Archive for the ‘ETHIQUE’ Category

Pensée du 27 janvier 10

« Avec l’intime conviction s’achève le parcours de la quête de la justice, amorcée par le souhait de vivre dans des institutions justes, et ratifiée par la règle de justice dont le formalisme procédural vient garantir l’impartialité. »

Paul Ricœur, Le Juste

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GRILLE DE LECTURE

La philosophie contemporaine abonde en littérature essentiellement divergente sur l’articulation de deux conceptions classiques de la justice : la justice selon l’ordre téléologique (celui du bien) et la justice selon l’ordre déontologique (celui du légal). Paul Ricœur nous situe ici au cœur de sa contribution à la discussion du problème moral qu’est celui de la justice. Le terrain de la justice est en effet celui de sa préférence en matière de philosophie morale et politique. Dans Le Juste comme dans sa « petite éthique » de Soi-même comme un autre, Paul Ricœur montre que le procès éthique de la justice commence au plan téléologique en tant que vertu et se situe au-delà de l’opposition classique qu’on connaît. L’éthique est commandée par le désir de vivre bien avec et pour les autres dans des institutions justes. De ce fait, trois éléments nous paraissent importants à retenir concernant la justice :

D’abord la justice n’est réductible ni à l’une ni à l’autre conception du juste. La justice est à situer entre le bon et le légal, entre téléologie et déontologie, entre visée éthique et exigence morale ; ensuite, avant la loi morale, il y a l’éthique qui est au principe de toute norme. Si l’éthique prime sur la morale, il y a néanmoins nécessité pour la visée éthique de passer les actes humains par le crible de la norme ; enfin, c’est à la sagesse pratique qu’on recourt en dernier ressort pour l’appréciation du juste. C’est avec l’intime conviction que s’exerce le jugement en situation. Ce n’est plus ni au bon ni au légal, mais c’est à l’équitable, figure du juste dans des situations d’incertitude, que revient le dernier acte de la justice.

La justice naît par un sens de la justice et s’achève dans la conviction après un détour par les lois. L’appréciation du juste passe ainsi du bon au légal, puis du légal à l’équitable, comme un au-delà de la norme. La justice est libérée de l’enfermement dans les structures objectives et d’obligation. Certes, la légitimité d’un recours à la norme réside dans la nécessité d’empêcher, de maîtriser tout les revers qui contrarieront la visée éthique dans sa tension vers le bien universel. En définitive, la règle de justice consacre et règlemente le parcours de la vie bonne, le souhait de l’homme de vivre bien dans des institutions justes. Le formalisme procédural qui découle de la règle n’est pas une fin en soi, il n’est qu’une garantie convenue en vue du bon déroulement de la vie dans des conditions de justice.

Emmanuel AVONYO, op

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Pensée du 25 janvier 10

« Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »

Camus, Le Mythe de Sisyphe

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GRILLE DE LECTURE

Interroger la vie nous conduit souvent à la problématique du sens. D’abord, parce que vivre c’est sentir et se sentir. Toute vie s’éprouve d’abord, agréable ou désagréable, l’existence est toujours sentiment d’exister. Mais lorsqu’il s’agit de la vie d’un être raisonnable, nous voudrions comprendre, comment, pourquoi et en vue de quoi il vit. Question qui n’est pas sans importance, car c’est de sa réponse que dépend la valeur de la vie : la vie vaut-elle ou non la peine d’être vécue, et qu’est-ce qui peut lui donner cette valeur ? D’où découle une autre question : sommes-nous maître de notre vie, ou en sommes-nous toujours dépossédé, d’une manière ou d’une autre ?

Telles sont les questions qui habitent journellement l’homme. Question qui nourrit la quotidienneté philosophique du philosophe. Avoir affaire au sens de la vie même ou plutôt à son non-sens, c’est enfin penser aux choses sérieuses. Comme le dit Camus dans le même texte, « il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Et les autres problèmes que pose la philosophie gravitent autour de la question du sens de la vie ou convergent sur cela. L’expérience de la vie est une question capitale de la philosophie, elle est aussi au cœur de la pensée camusienne. En un mot la question du sens de la vie répond à la vocation fondamentale de la philosophie.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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Pensée du 22 janvier 10

« Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition »

Montaigne, Essais

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GRILLE DE LECTURE

Ouvrons les yeux et regardons, nous verrons que dans un geste phénoménologique s’offre à notre vue une diversité d’apparences physiques. Au-delà de ces apparences physiques s’offre à nous encore le fait que nos idées, nos mœurs, nos cultures ne sont pas les mêmes. Cette diversité ne traduit-elle pas, toutefois, l’expression de la vie, une en elle-même ? Ici trouve origine la différence des races et des cultures, en tant que la manifestation de l’homme s’éprouvant dans son infinie richesse, et n’étant vivante que dans la particularité des figures. Ici se trame l’idée de l’unité dans la différence, de la comm-union dans la diversité.

Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humanité en ceci que nous partageons une même intercorporéité. Je suis homme à la manière des autres, l’autre se présente ainsi comme un miroir dans lequel je vois. Le visage de l’autre me révèle mon propre visage ; puisque je ne puis me poser hors de moi-même pour me saisir comme un objet, c’est à travers l’autre que je me découvre, que je me connais. Cette affirmation de toute évidence une implication éthique.

Faisant un peu de la logique, nous dirons que si en chaque homme particulier il y a une forme de l’entière condition humaine, alors la sentence philosophico-éthique serait : ne traite jamais autrui comme objet mais comme sujet. La relation à autrui en ce sens revêt une coloration éthique où ce ne sont que des subjectivités qui se rencontrent dans un acte de respect réciproque.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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Pensée du 21 janvier 10

« L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle »

Saint-Exupéry, Terre des hommes

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GRILLE DE LECTURE

L’homme, enfermé dans une maison ténébreuse non-étoilée, finit un jour par s’habituer à sa nouvelle situation. La nuit de la maison lui devient si familière qu’il finit par y faire corps. Cette expérience nous permet de formuler une proposition : l’homme est capable d’adaptation. Il se découvre à chaque fois qu’il se trouve devant une difficulté à laquelle il doit faire face. Ceci ne révèle-t-il pas que l’homme est un être qui se dépasse ?

L’homme n’est pas que cela qui se montre. Il est un au-delà qui se découvre de jour en jour. L’homme habite sa nouvelle condition par son propre être comme il habite son lieu propre qui est son corps. Il sait faire corps avec son milieu environnant. Dans les conditions les plus difficiles, l’homme se sait vivre et c’est cela seulement qui le rend différent des autres êtres qui existent. Il intègre désormais sa nouvelle condition à sa propre vie. Tel un étudiant qui est aussi bien capable d’étudier avec la lumière d’une lampe de bougie qu’avec la lumière de l’électricité. Ceci nous révèle encore une chose que l’homme est un mystère.

Mystère de celui qui vit entre le ciel et la terre, la nuit et le jour, la lumière et les ténèbres, le visible et l’invisible. Ainsi, l’homme vit le jour et la nuit comme faisant partie de son être. L’homme se révèle comme un être de mystère capable de dépasser à chaque instant de sa vie les difficultés qu’il rencontre, capable de traverser les jours sombres de sa vie comme une étoile dans la nuit.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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Pensée du 20 janvier 10

« … La morale n’est pas proprement la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons devenir dignes du bonheur. »

Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique

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GRILLE DE LECTURE

La moralité chez Emmanuel Kant est une loi par laquelle la raison détermine immédiatement la volonté. Celle-ci exige comme condition nécessaire à l’observation de ses préceptes, que soit postulés Dieu, l’immortalité et la liberté. La loi morale est édictée à la volonté par la raison sous la forme d’un impératif catégorique ; mais elle n’est mise en œuvre que par une volonté libre. En clair, il faut que l’homme soit libre, il faut qu’il y ait l’immortalité et que Dieu existe pour donner sens à notre pratique morale.

Ordinairement, l’homme s’attend à ce que la vertu soit récompensée et que le vice soit puni. L’accord du bonheur et de la vertu, le fait que la vertu soit couronnée par une vie heureuse, est une exigence de la conscience morale (la raison pratique). Or Kant constate que la vertu et le bonheur ne s’accordent pas toujours dans la vie courante. C’est-à-dire que l’expérience montre souvent des fripons heureux et des personnes vertueuses maltraitées par leur sort. Puisque le bonheur semble hors d’atteinte pour les personnes vertueuses, l’immortalité et Dieu sont les postulats requis pour assurer cette union dans l’au-delà.

