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Pensée du 17 avril 10

« C’est l’essence propre de la science, c’est à priori son mode d’être, d’être hypothèse à l’infini et vérification à l’infini. »

EDMUND HUSSERL, Recherches logiques

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GRILLE DE LECTURE

Spencer, dans Premiers principes (2è partie, ch. I, § 37) distinguait la connaissance vulgaire comme une connaissance non unifiée, de la science comme connaissance partiellement unifiée et de la philosophie comme connaissance totalement unifiée. C’est dire que pour lui, la science donne quelque connaissance qui n’est pas complète, achevée. On peut alors dire que la vérité scientifique est réfutable. Quelque chose reste toujours à vérifier dans la science.

La réfutabilité de la science, de la vérité scientifique lui donne le caractère de ce qui est comme le commencement de quelque chose, de ce qui est comme provisoire. C’est ce que pense Husserl quand il dit que la science dans son essence propre est une « hypothèse à l’infini et vérification à l’infini ». L’épistémologie comme philosophie des sciences nous montre que la science n’est pas dogmatique, elle ne donne pas des vérités dogmatiques. Mais cela n’est-ce pas en lien avec la nature même de son objet qu’est la nature ? Ce qui fait sa force, ce qui fait la science, c’est son caractère expérimental. Nous parlons ici de la science de la nature.

Ce qui est vraiment de l’ordre de la science, c’est l’expérimentation, la vérification. C’est dire que toute vérité scientifique reste une hypothèse qui est à passer au crible de la vérification, de l’expérimentation. Nous le disons puisque la véritable science procède par une énonciation d’hypothèse qui se donne à la vérification, à l’expérimentation pour enfin aboutir à un résultat. Mais ce résultat peut faire à son tour l’objet d’une nouvelle expérience.

Aucune vérité scientifique n’est éternelle. Elle doit être prise comme un savoir acquis, vérifié pour un moment, mais des expériences ultérieures peuvent la réfuter à cause de nouvelles révélations ou encore la mise en place d’autres matériels de vérification plus appropriés, plus performants. Une vérité scientifique doit être à la fois vérifiée et vérifiable.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 11 novembre 09

« C’est l’essence propre de la science, c’est à priori son mode d’être, d’être hypothèse à l’infini et vérification à l’infini. »

EDMUND HUSSERL, Recherches logiques

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GRILLE DE LECTURE

Spencer, dans Premiers principes (2è partie, ch. I, § 37) distinguait la connaissance vulgaire comme une connaissance non unifiée, de la science comme connaissance partiellement unifiée et de la philosophie comme connaissance totalement unifiée. C’est dire que pour lui, la science donne quelque connaissance qui n’est pas complète, achevée. On peut alors dire que la vérité scientifique est réfutable. Quelque chose reste toujours à vérifier dans la science.

La réfutabilité de la science, de la vérité scientifique lui donne le caractère de ce qui est comme le commencement de quelque chose, de ce qui est comme provisoire. C’est ce que pense Husserl quand il dit que la science dans son essence propre est une « hypothèse à l’infini et vérification à l’infini ». L’épistémologie comme philosophie des sciences nous montre que la science n’est pas dogmatique, elle ne donne pas des vérités dogmatiques. Mais cela n’est-il pas en lien avec la nature même de son objet qu’est la nature ? Ce qui fait sa force, ce qui fait la science, c’est son caractère expérimental. Nous parlons ici de la science de la nature.

Ce qui est vraiment de l’ordre de la science, c’est l’expérimentation, la vérification. C’est dire que toute vérité scientifique reste une hypothèse qui est à passer au crible de la vérification, de l’expérimentation. Nous le disons puisque la véritable science procède par une énonciation d’hypothèse qui se donne à la vérification, à l’expérimentation pour enfin aboutir à un résultat. Mais ce résultat peut faire à son tour l’objet d’une nouvelle expérience.

Aucune vérité scientifique n’est éternelle. Elle doit être prise comme un savoir acquis, vérifié pour un moment, mais des expériences ultérieures peuvent la réfuter à cause de nouvelles révélations ou encore la mise en place d’autres matériels de vérification plus appropriés, plus performants. Une vérité scientifique doit être à la fois vérifiée et vérifiable.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 10 novembre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE>>>

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Paul Ricoeur et le paradoxe de la chair

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« PAUL RICOEUR ET LE PARADOXE DE LA CHAIR. BRISURE ET SUTURE. »

C’est le titre de l’ouvrage de philosophie du frère Dominicain David-Le-Duc TIAHA qui paraît ce mois de novembre chez L’HARMATTAN.  » Cet ouvrage veut montrer que Le paradoxe de la chair chez Paul Ricoeur, fruit de l’exercice méthodique d’une ontologie fondamentale croisant phénoménologie et philosophie de l’existence, est un dépassement qui serait, depuis l’écriture de Philosophie de la volonté (1950), une riposte aux alternatives ruineuses du rationalisme, du vitalisme et de l’existentialisme. Paul Ricoeur opère ainsi un dépassement de la phénoménologie pure de Husserl qui n’assume pas l’enracinement ontologique du corps dans l’affectivité... » Suite de la présentation

