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Pensée du 21 mars 10

« La compréhension est le mouvement même de la ‘‘Transcendance’’».

Hans Georg GADAMAER, le problème de la conscience historique (p. 51)

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GRILLE DE LECTURE

Avec Heidegger, la compréhension n’est plus une opération qui irait  en sens inverse de celle de la vie constituante et qui lui serait postérieure. Elle est bien au contraire, le mode d’être originaire de la vie humaine elle-même. Ici se trouve le testament heideggérien légué à Gadamer. Lequel testament invite à admettre que comprendre n’est pas un mode de comportement parmi d’autres mais le mode d’être du dasein. Mais en fait que veut dire comprendre ? Une approche du concept en sa résonance allemande pourrait tracer le chemin de la réponse à la question posée.

A la lumière de cette approche, nous découvrons que le verbe comprendre (Verstehen) possède deux sens. Tout d’abord il a le même sens qu’en français lorsque nous disons, par exemple : « je comprends la signification de quelque chose ». Ensuite il signifie aussi : « s’y connaître en quelque chose ». De ces deux acceptions, la compréhension en conséquence, devient l’acte par lequel l’on communie à ce qui se pose là devant soi et qui toujours déjà entretient avec nous un lien d’amitié. La compréhension est donc une question « d’appartenance » dans la mesure où le mouvement de la compréhension est porté par le désir de faire communauté avec le sens. Au fond, il s’agit de prendre conscience que « ce que nous nous préparons à accueillir n’est jamais sans quelque résonance en nous, et il est le miroir où chacun de nous se reconnaît »[1]. De ce point de vue, il n’est pas hasardeux d’affirmer avec Gadamer que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’». Cette affirmation requiert de nous au moins une seconde de silence.

Pareil silence nous donne de comprendre en un éclair que la compréhension est le mouvement même de la transcendance parce qu’elle est le lieu même où se tissent silencieusement les fiançailles de l’homme d’avec la vérité (la transcendance). C’est donc cette vérité qui suscite en l’homme son désir, sa soif de comprendre. Dès lors, dire que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’ revient à dire que la compréhension a un poids ontologique et que « toute compréhension commence par le fait que quelque chose nous appelle »[2]. Elle est une détermination transcendantale qui donne à l’herméneutique une nouvelle dimension et une portée universelle. De ce fait, toute compréhension herméneutique commence et finit par la chose même[3].


[1]Hans Georg GADAMAER, le problème de la conscience historique, trad. Pierre Fruchon, Paris, ed. Seuil, 1996, p.56.

[2] Ibidem, p.88.

[3] Ibidem, p. 90.

Klaourou Elvis Aubin

Elvis-Aubin KLAOUROU

e.klaourou@yahoo.fr

L’être et le langage, l’originaire discursivité de l’homme

Réponse d’Elvis-Aubin KLAOUROU aux réactions de la grille de lecture de la pensée du jour du 04 novembre >>> LIRE LES PROPOS DU DEBAT)

Bien aimé autre dans le voisinage du Tout Autre,

L’Etre est ce qui fait que les choses en présence sont ce qu’elles sont. Il est ce qui sans temps vient faire irruption dans le temps pour ensuite se retirer comme un éclair. De ce point de vue, il est présence retirée mais qui n’est pas un retranchement.  Aussi en résulte-t-il que l’ETRE ne se laisse pas capturer par un énoncé puisqu’il est de sa quiddité même de se dérober en sa vérité, de s’y abriter et de s’héberger lui-même dans cet abri[1].

Pourtant il ne cesse de se dire dans le questionner suscité en l’homme. Dès lors une question se pose : sur quel mode propre de l’ÊTRE, le langage devient demeure de l’ÊTRE ? Nous pourrons provisoirement répondre que le langage en tant qu’il débouche sur la ‘‘poiésis’’ est  la demeure de l’Etre dans son mode propre, de ce qui se communique, se dit,  se donne (es gibt). L’impuissance du langage conceptuel dans ce cas devient fort heureusement ce qui conduit la pensée devant la chose.

Or si ce préalable vous agrée, vous pourrez convenir avec nous que dans ce langage, qui déborde les frontières du concept, se soustrayant ipso facto à la logique et qui se fait création, se trouve posée l’essence de l’homme, ce beau poème commencé par l’Etre. Du coup l’on pourrait sans risque d’erreurs affirmer que l’homme cohabite avec l’Etre dans le langage puisqu’il constitue leur mode d’être. Cette affirmation semble se heurter à un écueil que nous révèle votre interrogation à savoir : comment l’homme peut-il cohabiter avec l’Etre dans le langage comme lieu d’un amarrage existentiel ?

