans la terre, dans une horizontalité décompositive.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 19 décembre 09

« En effet, toujours, l’âme se tourne vers une lumière qu’elle ne voit pas encore, vers une lumière à naître, dans l’espoir d’être tirée de sa nuit présente, nuit d’attente, nuit qui ne peut se prolonger sans la livrer à tout ce qui l’entraîne en quelque sorte organiquement vers la dissolution.»

GABRIEL MARCEL, Homo Viator

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GRILLE DE LECTURE

La longue route interrogative de Gabriel Marcel fut d’aller infatigablement à un terme, à la rencontre de cette éclosion de l’aurore. Sa pensée est un itinéraire et non pas un vagabondage, ou mieux une itinérance et non pas une errance. Elle nous convie à la conviction selon laquelle : Etre c’est être en route, et « l’âme est la voyageuse »[1]. Ici se dégage nettement la certitude de l’espérance d’un ailleurs, d’un autre royaume qui pour l’âme est la lumière d’un au-delà avant l’ici, et même plus loin qu’un là-bas qui se poserait comme un autre ici.

L’âme en est convaincue et depuis lors, elle ne cesse d’attendre et de getter l’avènement salvifique de cette lumière. Une lumière qui vient mettre fin à la passion que vit l’âme en étant dans le mont des oliviers de ce monde qui sonne creux parce que vide. Par cette conviction se dessine au moins la certitude que nulle part les morts ne sont plus rien, mais qu’« ils ont fondu dans une absence épaisse »[2].

Dans cette perspective, la mort devient une ouvrière de la vérité, car en elle cesse la dissimulation des masques des âmes[3]. Le réel que nous sommes et qui nous entoure montre bien qu’il est l’ici d’un ailleurs. Tel est en réalité le credo des métaphysiciens. Les métaphysiciens faut-il le rappeler sont ceux chez qui les soucis de la vie n’ont pas étouffé la semence de leurs questions d’enfants. Nous sommes bien dans la théologie eschatologique de Gabriel Marcel. Une eschatologie qui quoique se refusant à se représenter Dieu, perçoit le ciel comme un retour vers les siens.

Tel est le testament de sa vie qu’il donne mais avec quel accent ! Impossible de le traduire ; et c’est afin de ne pas intercepter l’écho de cette voix du cœur, de cette voix brisée, que je voudrais aussitôt me taire[4].

Elvis-Abin KLAOUROU

Pensée du 18 décembre

L’academos

Sommaire

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[1] Homo viator,  p. 10.

[2] Présence et Immortalité, p. 62.

[3] Gabriel Marcel cité par Xavier TILLIETTE, « Gabriel Marcel et l’autre Royaume », in Jean Wahl et Gabriel Marcel, p. 38.

[4] P. 56.

Qu’est-ce que l’existentialisme ?

L’Atelier des concepts, Par Emmanuel AVONYO, op

Semaine du 07 décembre 2009

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EXISTENTIALISME/1                                                                     

S’il est un mot qui semblait s’annoncer par lui-même sans erreur possible, affirme Emmanuel Mounier, c’est bien celui d’existentialisme. Mais quand il quitte la société des philosophes pour se lancer dans le monde, il va justement désigner une vogue qui fait du néant l’étoffe de l’existence. Que doit-on entendre par existentialisme chez les philosophes ? C’est la question qui nous met en mouvement. Le souci de la simplicité et de la clarté guidera nos pas à la rencontre des principaux acteurs de ce mouvement de pensée. Nous nous contenterons d’introduire aujourd’hui au concept, dans l’espoir d’aborder prochainement ce qu’on pourrait appeler les existentialismes.

Définir l’existentialisme

L’existentialisme est une des doctrines philosophiques les plus importantes de notre époque.  Il considère l’homme comme un être responsable de son destin : il crée le sens et l’essence de son existence. L’existentialisme s’adosse à une longue galerie d’ancêtres. Même si le concept est d’un emploi récent dans l’histoire de la pensée, son objectif a été énoncé depuis l’antiquité grecque. Depuis « le connais-toi toi-même » de Socrate, ou le message stoïcien de l’affrontement de son propre destin, l’histoire de la philosophie a été jalonnée d’une série de réveils existentialistes, qui ont été pour la pensée autant de conversions à elle-même, de retours à sa mission originelle.