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Télécharger la maquette du livre  Paul Ricoeur et le paradoxe de la chair

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Pensée du 15 octobre

« La manière dont se présente l’Autre, dépassant l’idée de l’autre en moi, nous l’appelons, en effet, visage. Cette façon ne consiste pas à figurer comme thème sous mon regard ; à s’étaler comme un ensemble de qualités formant une image. Le visage d’autrui détruit à tout moment, et déborde l’image plastique qu’il me laisse, l’idée à ma mesure… l’idée adéquate. »

Emmanuel LEVINAS, Totalité et Infini

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GRILLE DE LECTURE

Cette définition du visage par Levinas lui-même laisse le lecteur sur sa soif. Même dans la définition, le visage n’est qu’effleuré, tellement il dépasse l’idée que j’en fais, il déborde l’image plastique qu’il me laisse, il ne thématise ni ne qualifie, il est l’au-delà de toute adéquation. Et pourtant, cet effleurement dit essentiellement le visage comme une « échappée belle ». Alain Finkielkraut n’écrivait-il pas (La sagesse de l’amour) que ce qui définit positivement le visage, c’est sa désobéissance à la définition, c’est-à-dire cette manière de ne pas tenir tout à fait dans la place que lui assignent mes propos les plus acérés ou mon regard le plus pénétrant ?

En langage husserlien, nous dirons que le visage se joue de toute adéquation parce qu’il est démesure, excès constant de l’être visé sur l’intention qui le vise, débordement de l’intention de signification par l’intuition. Le visage ne se soumet à aucune réduction phénoménologique car elle s’abstrait de son image pour s’imposer par-delà la forme, le thème, la façon, et ne laisser entre les mains que sa dépouille quand c’est sa vérité que je crois extraire. Pour cela, rencontrer un homme, c’est être tenu en éveil par une énigme dont le déchiffrement est sans garantie. C’est aussi pourquoi Paul Valéry pouvait écrire que l’œuvre philosophique de Levinas nous apprend non pas à mieux voir le visage ou à le voir autrement, mais à ne plus l’identifier avec ce que la vue peut en obtenir.

Emmanuel AVONYO, op

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE !

Ontologie et phénoménologie

L’Atelier des concepts, Par Emmanuel AVONYO, op

Semaine du 12 octobre 2009

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>>>LE CONCEPT D’EXISTENCE ENTRE PHENOMENOLOGIE ET ONTOLOGIE

La phénoménologie, science descriptive des traits distinctifs de l’expérience, ouvre une nouvelle voie d’accès à l’ontologie. Le discours se réfère à ce qui est et porte au langage les divers liens par lesquels nous sommes reliés à la réalité. C’est la phénoménologie qui s’efforce de saisir les structures du vécu dont le langage est la traduction. Pour la phénoménologie, le langage dit notre relation aux choses, il dit même l’antérieur du langage. Ainsi, selon Ricœur, ne pas reconnaître l’existence d’un langage qui dit ce qui précède le langage, c’est s’enfermer dans la clôture des signes et en rester à l’étape du langage-objet. L’hypostase du discours est un symptôme de l’oubli de l’être. Mais la perte de la dimension ontologique n’est jamais si entière que l’on ne puisse encore reconnaître la trace de l’affirmation ontologique dans l’impulsion même qui porte le langage du signe vers le sens et du sens vers la référence.

En effet, il y a comme un postulat ou une exigence de forme qui autorise à formuler une ontologie car il faut bien que quelque chose soit pour que l’on puisse parler à son sujet. Avant le langage, il y a l’être. Le langage dit notre inscription dans l’être. Si rien n’existait, rien ne serait dit de quoi que ce soit, car s’il n’existait rien, rien n’apparaîtrait, rien ne serait offert à la description du langage. C’est grâce à la phénoménologie que nous savons que nous sommes toujours orientés dans le langage vers ce qui est avant le langage. Malgré cette ouverture qu’offre la phénoménologie sur l’ontologie, Ricœur relève que la phénoménologie n’a pas toujours été une ontologie. La phénoménologie en se décentrant de la philosophie du langage, se distingue aussi de l’ontologie.

La phénoménologie se veut une investigation des structures du vécu qui précèdent l’articulation dans le langage. On y distingue deux tendances : la philosophie idéaliste de la conscience qui subordonne le langage aux structures du vécu, et la philosophie qui interprète ontologiquement  le primat du vécu sur la conscience. C’est dans cette phénoménologie qu’émerge la problématique ontologique.

Ricœur affirme qu’il est difficile d’appeler la phénoménologie husserlienne une ontologie. Car, premièrement, dans cette phénoménologie, le langage a perdu sa prééminence ; il est seulement la couche de l’expression qui transpose dans les articulations du signe, ce qui est déjà préarticulé dans la structure noético-noématique. Et deuxièmement, l’intentionnalité husserlienne conçoit le monde seulement comme un ensemble de corrélats de conscience qui pourrait ne pas être. De fait, seule la conscience est ce qui ne peut pas ne pas être. Le monde est contingent, il a l’être relatif du phénomène, alors que la conscience a l’être nécessaire et absolu.

