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Pensée du 26 juillet 11

« Husserl procède par une double approximation à cette phénoménologie de l’incarnation du cogito et de l’appropriation du corps-sujet. Pour cette première approximation de l’incarnation du cogito, Husserl va emprunter, selon les mots de Ricœur, le rude chemin de la réduction transcendantale qui seul, peut d’abord dire ce que signifie ego et ensuite l’investir dans le monde. Le fondateur de la phénoménologie marque très bien une distinction entre l’ego pur et le sujet incarné. L’ego pur est issu de la réduction phénoménologique tandis que le sujet incarné est une réalité déjà constituée en ce monde. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 23 juin 11

« Ricœur discerne la rupture entre l’ontologie et la métaphysique dans le moment kantien. Le passage de la Critique de la raison pure à la Critique de la raison pratique atteste bien que la question de l’être renaît de la déconstruction kantienne de la métaphysique. Bien que la chose en soi reste le fondement du phénomène, la raison pratique est un essai de détermination de la notion d’être à partir de la liberté, c’est-à-dire une ontologie pratique. Une ontologie sans métaphysique devient possible. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 07 juin 11

« D’une part, la physique de Galilée et de Descartes mettra fin à la métaphysique, au sens de philosophie des formes substantielles. D’autre part, la critique kantienne marquera un arrêt de la métaphysique au sens de l’onto-théologie. L’Esthétique transcendantale et la Logique transcendantale de la Critique de la raison pure, sur la base de la spontanéité de l’entendement toujours tournée vers la réceptivité de la sensibilité par l’opérativité liante de l’imagination transcendantale, rendent impossible la connaissance des êtres non sensibles. Toute connaissance des êtres non sensibles échappant à la détermination de l’espace et du temps, s’enlise dans l’illusion transcendantale. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 26 avril 11

« Notre lecture de l’œuvre de Ricœur a mis à jour la présence d’une triple couche d’être de la corporéité : le corps-objet, le corps propre et la chair. Cette variation phénoménologique du sens de la corporéité indique l’altérité propre au soi inscrite au plus intime de l’être du mode humain de l’existence incarnée. La circulation du questionnement comme transit phénoménologique, en passant d’une phénoménologie de la perception à une phénoménologie de la volition, a mis à découvert l’oscillation dialectique de la brisure et de la suture de l’être du mode humain de l’existence. Ce jeu dialectique est la source de la finitude fragile et de l’inventivité de notre être-au-monde.»

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 03 avril 11

« La formulation thématique de la brisure et de la suture a une résonnance clinique. Il peut paraître surprenant que ces termes réservés à la pratique médicale soient appropriés pour donner le fil directeur de la compréhension d’une philosophie. Pourtant, le constat de la brisure et l’opération de la suture traversent, travaillent et commandent souterrainement la phénoménologie herméneutique de Ricœur. La brisure et la suture, il faut le reconnaître, n’ont jamais fait l’objet d’un traitement explicite et thématique dans l’œuvre de ce philosophe. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 02 mars 10

« Pour ce qui relève du cogito, sa brisure est l’expression d’une réflexion, comme reprise sur soi de la conscience qui exclut le corps et le monde, pour faire cercle fermé avec elle-même. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture.

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GRILLE DE LECTURE

La pensée de ce jour est un double hommage : elle est d’abord un hommage à un fils d’Afrique, qui de façon honorable, réussit à prendre place à la cour des grands pour partager des mets royaux. Le deuxième hommage est à l’endroit de Paul Ricœur dont la pensée ne cesse de courir nos cafés philosophiques, tant même les miettes qui tombent de sa table conceptuelle suffisent à sustenter les amoureux de la sagesse les plus impénitents. David-Le-Duc TIAHA est un ricoeurien heureux dont la plume n’arrête plus de tourner. Son long séjour dans la philosophie de Ricœur se traduit déjà par une écriture philosophique allègre et une pensée vivante.

Dans Paul Ricœur et le paradoxe de la chair, David-Le-Duc TIAHA entreprend de montrer un chemin qui mène au cœur de la thématique philosophique disparate de son maître. Il veut unifier une pensée pluridisciplinaire qui se veut, elle-même, une entreprise de « suture » du cogito brisé. En effet, de Descartes à Husserl en passant par Kant, la philosophie s’est progressivement enveloppée dans une tour d’ivoire où le sujet est coupé de son corps et du monde des hommes. Le cogito est brisé et exilé à la suite de l’expulsion du corps propre hors du cercle de la subjectivité. Devant la menace de la brisure radicale de l’être comme risque de non sens, David-Le-Duc TIAHA travaille à la restauration du pacte originel de la conscience avec son corps et le monde.

Le cogito étant intérieurement brisé, l’existence aussi tend à se briser. Il éprouve par la conscience de la brisure ses propres limites. Le cogito de Ricœur se met donc en quête de sens. A la différence de la substance pensante autoconsciente de Descartes ou de la conscience absolue de Husserl, le cogito ici ne peut être qu’un sujet incarné, engagé dans l’existence, un cogito médiatisé par la chair et son être-au-monde. Concrètement, le soi va s’appuyer sur la chair comme son mode d’ouverture sur l’horizon du monde. Le mode d’être de la chair assure le lien réciproque entre le mode d’être du soi et le mode d’être du monde. Mais l’incarnation dans le monde ne fera que souligner la brisure intérieure du cogito qui se saisit comme inadéquation de soi à soi-même, différence de soi avec soi-même. La réconciliation réalisée, la suture clinique de l’être pourra-t-elle enfin réussir ? Seul le médecin ricoeurien connaît la suite.

Emmanuel AVONYO, op

SOMMAIRE>>>

Paul Ricoeur et le paradoxe de la chair

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« PAUL RICOEUR ET LE PARADOXE DE LA CHAIR. BRISURE ET SUTURE. »

C’est le titre de l’ouvrage de philosophie du frère Dominicain David-Le-Duc TIAHA qui paraît ce mois de novembre chez L’HARMATTAN.  » Cet ouvrage veut montrer que Le paradoxe de la chair chez Paul Ricoeur, fruit de l’exercice méthodique d’une ontologie fondamentale croisant phénoménologie et philosophie de l’existence, est un dépassement qui serait, depuis l’écriture de Philosophie de la volonté (1950), une riposte aux alternatives ruineuses du rationalisme, du vitalisme et de l’existentialisme. Paul Ricoeur opère ainsi un dépassement de la phénoménologie pure de Husserl qui n’assume pas l’enracinement ontologique du corps dans l’affectivité... » Suite de la présentation

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