Cette philosophie de l’homme porte sur trois grandes questions que sont l’action, la croyance et l’existence. L’existentialisme français a connu un rayonnement particulier dans le monde. Mais ses représentants sont tributaires de penseurs allemands comme Edmund Husserl, Martin Heidegger, Karl Jaspers… A preuve, l’existentialisme de Gabriel Marcel s’apparente à celle de Karl Jaspers, tandis que celui de Sartre est proche de Heidegger. La phénoménologie a constitué une source d’inspiration énorme pour l’existentialisme.

Emmanuel Mounier définit l’existentialisme « comme une réaction de la philosophie de l’homme contre les excès de la philosophie des idées et de la philosophie des choses ». Cette conception de l’existentialisme nous permet de scinder l’existentialisme en deux principales branches : l’existentialisme athée de Heidegger et Sartre et l’existentialisme chrétien dont Gabriel Marcel est le plus grand représentant. L’on aurait pu leur ajouter une branche, celle de l’existentialisme marxiste, mais il est plus commode de la rattacher aux athées, leur position dépendant largement de la doctrine de Karl Marx.

Caractériser l’existentialisme

Dans le courant athée, Jean Paul Sartre a caractérisé l’existentialisme comme la doctrine d’après laquelle « chez l’homme et chez l’homme seul, l’existence précède l’essence » Pour lui, nous existons avant d’avoir une essence déterminée, c’est-à-dire avant d’être ceci ou cela, gentil ou opiniâtre, par exemple. De plus, l’existentialisme en tant qu’un humanisme n’est pas autre chose qu’un effort pour tirer toutes les conséquences d’une position athée cohérente. Cette définition est dans une certaine mesure propre à Jean-Paul Sartre mais elle permet de fixer quelques caractéristiques générales (communes) de l’existentialisme.

  • L’existentialisme est une philosophie centrée sur l’homme et non sur le monde matériel (comme la philosophie des présocratiques ou de Descartes) ou encore sur Dieu considéré comme le fondement de toute réalité et de toute vérité.
  • Cette philosophie considère l’homme existant, dans sa réalité concrète, en situation dans le monde, et non l’essence générale de l’homme et la nature humaine qui ne sont que des abstractions. De ce point de vue, l’existentialisme s’oppose à la science qui n’a pour objet que le général. L’existentialisme étudie l’homme concret en situation et en devenir.
  • L’existentialisme est aussi une philosophie de la liberté tenue pour la caractéristique fondamentale de l’homme. Les autres vivants sont prédéterminés dans leur germe par rapport à ce qu’ils seront. Mais l’homme ne peut être empêché de se déterminer par son hérédité ou par l’action de son milieu.
  • L’existentialisme est aussi particulièrement sensible aux expériences tragiques d’inquiétude, d’échec, de mort, à travers lesquelles nous opérons la saisie de notre existence.

Au sein du courant existentialiste chrétien, il y a une philosophie proprement existentielle. On peut distinguer les existentialistes spiritualistes et les existentialistes essentialistes qui proclament la primauté de l’essence sur l’existence. La philosophie des spiritualistes est « existentielle », plutôt qu’existentialiste, en ce sens que leur mentalité est existentialiste mais leur doctrine existentielle. Dans le courant existentialiste, la tendance la plus spiritualiste est celle de Gabriel, et la plus essentialiste est défendue par Louis Lavelle. Emmanuel Mounier peut être rapproché des spiritualistes. Le fondateur de la revue Esprit milita pour le personnalisme. Ce système philosophique particulier peut se considérer comme le fond commun de tous les existentialismes qui reconnaissent la valeur inaliénable de la personne humaine.

En général, existentialisme et essentialisme se comportent en frères ennemis. N’est-il pas possible d’envisager entre  eux un rapport sans l’idée de prééminence de l’un sur l’autre ? Pour mieux comprendre les courants existentialistes, il faut saisir comment ils conçoivent l’existence.

Partir du concept d’existence

Les philosophes de l’existence se distinguent essentiellement par leur conception de l’existence. Que faut-il entendre par « existence » ?