Toutefois, l’histoire de la philosophie enseigne qu’une ontologie sourd du développement de cette phénoménologie husserlienne. En découvrant l’antéprédicatif, l’antérieur à tout langage, à tout concept, à tout jugement, à toutes opérations prédicatives, comme plus tard dans « l’être sauvage » de Merleau-Ponty, la phénoménologie parviendra à thématiser un monde de la vie (Lebenswelt) antérieur au monde verbal et logique. En fait, l’ontologie qui point à l’horizon découle du renversement à l’intérieur de la phénoménologie du rapport sujet-objet. Selon Ricœur, des philosophes comme Heidegger, Gabriel Marcel et Merleau-Ponty ont opéré un retour à l’ontologie par la phénoménologie avec le renoncement à la centralité de la conscience. Le renversement du primat de la conscience a trouvé son expression exemplaire dans Être et Temps de Heidegger.

L’histoire du retour à l’ontologie par la phénoménologie

La nouvelle phénoménologie introduite par Heidegger ne part pas du cogito, mais de la question de l’être. Heidegger passe de la phénoménologie à l’ontologie et de l’ontologie à l’herméneutique. Cette ontologie fondamentale va de l’être qui engendre la question (Gefragtes) à l’être qui questionne (Befragtes). Ainsi, l’homme ne sera plus désigné par la conscience mais par l’être même qui lui donne d’être le questionnant de l’être ; c’est pourquoi le questionnant lui-même est désigné par un terme ontologique, Dasein, le « là » de la question de l’être. Le primat du vécu sur la conscience entraîne le primat de l’être sur le connaître, de l’être-dans-le-monde sur le rapport sujet-objet. Seul connaît celui qui a d’abord avec les choses la proximité du souci. C’est cette appartenance familière qui tient en germe toute la phénoménologie du corps propre ainsi que toute l’herméneutique.

La situation herméneutique ne procède pas, à titre absolu, de l’existence des textes. Selon Heidegger, elle naît d’une bipolarité initiale caractérisée par le couple « se trouver en situation » et « s’y orienter par projet », c’est-à-dire de la possibilité d’expliciter dans des sens multiples la compréhension que nous prenons du rapport entre notre situation et nos possibilités. Car il faut d’abord avoir des racines et projeter ses possibles les plus propres sur le fond de cet être donné pour que s’ouvre une problématique de la compréhension et de l’interprétation. Comprendre et interpréter autrement la condition ontologique de l’existant que nous sommes, sont la résultante de ces structures ontologiques primordiales.

Selon Ricœur, le même retour à l’ontologie, opéré par Heidegger à partir de la phénoménologie, est effectué par Gabriel Marcel à partir de descriptions de caractère beaucoup plus existentiel dans un texte de 1925, Existence et objectivité. L’existence désigne le surgissement concret de l’individu humain, considéré à la fois dans son incarnation physique et sociale. L’existence ouvre, comme le Dasein chez Heidegger, l’accès au mystère. A la différence de Heidegger, Gabriel Marcel considère l’être et l’existence au lieu de l’être et le phénomène, il privilégie le rapport de personne à personne qui le conduit à qualifier l’ontologie d’abstraction. Pour Gabriel Marcel, l’espérance du malgré tout est sans doute l’expérience ontologique par excellence.

En définitive, c’est l’œuvre de Merleau-Ponty qui accomplit le mieux le retour à l’ontologie par la phénoménologie. D’après Ricœur, elle témoigne de l’infléchissement progressif de la phénoménologie de Husserl dans le sens de l’ontologie heideggérienne avec l’appoint de thèmes marcelliens, comme celui du corps propre. Dans Le Visible et l’Invisible (1963), il développe une philosophie visant à réhabiliter le perçu, en deçà du langage et au niveau où le corps propre immerge le sujet dans le monde vécu. Cette phénoménologie existentielle, qui conjoignait les notions de sens et de vécu, s’avère porteuse d’une ontologie proche de Heidegger. C’est à travers le phénomène que l’être vient faire signe. Ainsi, il lui a fallu rompre avec la philosophie de la conscience qui animait l’enquête psychologique de sa Phénoménologie de la perception, ne plus partir de la distinction conscience-objet et adopter le préalable heideggérien de l’implication du sujet dans l’être. L’affirmation «  ma chair est la chair du monde » vise à une inscription sensible du rapport avec l’être qui devient, pour la philosophie, l’innommable.

>>> LE TEMPS ENTRE OMBRES ET LUMIERES>>>

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>>>LE CONCEPT D’EXISTENCE ENTRE PHENOMENOLOGIE ET ONTOLOGIE

>>>ONTOLOGIE-SCIENCE-LANGAGE

>>>SOMMAIRE>>>

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L’Atelier des concepts,

Emmanuel AVONYO, op