Archive for the ‘CULTURE’ Category

Le billet de Mejnour 47

TEMPS MODERNES

C’est le titre d’une revue fondée par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Souffrez que nous nous attardions sur un article paru dans le numéro 655, de septembre-octobre 2009. Son titre paraît explicite : « La littérature nous dirait-elle quelque chose plutôt que rien ? » Son auteur, Jean-Pierre Martin, relance à frais nouveaux le débat d’une certaine philosophie inhérente aux textes littéraires.

Est-il pertinent de concevoir un rideau de fer entre philosophie et littérature. Que faut-il au texte littéraire pour revendiquer l’épithète de philosophique ? La philosophie n’est-elle pas, comme la littérature, une activité langagière mettant aux prises l’Homme confronté à lui-même et au monde ? A la transcendance et à l’immanence. A quel moment se dessine et se précise la frontière entre littérature et philosophie ? Le débat est ouvert, rouvert. Et Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 46

MURS

Il y a quelques jours, sous les caméras de la planète entière, le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin a été célébré.

Vingt ans qui devraient rappeler tous les efforts humains pour délayer les frontières qui éloignent les hommes. Vingt siècles que l’homme s’invente des amitiés, formule des normes de relations intersubjectives. Mais il ne faut point ignorer que toute amitié réclame une part de mystère. Ce mystère – cette part de mystère – il ne veut nullement se laisser effaroucher. Le mystère est le socle de la vie et de la mort. De l’amitié comme de l’inimitié. Car il est des amitiés marginales qu’il y a lieu de laisser à leur juste et bonne place.

Pour nous, cher compagnon, ce qui compte, c’est de cheminer avec notre amie la sagesse. C’est avec elle que nous allons tourner nos regards vers quelques uns des murs conceptuels auxquels se heurte l’ardeur de nos réflexions. Nous allons scruter ces murs qui nous séparent et nous affaiblissent. A défaut de faire tomber tous les murs humains, nous en escaladerons quelques uns. En espérant y trouver matière à philosophie. Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 17 novembre 09

« Nous appelons personnaliste toute doctrine, toute civilisation affirmant le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement ».

Emmanuel MOUNIER, Manifeste du personnalisme.

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GRILLE DE LECTURE

Le personnalisme est un courant de pensée qui pose l’absoluité de la personne. Il veut donc affirmer le caractère absolu de la personne humaine. Nous savons qu’une personne est un individu en relation, en rapport avec les autres. C’est dire qu’une personne ne peut qu’être relationnelle. Elle est au cœur de tout ce qui est fait pour son bonheur, son développement, son mieux-être social. L’absoluité de la personne humaine vient dire aussi l’absoluité de sa vie, de son existence. Nous pensons alors que tout ce qui constitue sa vie, son existence, ses réalités, son histoire est absolu, c’est-à-dire qu’il n’est pas à relativiser. Il prime absolument sur tout.

Toutes les actions qui concernent la personne humaine ne peuvent avoir de sens que si elles sont orientées vers la personne humaine. Dans cette pensée que nous sommes en train de méditer, Mounier veut nous montrer que toute entreprise concernant la personne ne peut la surpasser, se passer de ses réelles aspirations profondes et existentielles.  La personne doit être à l’origine, au centre et à la fin de tout cela. Une civilisation, une quelconque œuvre, un quelconque faire ne peut faire et ne doit faire fie de la personne humaine. Tout doit être orienté vers elle. Le personnalisme vient rappeler que toutes les politiques, toutes les entreprises humaines sont pour la personne humaine.

On peut dire que la personne humaine est aux yeux du personnalisme « sacrée » et son être, « sacré ». Le développement en société ne sera développement que dans la mesure où il prend en compte la personne humaine. Dans cette ère de la technologie pointue, le personnalisme tire la sonnette d’alarme pour la considération de la personne. La vie humaine n’est pas à dénaturer. La personne n’est pas à aliéner, à dénaturer. Tout doit se faire par l’homme et pour l’homme. La recherche effrénée des produits, du matériel de tout genre (posé comme ce qui est visé et donc ce qui est absolument la fin des entreprises technoscientifiques) est un dérapage. Tout ce qui menace la vie humaine, la personne humaine doit être banni pour son bonheur. La personne est valorisée dans toute conception personnaliste. La personne comme un être « absolu » prime sur tout.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 16 novembre

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Pensée du 16 novembre 09

«… ce n’est pas seulement pour atteindre le bonheur mais la vertu que la raison a été donnée à l’homme ».