La virulence de cette question suscite en nous le besoin de faire une herméneutique du langage comme lieu de cohabitation de l’homme avec l’ETRE. A cet effet, nous voulons signifier que la cohabitation dont il est ici question tourne le dos à une quelconque familiarisation entre l’ETRE et l’homme. Il s’agit ici de comprendre que l’homme est le locataire de la maison de l’ETRE qui est le langage. L’homme donc cohabite avec l’ETRE par le biais du langage selon que l’homme se tient en présence (anwessen) de l’ouvert, une présence qui se fait écoute et obéissance à la voix de l’ETRE. Cette cohabitation ne signifie nullement possession de L’ETRE.  En ce sens, Gadamer présente l’être et le langage comme l’« originaire discursivité de l’homme » : l’élément constitutif du monde et de l’homme. Le langage est, dit-il, de l’événementiel.

C’est d’ailleurs dans cette perspective  que le caractère fugitif de l’ETRE fait venir au jour le questionner qui invite à la patience. Car savoir questionner revient à savoir attendre et même toute une vie. Parce que justement, le Dieu songeant déteste la croissance prématurée.

En outre, le caractère fugitif de l’ÊTRE ne pourrait-il pas fonder en raison ce qui fait que le Dasein prenant conscience de sa finitude est « être de projet » ? Un être pro-jet qui le mène en avant et lui donne de rencontrer l’océan de l’autre que vous présentez avec Derrida comme secret. Mais au fond, ce secret dont l’autre serait le représentant n’est-il pas justement chemin de mon humanisation ? Ce secret ne consiste-t-il pas à me révéler l’autre comme le médium de la rencontre du soi? (Cf. GADAMAER Hans Georg)

En fait ces lignes ont voulu être l’épiphanie d’une volonté de penser. Et puisque penser voudrait dire merci, voudriez vous Emmanuel (ami avec lequel nous mangeons le sel de la marche philosophique)  et vous cher internaute, lire ces lignes comme notre profonde gratitude pour l’apport que vous nous faites dans notre pèlerinage vers le Tout Autre.  Nous restons toutefois persuadé que nous nous devons de penser de façon oecuménique à cause du fait que la vérité est symphonique. Dans cette perspective, elle ne peut être trouvée qu’au moins à deux. Puissions-nous dans un proche avenir méditer vos intuitions sur la question puisque dans chaque questionner se dresse déjà le visage de la réponse.


[1] Martin Heidegger, Chemin qui ne mène nulle part, trad. Wofgang BROKMEIR, Paris, Gallimard, 1962, p. 369.

Pensée du 02 novembre 09

 

« La compréhension est le mouvement même de la ‘‘Transcendance’’».

Hans Georg GADAMAER,le problème de la conscience historique (p. 51)

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GRILLE DE LECTURE

Avec Heidegger, la compréhension n’est plus une opération qui irait  en sens inverse de celle de la vie constituante et qui lui serait postérieure. Elle est bien au contraire, le mode d’être originaire de la vie humaine elle-même. Ici se trouve le testament heideggérien légué à Gadamer. Lequel testament invite à admettre que comprendre n’est pas un mode de comportement parmi d’autres mais le mode d’être du dasein.

Mais en fait que veut dire comprendre ? Une approche du concept en sa résonance allemande pourrait tracer le chemin de la réponse à la question posée. A la lumière donc de cette approche, nous découvrons que le verbe comprendre (Verstehen) possède deux sens. Tout d’abord il a le même sens qu’en français lorsque nous disons, par exemple : « je comprends la signification de quelque chose ». Ensuite il signifie aussi : « s’y connaître en quelque chose ». De ces deux acceptions, la compréhension en conséquence, devient l’acte par lequel, l’on communie à ce qui se pose là devant soi et qui toujours déjà entretient avec nous un lien d’amitié. La compréhension est donc une question « d’appartenance » dans la mesure où le mouvement de la compréhension est porté par le désir de faire communauté avec le sens.

Au fond, il s’agit de saisir que « ce que nous nous préparons à accueillir n’est jamais sans quelque résonance en nous, et il est le miroir où chacun de nous se reconnaît »[1]. De ce point de vue, il n’est pas hasardeux d’affirmer avec Gadamer que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’». Cette affirmation requiert de nous au moins une seconde de silence.

Pareil silence nous donne de comprendre en un éclair que la compréhension est le mouvement même de la transcendance parce qu’elle est le lieu même où se tissent silencieusement les fiançailles de l’homme d’avec la vérité (la transcendance). C’est donc cette vérité qui suscite en l’homme son désir, sa soif de comprendre. Dès lors, dire que « la compréhension est le mouvement même de ‘‘la transcendance’’ revient à dire que la compréhension a un poids ontologique et que « toute compréhension commence par le fait que quelque chose nous appelle »[2]. Elle est une détermination transcendantale qui donne à l’herméneutique une nouvelle dimension et une portée universelle. De ce fait, toute compréhension herméneutique commence et finit par la chose même[3].

Klaourou Elvis Aubin

e.klaourou@yahoo.fr

Pensée du 1er novembre 09

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE


[1]Hans Georg GADAMER, le problème de la conscience historique, trad. Pierre Fruchon, Paris, ed. Seuil, 1996, p.56.

[2] Ibidem, p.88.

[3] Ibidem, p. 90.