On parle souvent de l’être comme de ce qui est ou ce qui fait être quelque chose. Ce qu’on est touche à son essence, à sa nature, à sa quiddité. Mais le fait qu’on est, c’est-à-dire, son acte d’être (Aristote) désigne son existence. Certains philosophes dont Platon pensent que sont d’abord donnés des êtres possibles, c’est-à-dire de pures essences. C’est à elles que s’ajouterait l’existence. Mais en réalité, une essence peut-elle être donnée sans existence ?

Il semble illusoire de prendre l’être possible pour de l’être, le possible n’est pas une essence. Ce n’est que l’idée d’une essence. Mais dans une philosophie où ce qui est fondamentalement, c’est l’Idée, on peut conférer l’essence à l’idée d’une essence. Cette idée existe dans l’intelligence de celui qui le conçoit parce qu’il est. Alors que Sartre aurait préféré dire, il est parce qu’il existe. Si ce qu’on est (essence) existe en chaque être, c’est encore en lui qu’est le fait qu’il est (existence). C’est pourquoi Thomas d’Aquin écrivait que « l’exister est ce qu’il y a de plus intime en chaque chose et ce qu’il y a en toute chose de plus profond. » C’est par rapport à l’acception classique de l’existence que les existentialistes se positionneront.

Le premier, Kierkegaard, serait parti de Hegel qui considérait l’existence comme une simple propriété de l’essence. Contrairement au maître, l’existentialisme de Kierkegaard soutient la primauté de l’existence sur l’essence. Exister pour l’homme, c’est être libre et responsable, c’est choisir, s’engager, se passionner. L’existant fait l’épreuve de l’angoisse par laquelle il scrute ses abîmes et butte contre le Transcendant.

Pour Jaspers, le Dasein, c’est la condition humaine, le symbole de la Transcendance. L’existence est un déchirement entre notre présence dans le monde et notre aspiration à une transcendance. L’existence est un idéal de notre moi empirique, elle exprime notre possibilité la plus profonde qui ne se réalise pleinement que dans la communication. Mon existence la plus intime est incommunicable et indescriptible.

Chez Sartre, on existe dans la mesure où on s’affirme, on se pose, on se choisit librement. Sinon, on cesse d’exister. L’essence, ce n’est pas ce qu’est une chose pour moi, mais c’est sa valeur. L’homme n’est d’abord rien, il n’est que ce qu’il se fait. C’est en cela que l’existence précède l’essence. L’existence de l’homme sartrien, c’est sa liberté. Son existentialisme qui replace l’essence dans l’existence veut partir de la subjectivité pour donner sens aux choses.

Pour Gabriel Marcel, l’existence suppose la conscience comme signe de l’existence. Mon corps me permet de prendre conscience des existants qui alimentent ma connaissance, mon affectivité et mon action. Celui qui existe, c’est celui-là qui est conscient de son être. Mon existence propre est à peine de l’être, elle appelle l’être sans fin et sans limites. Sans nier le tragique de la vie et l’expérience de l’angoisse, de l’échec, de la solitude et de la mort, Gabriel Marcel propose à l’homme de faire une expérience existentielle qui l’achemine vers l’absolu.

Pour Heidegger, les choses sont, tout simplement ; ce sont des étants. Seul l’homme existe. Sa philosophie est plus existentiale qu’existentielle. Car, contrairement à Jaspers et Sartre, il ne s’arrête pas à l’existence concrète mais veut déterminer les caractéristiques générales de l’existence : les structures ontologiques de l’existence. La description de l’être-là a pour but d’atteindre l’être même, ce qui est. La philosophie doit être une ontologie. Ce qui constitue l’être de l’homme c’est le temps, c’est la contingence, l’être-pour-la-mort. Etre et Temps de Heidegger prend le chemin de la question de l’être et de son élucidation par le temps.

Cher lecteur, voici en quelques jets et à grands traits une première peinture de l’existentialisme. Ces différentes approches du concept d’existence ne cessent d’éclairer rétrospectivement la continuité d’un courant philosophique composite et riche de nuances. L’atelier des concepts reviendra sur l’existentialisme athée et l’existentialisme chrétien dans leurs sinuosités et harmoniques distinctives.