Emmanuel KANT, Fondements de la métaphysique des mœurs.

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GRILLE DE LECTURE

L’homme est un être libre doué d’intelligence et de volonté. Il est un être raisonnable qui est aussi un être de désir. Nous parions que personne n’ignore la dimension sociale, communautaire de l’homme. Ce qui voudrait dire que tout ce qui fait l’homme et sa noblesse l’oriente nécessairement et inéluctablement vers ce qui le satisfait pleinement et vers les autres êtres humains. L’homme n’est ni un être isolé ni un être fait pour quelque chose d’autre que le bonheur auquel il aspire fondamentalement. Et la raison qu’il a en propre et qui l’ennoblit en le distinguant des autres créés l’aide dans cette démarche existentielle.

En effet, comme le disait Descartes, l’homme est « une chose qui pense » et par la suite Pascal, son disciple, l’homme est « un roseau pensant », l’homme est cet être parmi les êtres qui se définit par la raison, cette faculté de distinguer le bien du mal, cette faculté de percement des mystères pour la vérité, pour l’orientation des actes et faits divers. Et comme le dit Kant, « Le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations (tant extensive, quant à leur variété, qu’intensive, quant au degré, et aussi protensive, quant à la durée) ».

Or, nous savons que la vérité est une condition sine qua non pour le bonheur. La vérité et le bonheur sont étroitement liés. Il n’y a pas de bonheur sans vérité. L’homme qui vit dans le mensonge, le doute…de ses acquis n’est pas heureux. La raison l’aide dans la quête du savoir, de la connaissance et de la vérité.  L’acquisition de la vérité aide justement l’homme dans son périple terrestre car la découverte du sens de l’exister humain est capitale pour être heureux. L’homme qui se pose des questions sur son exister demeure malheureux, en quête de quelque chose qui lui manque. Il y a comme un vide en lui. Il demeure insatisfait existentiellement.

Mais nous disons aussi que l’homme ne peut en ce monde se prendre ou se considérer comme un être fait pour vivre seul. Il est intrinsèquement social et sociable. C’est dire qu’il doit vivre avec les autres, être en rapport avec eux, entretenir avec eux des relations bienfaisantes, constructives. L’homme dans son agir ne doit donc pas oublier la portée existentielle, sociale, historique de son faire. Il est appelé à vivre éthiquement avec les autres. Nous voulons dire qu’il doit être vertueux. Depuis Aristote, nous savons que la vertu est très analysée. Elle désigne la perfection en toute sorte de fonction, d’être et d’action. La vertu sur le plan moral est cette disposition permanente à faire le bien.

Et lorsque Kant dit que la raison est donnée à l’homme pour atteindre la vertu, il veut insister sur le fait que l’homme vertueux est celui qui, en société, use à bon escient de sa raison. On dirait que l’homme vertueux est cet être vraiment raisonnable puisqu’il ne peut qu’agir raisonnablement, poser des actes raisonnables. La vertu est le principe même des actions humaines et le principe qui en détermine nécessairement les fins morales. Pour Kant, les fins morales de tout acte sont au nombre de deux : la perfection de celui qui pose l’acte et le bonheur d’autrui. La raison de l’homme fait donc de lui un être qui pose de bons actes, des actes moraux.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 15 novembre

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Le billet de Mejnour 45

CHEMINEMENTS

Après des périodes déterminées – jours, semaines, mois, années – à intervalles plus ou moins réguliers, résonne l’appel au bilan. S’accueillir devant le tribunal de la raison pour se laisser éclairer par le soleil de l’avenir, voici un motif suffisant pour marquer une pause. Chacun, en ce qui le concerne peut en profiter pour saisir la cohérence de sa philosophie personnelle, la contribution de sa pensée à l’érection de la philosophie comme référence incontournable pour l’humaine condition.

La philosophie est une grande et belle aventure en laquelle se dit toute la noblesse de l’homme, ce « frêle roseau pensant ». C’est une invitation à quitter les sentiers battus de réflexions ordinaires profondément ancrées dans la boue de la doxa. C’est la raison pour laquelle un Heidegger marquera l’histoire de la pensée par son souci de s’arracher au pouvoir de l’habitude, de creuser sans cesse. Le philosophe qui n’a pas le goût de l’approfondissement est comme condamné à consommer les nourritures terrestres quand les hommes nobles se laissent attirer par les célestes légèretés.