Si l’exercice de la vertu ne suffit pas à nous rendre heureux, au moins il nous rend dignes du bonheur. La morale nous rend seulement dignes du bonheur, parce que notre action et le cours du monde ne nous y conduisent pas toujours. Dieu étant postulé comme fondement de la morale, Dieu étant la justification de notre action morale, seule la croyance en un Dieu juste et puissant, pourvoyeur de bonheur, peut assurer l’accord du bonheur et de la vertu. L’existence éthique n’est cohérente que dans l’acceptation de la croyance raisonnable en Dieu. Dieu se révèle chez Kant comme une exigence éthique, et non rationnelle.

Nous observons que la nécessité de l’impératif catégorique n’est compréhensible que dans la mesure où elle nous commande tout en nous rendant dignes du bonheur. Elle amène à postuler les conditions de cette nécessité : la liberté de l’homme, l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme. La volonté ne peut être déterminée par la loi que dans les conditions de la liberté. Cette liberté est le fondement inconditionné qui permet de penser la loi morale comme possible a priori.

Emmanuel AVONYO, op

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Procrastinations

Le Billet de Mejnour 86

« Qui remet à demain trouve malheur en chemin. », dit l’adage. Que sert-il de mettre à demain. De quel temps manquerions-nous aujourd’hui si nous avions l’audace de prendre le jour pour ce qu’il est ? CARPE DIEM ! (Mange le jour). Vis en te demandant ce que tu ferais si tu en étais aux derniers instants de ton séjour terrestre. Vois comme il peut être beau de rencontrer la pensée, de se laisser porter sur ses ailes vagabondes vers les sommets de l’extase !

Comme il peut être doux de concevoir un « monde écologiquement correct » au grand dam de puissances dont le goût de l’avoir émousse le sens du pouvoir et l’ouverture au savoir !

Si l’on pense à un développement durable, n’est-ce pas, déjà, une façon d’inscrire notre présent dans un éternel beau jour ? Sans remettre à demain ce qui pourrait donner du sens au jour présent dont les heures précipitent subtilement la fin ?

Allons, Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Deuils

Le Billet de Mejnour 85

Aller de l’avant, vers la réalisation de son projet, c’est avoir le courage des ruptures, la force d’accomplir ses deuils. Il faut rompre avec ces amitiés marginales, ces relations qui usent l’homme et abusent de ses ressources intérieures.

L’ami que nous présente notre bon vieux sage d’Aristote, c’est celui qui marche avec nous sur les chemins de la perfection. Car le projet de l’humanité, c’est bien d’arriver dans le voisinage immédiat de la perfection. Celle-ci ne peut s’atteindre totalement, quoique nul ne la manque tout à fait.

Voici pourquoi les deuils, comme de fulgurants rituels d’adieu, ont leur pouvoir et leur charme. Car il importe de s’arracher au passé. En en gardant le minimum nécessaire, l’expérience constructive.

Se forger un rêve qui trace les sillons de notre destinée pour nous inscrire dans l’histoire. Puis dans la durée. Puis dans l’éternité. Cela se prend de la plus sérieuse des manières. Il faut avoir le courage de s’y atteler. C’est pour cela que doit être semée l’espérance dans l’esprit des hommes. Et surtout des jeunes.

Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 17 janvier 10

« C’est ainsi que notre éthique se trouve cassée en deux : d’une part nous protégeons des zones de liberté d’initiative, non reliées à la communauté, d’autre part nous fulminons contre le désordre, l’injustice, la souffrance ; nous vivons ainsi sous le régime de deux morales : une morale privée et une morale de la communauté. »

Paul Ricœur, Histoire et Vérité

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GRILLE DE LECTURE

Cette pensée de Paul Ricœur interroge d’autant plus que ce ne sont pas des situations de désordre, d’injustice, de souffrance ou de libéralisme primaire qui seraient des denrées rares dans le monde où nous vivons. Beaucoup s’attachent à défendre les libertés individuelles. Ils sont encore nombreux à se plaindre du fait que les politiques ont échoué à instaurer la justice. Sur un tout autre plan, un peu partout, en Afrique ou en Amérique, en Irak ou en Haïti, dans l’enclave du Cabinda ou sur la base navale de Guantanamo, on fait l’expérience des limites de nos choix éthiques. Ici ou ailleurs, s’infiltrent dans nos rangs l’irrationalité de la violence, l’absurdité de la mégalomanie et le spectre des scènes de désolation, induits par la négligence ou la complicité de l’homme.

