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La représentation démocratique

L’Atelier des concepts, par Emmanuel AVONYO, op

Semaine du 15 mars 2010

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LA REPRESENTATION DEMOCRATIQUE

Le processus de démocratisation a considérablement évolué ces deux dernières décennies au point de gagner aujourd’hui les plus petits Etats du globe. Cela confirme le triomphe sans précédent de la démocratie amorcé un peu avant la fin du XXe siècle. Contrairement à la démocratie du temps de Périclès et de Platon, de nos jours le peuple élit ses propres représentants. Un peu partout dans le monde, des élections sont organisées pour désigner des responsables politiques. En Afrique, malgré les mutations politiques survenues autour des années 90, il subsiste d’énormes difficultés liées à la procédure de désignation des représentants du peuple et au respect des règles du jeu démocratique comme en témoignent les irrégularités qui entachent certains scrutins en dépit de la présence impressionnante des observateurs internationaux. On enregistre aussi des problèmes en ce qui concerne la représentation effective du peuple dans les instances décisionnelles, l’option démocratique et la participation des hommes à la vie politique de leur communauté[1].

Vu l’intérêt que cette situation représente dans la pensée politique actuelle, nous voudrions nous intéresser dans cette analyse à la question de la représentation démocratique. Nous ébauchons ainsi une réflexion de philosophie politique aux ambitions limitées qui, pourtant, est censée être poursuivie afin de s’élever à un point de vue qui puisse restaurer l’unité de sens, la portée conceptuelle ainsi que les conséquences politiques du phénomène que nous mettons en cause. Nous nous limitons aujourd’hui à l’exploration des concepts de « représentation » et de « démocratie ». Après avoir examiné ici quelles formes de relations les unissent, nous nous intéresserons à leurs limites dans l’Atelier des concepts des semaines à venir.

Voir l’article >>>LA REPRESENTATION DEMOCRATIQUE>>>

>>> APPROCHE PHILOSOPHIQUE DE LA DEMOCRATIE >>>


[1] Mawuto Roger Afan, La participation démocratique en Afrique, Editions Universitaires Fribourg, 2001, p. 14.

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Pensée du 08 mars

« La naissance de la vie sentimentale moderne, la fondation affective des relations humaines les plus précieuses, fut liée à la sortie d’une religion qui prétendait délivrer un message d’amour. »

Luc Ferry, L’homme-Dieu ou le Sens de la vie.

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GRILLE DE LECTURE

Marcel Gauchet est l’auteur du concept de la « sortie de la religion ». Sinon, il en parle quand même assez dans des ouvrages de référence. On peut consulter par exemple La religion dans la démocratie. Le parcours de la laïcité (Gallimard, 1998). La sortie de la religion, c’est au plus profond la transmutation de l’ancien élément religieux en autre chose que de la religion. Il préfère parler de la sortie de la religion, car, selon lui, les catégories de « laïcisation » et de « sécularisation », d’origine ecclésiale, ne rendent pas compte de la teneur ultime du processus. Elles ne parviennent à évoquer qu’une simple autonomisation du monde humain par rapport à l’emprise législatrice du religieux.

Quoi qu’il en soit, Luc Ferry observe que la vie sentimentale moderne et les relations humaines se fondent sur des principes nouveaux selon lesquels : la religion n’est plus première et publique, et l’ordre politique n’est plus soumis à des fins religieuses. Car, il y a, sinon séparation juridique de l’Eglise et de l’Etat, du moins, séparation de principe du politique et du religieux et exigence de neutralité religieuse de l’Etat. En fait, le message d’amour que prétendait délivrer la religion a perdu toute crédibilité aux yeux de nos contemporains. En s’opposant à la logique du « mariage de raison » historique entre l’Eglise et l’Etat, la société quitte aussi ce qui conférait leur signification et leur prégnance aux relations humaines.

S’il est vrai que l’homme n’est homme que par sa liberté, il était temps que l’homme retrouvât ses repères enfin indubitables. Mais Luc Ferry dépeint ce qu’il appelle le paradoxe de notre rapport laïque au christianisme. Il affirme que l’actualité du contenu des Evangiles ne laisse pas de frapper, en dépit de la fondation des relations sur la sortie de la religion. Il s’introduit dans notre vie quotidienne des sentiments propres à valoriser le contenu d’un discours qui sacralise l’amour et fait de lui le lieu ultime du sens de la vie. Alors que les religions de la Loi (Judaïsme et Islam) semblent guettées par le déclin ou les tentations intégristes, celle de l’Amour (Christianisme) pourrait, selon Luc Ferry, se réconcilier avec les motifs que les historiens des mentalités nous ont dévoilés et qui militaient contre elle. On pourrait conclure que l’amour est, pourquoi pas, ce trait d’union qui ligature partisans et détracteurs de la religion de l’Amour.

Emmanuel AVONYO, op

SOMMAIRE>>>

Pensée du 18 octobre

« Nous sommes entrés dans le règne de l’humanisme où les valeurs ne sont plus du domaine de l’être, ne sont plus domiciliées dans la nature, mais relèvent du devoir-être, d’un idéal à venir, et non d’un réel a priori harmonieux et bon, toujours déjà donné aux hommes et prêt à les accueillir avec bienveillance ».

LUC FERRY, Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

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GRILLE DE LECTURE

L’humanisme est une doctrine philosophique et éthique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. Il est caractérisé par un effort pour promouvoir la dignité de la personne humaine et endiguer toute tentative de la réduire à un simple moyen. Né depuis le temps de Protagoras, le mouvement parvient à maturité dans une modernité marquée par la liberté de choix, le désir d’accomplissement moral personnel, et ce que Marcel Gauchet appelle « le désenchantement du monde ».  Alors que les Grecs voyaient dans la nature l’harmonie parfaite et le modèle d’être, l’humanisme moderne, sous la houlette de Descartes et Kant, déplace le centre de gravité des valeurs de la nature au sujet rationnel doué d’autonomie morale. L’humanisme en question n’est pas l’humanisme de la première modernité (15e et 16e siècles) mais l’humanisme des Lumières. Celui-ci remet en cause l’en-soi des valeurs et constitue le sujet individuel en un centre de décision autonome.

Le règne de l’humanisme est donc celui de la redéfinition de la vertu, qui n’est plus simple actualisation d’une nature bien née, mais lutte de liberté contre la naturalité en nous. L’ordre naturel y perd sa transcendance, l’humanité à construire ne préexiste pas à l’homme et l’être moral vole en éclats. Les valeurs relèvent dorénavant du devoir-être, de l’à venir. Les accents de normativité et de religiosité cosmiques antiques deviennent surannés et font place à l’émergence d’un sujet dont la centralité dénonce toute valeur établie. Du coup, l’homme semble devenir sa propre norme, il donne la forme qui lui convient à sa vie morale selon les circonstances de la vie. L’esprit critique et la faculté de choix de l’homme finissent de lui enlever la bienveillance par laquelle il pouvait docilement se soumettre à une axiologie naturelle.

Emmanuel Sena AVONYO, op

Pensée du 17 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE>>>