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Pensée du 16 novembre 09

«… ce n’est pas seulement pour atteindre le bonheur mais la vertu que la raison a été donnée à l’homme ».

Emmanuel KANT, Fondements de la métaphysique des mœurs.

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GRILLE DE LECTURE

L’homme est un être libre doué d’intelligence et de volonté. Il est un être raisonnable qui est aussi un être de désir. Nous parions que personne n’ignore la dimension sociale, communautaire de l’homme. Ce qui voudrait dire que tout ce qui fait l’homme et sa noblesse l’oriente nécessairement et inéluctablement vers ce qui le satisfait pleinement et vers les autres êtres humains. L’homme n’est ni un être isolé ni un être fait pour quelque chose d’autre que le bonheur auquel il aspire fondamentalement. Et la raison qu’il a en propre et qui l’ennoblit en le distinguant des autres créés l’aide dans cette démarche existentielle.

En effet, comme le disait Descartes, l’homme est « une chose qui pense » et par la suite Pascal, son disciple, l’homme est « un roseau pensant », l’homme est cet être parmi les êtres qui se définit par la raison, cette faculté de distinguer le bien du mal, cette faculté de percement des mystères pour la vérité, pour l’orientation des actes et faits divers. Et comme le dit Kant, « Le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations (tant extensive, quant à leur variété, qu’intensive, quant au degré, et aussi protensive, quant à la durée) ».

Or, nous savons que la vérité est une condition sine qua non pour le bonheur. La vérité et le bonheur sont étroitement liés. Il n’y a pas de bonheur sans vérité. L’homme qui vit dans le mensonge, le doute…de ses acquis n’est pas heureux. La raison l’aide dans la quête du savoir, de la connaissance et de la vérité.  L’acquisition de la vérité aide justement l’homme dans son périple terrestre car la découverte du sens de l’exister humain est capitale pour être heureux. L’homme qui se pose des questions sur son exister demeure malheureux, en quête de quelque chose qui lui manque. Il y a comme un vide en lui. Il demeure insatisfait existentiellement.

Mais nous disons aussi que l’homme ne peut en ce monde se prendre ou se considérer comme un être fait pour vivre seul. Il est intrinsèquement social et sociable. C’est dire qu’il doit vivre avec les autres, être en rapport avec eux, entretenir avec eux des relations bienfaisantes, constructives. L’homme dans son agir ne doit donc pas oublier la portée existentielle, sociale, historique de son faire. Il est appelé à vivre éthiquement avec les autres. Nous voulons dire qu’il doit être vertueux. Depuis Aristote, nous savons que la vertu est très analysée. Elle désigne la perfection en toute sorte de fonction, d’être et d’action. La vertu sur le plan moral est cette disposition permanente à faire le bien.

Et lorsque Kant dit que la raison est donnée à l’homme pour atteindre la vertu, il veut insister sur le fait que l’homme vertueux est celui qui, en société, use à bon escient de sa raison. On dirait que l’homme vertueux est cet être vraiment raisonnable puisqu’il ne peut qu’agir raisonnablement, poser des actes raisonnables. La vertu est le principe même des actions humaines et le principe qui en détermine nécessairement les fins morales. Pour Kant, les fins morales de tout acte sont au nombre de deux : la perfection de celui qui pose l’acte et le bonheur d’autrui. La raison de l’homme fait donc de lui un être qui pose de bons actes, des actes moraux.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 15 novembre

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Pensée du 18 octobre

« Nous sommes entrés dans le règne de l’humanisme où les valeurs ne sont plus du domaine de l’être, ne sont plus domiciliées dans la nature, mais relèvent du devoir-être, d’un idéal à venir, et non d’un réel a priori harmonieux et bon, toujours déjà donné aux hommes et prêt à les accueillir avec bienveillance ».

LUC FERRY, Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

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GRILLE DE LECTURE

L’humanisme est une doctrine philosophique et éthique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. Il est caractérisé par un effort pour promouvoir la dignité de la personne humaine et endiguer toute tentative de la réduire à un simple moyen. Né depuis le temps de Protagoras, le mouvement parvient à maturité dans une modernité marquée par la liberté de choix, le désir d’accomplissement moral personnel, et ce que Marcel Gauchet appelle « le désenchantement du monde ».  Alors que les Grecs voyaient dans la nature l’harmonie parfaite et le modèle d’être, l’humanisme moderne, sous la houlette de Descartes et Kant, déplace le centre de gravité des valeurs de la nature au sujet rationnel doué d’autonomie morale. L’humanisme en question n’est pas l’humanisme de la première modernité (15e et 16e siècles) mais l’humanisme des Lumières. Celui-ci remet en cause l’en-soi des valeurs et constitue le sujet individuel en un centre de décision autonome.

Le règne de l’humanisme est donc celui de la redéfinition de la vertu, qui n’est plus simple actualisation d’une nature bien née, mais lutte de liberté contre la naturalité en nous. L’ordre naturel y perd sa transcendance, l’humanité à construire ne préexiste pas à l’homme et l’être moral vole en éclats. Les valeurs relèvent dorénavant du devoir-être, de l’à venir. Les accents de normativité et de religiosité cosmiques antiques deviennent surannés et font place à l’émergence d’un sujet dont la centralité dénonce toute valeur établie. Du coup, l’homme semble devenir sa propre norme, il donne la forme qui lui convient à sa vie morale selon les circonstances de la vie. L’esprit critique et la faculté de choix de l’homme finissent de lui enlever la bienveillance par laquelle il pouvait docilement se soumettre à une axiologie naturelle.

Emmanuel Sena AVONYO, op

Pensée du 17 octobre

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