Ce qui se passe en Haïti mérite quelque attention de notre part : colère et désespoir gagnent la population haïtienne face aux lenteurs de la distribution de l’aide arrivée du monde entier, après le séisme du 12 janvier qui pourrait avoir fait jusqu’à 50’000 morts, selon une estimation toujours très provisoire de la Croix-Rouge. Des corps inertes aux cris inaudibles gisent sous des gravas. Et pourtant les ressources financières ne manquent pas, et les institutions spécialisées dans le secours international en appellent toujours aux fonds. Enfin ! Je n’en sais pas grand-chose.

Mais prenant pour élément explicitant la situation dramatique que traverse le peuple haïtien, on peut bien se demander si notre monde est régi par une morale à double ou à triple vitesse. A quoi sert tout l’arsenal de prévision des géologues et spécialistes des questions sismiques ? A-t-on vu venir cette catastrophe ? Qu’ a-t-on fait pour prévenir les populations ou pour les évacuer ? Les gardiens de la sécurité mondiale se font entendre lorsqu’un nigérian embarque dangereusement à bord d’un avion à destination de la terre promise. Mais sincèrement, personne ne semble a priori préoccupé par les catastrophes atmosphériques et humanitaires qui s’annoncent et dont on connaît par le génie de la science le degré de nuisance.

L’assertion de Paul Ricœur nous sert évidemment de prétexte pour nous intéresser au sort de ceux qui souffrent. Ne voyez-vous pas que ce qui arrive est la marque d’une société sans prospective, sans plan éthique pour l’avenir ? L’Homme doit-il demeurer le parent pauvre de nos programmes politiques ? Il n’y a que le libéralisme économique qui nous préoccupe, un modèle de liberté construit sur la concurrence économique. Peu importe ceux qui n’ont rien à offrir. Haïti ne peut pas être une priorité. L’oubli de l’homme, c’est-à-dire les hommes contre l’humain, est le lieu de l’éclatement de la morale, de la cassure de l’éthique. Peut-être est-il temps de rectifier notre compréhension de la liberté et fonder une société de la prévision et de la décision rationnelle.

Emmanuel AVONYO, op

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Nostalgies

Le Billet de Mejnour 84

L’homme est projet. Si, comme le croit Jean-Paul SARTRE, « nous sommes jetés dans le monde », ce n’est certes pas pour nous languir. C’est pour « fabriquer » notre vie. C’est pour la façonner en vue de lui donner le visage du bonheur dont chacun porte les lignes en soi. Cette œuvre nécessite que l’on ait constamment les yeux tournés vers demain.

Les nostalgies qui stérilisent ne servent qu’à entretenir des tristesses morbides ou mortifères. Il faut en finir. Le passé est mort. S’y accrocher n’est-il pas une façon de mourir, trahissant ainsi le projet constitutif de notre nature singulière et de notre humanité commune ?

Il faut espérer. Même quand, comme Sisyphe, on doit cheminer avec l’absurde, il faut investir de sens le monde. Pour ne pas mourir. Pour survivre à sa fin. Hier n’a servi qu’à m’introduire dans la vie. Aujourd’hui me montre les aspérités du quotidien. Demain me défie d’accomplir mon humanité dans l’éternité. Le temps des nostalgies, bon gré mal gré, se dissout dans les projets. Il faut tourner la page. Demain est déjà présent.

Et Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Malaises dans la civilisation

Le Billet de Mejnour 83

Les quinze dernières années ont été l’occasion d’un fâcheux changement de paradigme. Les expressions « perte/quête de sens » ont fait irruption dans la langue. Les drogues ont connu des pics de consommation. La violence s’est invitée dans les milieux les moins soupçonnés d’en abriter le nid. Passons. Notre propos n’est point d’assombrir un horizon déjà si peu dégagé. Passons.

Mais de quoi devrions-nous donc avoir besoin pour qu’on en vienne à parler de connexion au sens ? Nous avons, de l’humble avis de Mejnour, besoin d’une ré éducation aux valeurs qui fondent l’homme et lui imposent, comme dirait Lanza Del Vasto, de se tenir droit et de sourire. Se tenir droit, comme pour marcher sur les chemins de la vie, porté par un rêve immense.

Car l’homme dépeint par plus d’un philosophe n’est rien s’il ne se laisse innerver par le projet qui est une dimension essentielle de son être au monde. C’est en se connectant à l’humain que l’homme trouvera le sens. Et pourra résorber ces malaises dans la civilisation, malaise dont, tous, nous avons trop longtemps été des témoins passifs et désabusés. Il est temps de tourner la page. Vienne l’espérance. Et avec elle le courage d’aller de l’avant.

Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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