>>> La facticité de la condition existentielle >>>

>>> L’existentialisme athée de Merleau-Ponty (1908-1961) >>>

>><L’existentialisme athée de Jean-Paul Sartre

>>> HEIDEGGER ET LA TEMPORALITE DU DASEIN

>>> PEUT-ON REINVENTER LE CONCEPT DE DEVELOPPEMENT ?

Emmanuel AVONYO, op

Sources

  • André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie,  Paris, PUF, 2006.
  • Emile Bréhier, Histoire de la philosophie, Paris, PUF, 2004.
  • Emmanuel Mounier, Introduction aux existentialismes, Gallimard, 1962.
  • Gilles Vannier, Pour comprendre l’existentialisme, Paris, L’Harmattan, 2001.
  • Jacques Mantoy, Les 50 mots-clés de la philosophie contemporaine, Privat, 1971.
  • Jacques Mantoy, Précis d’histoire de la philosophie, Paris, L’Ecole, 1966.
  • Paul Ricœur, Lectures 2, La contrée des philosophes, Seuil, 1992.
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Pensée du 23 octobre

« Dans quelque domaine que ce soit…, un être satisfait, un être qui déclare lui-même qu’il a tout ce qu’il lui faut, est déjà en voie de décomposition. »

Gabriel MARCEL, Etre et avoir

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GRILLE DE LECTURE

L’homme est un être de désir. Nous savons que ne peut désirer que celui qui est en manque de…, celui qui est tendu vers… Dire que l’homme est un être de désir, c’est lui donner un mouvement qui lui est essentiel : celui d’une réponse ou de la recherche d’une réponse à l’appel entendu. Et c’est ce vocare qui révèle le vide et crée l’élan vers ce qui permet de combler ce vide, vers la réalité endormie qui promet une présence comblante. Le désir de l’homme est un désir sublime qui le tend vers…, qui l’élève du milieu des ténèbres caverneuses du commun des mortels. Sortant du milieu du commun des mortels, il reçoit une vocation, un appel venant de l’Etre, le convoquant à s’envoler vers la cité de la vérité. Qu’y a-t-il de plus beau à désirer sinon le désir de la lumière ? L’homme éclairé fuit les ténèbres qui sont le lieu de l’abîme, lieu où rampe la raison. Désormais, il est en quête d’une aile pour aller vers la région supérieure où l’âme, en liberté, se déploie. Qui a vu la lumière ne saurait plus la renier pour une existence inférieure, parce que l’essence de l’intelligence est d’être ouverte.

L’envoler contemplatif exige de nous un détachement, une souplesse. Comme un chercheur de la lumière de la vérité, l’homme est semblable à un pèlerin qui se détache de toutes ses bonnes recettes, pour ne recevoir que le rien de soi-même, pour ne posséder que le rien de l’aventure. Mais qui peut se satisfaire du rien ? Dans un monde absorbé par l’avoir, où l’on cherche à s’installer dans le conformisme, à s’attacher à des choses fixes, se détacher est d’ailleurs jugé comme un acte anormal, propre à quelqu’un qui n’a pas les pieds sur terre,  ainsi que le commun des mortels se plaît ironiquement à le répéter sans cesse. En un sens profondément métaphysique, celui qui refuse le détachement veut tout avoir immédiatement. Ce qui signifie qu’il cherche simplement un sol pour se reposer confortablement. Mais ce repos prolongé le rend lourd. Alors, il devient un dépôt, un déchet.

Il existe en effet, une parenté intime entre la satisfaction et la mort. La satisfaction se réalise essentiellement en quatre murs, dans ce qui est clos. Elle ne connaît pas de création et ne peut plus tirer l’âme vers l’avant. Au contraire, elle alourdit l’âme dans son envoler admiratif. Cette idée se trouve bien traduite par l’image d’un corps en putréfaction. Une fois abandonné au monde, aux forces de la nature extérieure, le corps est désormais la proie des basses vitalités de la matière qui le tirent dans toutes les directions, en le rendant de plus en plus extérieur à lui-même. C’est pourquoi le propre du cadavre est d’être en-terré c’est-à-dire mis dans la terre, dans une horizontalité décompositive.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 22 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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