A quel niveau de notre cheminement en sommes-nous ? Cher compagnon, c’est par cette question que Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 44

RESIGNATIONS ?

Un courant de la philosophie antique attire ce jour notre attention. Il s’agit du stoïcisme. Le stoïcisme fut-il une pensée de la résignation ? N’est-il pas plutôt porteur de valeur dont la conscience contemporaine pourrait faire son profit ?

Avec ce billet, Mejnour voudrait, cher compagnon, proposer une rencontre avec tous les amis de l’Académos. Ne serait-il pas intéressant qu’au détour de discours sobres sur presque tout, il sache se taire et laisser parler la sagesse de ses compagnons ?

Ne serait-ce pas une occasion formidable que celle-ci ? Parler de philosophies qui se sont attelées à proposer une manière pratique d’affronter le monde sans trahir sa nature. Si les questions qui précèdent trouvent quelques réponses et suscitent quelque engouement, nous nous offrirons probablement, de temps à autre, des débats philosophiques en ligne. Cela te convient-il, compagnon très cher ? Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 15 novembre 09

« Fait capital et d’une immense portée, une conception anthropomorphique de Dieu nous est à la fois philosophiquement interdite et religieusement nécessaire. »

LE ROY, Le problème de Dieu

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GRILLE DE LECTURE

L’anthropomorphisme est le fait d’attribuer à Dieu la nature humaine, de lui donner des caractéristiques ou des représentations de l’homme. La religion le fait mieux. En effet, la religion est une relation entre l’homme et le divin. Du latin religare (relier), la religion signifie en soi ce qui relie l’homme au divin. Mais dans la conception religieuse en général, le divin est éloigné de l’homme (cf. les Religions Traditionnelles Africaines).

Ainsi pour montrer le divin, l’homme passe par soi. Comme le divin est au-delà de ce qui est sensible, qu’il ne peut faire demeure avec l’homme, c’est à travers des hommes qu’il se fait voir, qu’il dirige le monde. Le divin s’incarne dans les grands hommes. Il prend ainsi la peau humaine, agit par l’homme, agit en homme. Les grands hommes de ce monde, de l’histoire sont donc l’incarnation du divin. Le divin a ainsi des attributions humaines. Les calamités sont attribuées au divin mécontent : il a été lésé, offensé, négligé… Le divin a alors des actes, des sentiments humains, il agit comme l’homme dans la colère, la réclamation, le besoin (d’adoration et de sacrifice par exemple…). Voilà l’anthropomorphisme de Dieu. Cela engage toute la croyance religieuse.

Mais cela ne passe pas chez les philosophes qui voient dans la conception anthropomorphique de Dieu une certaine trahison, une imposture, une méprise. Dieu qui est l’Etre transcendant ne peut être cerné, caractérisé. Il ne peut être enfermé dans les schèmes du sensible, il dépasse tout ce qui est représentable intellectuellement puisqu’il est invisible. Dieu dépasse toutes les catégories humaines. L’Etre nécessaire, transcendant, ne peut être vu comme un homme car l’homme est un être qui doit le tout de son être à l’Etre suprême.

L’homme est comme un effet du don de l’être par l’Etre suprême qui est sa cause. Or, la Cause ne peut être prise comme et pour le causé, l’effet. Dieu est la Cause incausée de tous les êtres dont fait partie l’homme. Le rapport entre Dieu et l’homme est la causalité, la création, la donation de l’être. Leibniz disait « C’est se jouer de Dieu par des anthropomorphismes perpétuels : c’est se le représenter comme un homme qui se doit tout entier à l’affaire dont il s’agit » (Théodicée, I, § 122).

En effet, pour le philosophe, Dieu est trahi, est joué et l’anthropomorphisme n’a pas sa raison d’être en fait. Par l’anthropomorphisme, le causé se joue de l’Etre causant non causé. Aussi, Dieu est un Etre Absolu, et l’homme est un être relatif. L’Absolu ne peut revêtir la peau du relatif. Chacun a ses attributs propres qui le distinguent essentiellement de l’autre. On ne peut ramener l’Absolu, le nécessaire et l’Infini au relatif, au contingent et au fini.

fr Aristide BASSE, op

Pensée du 14 novembre

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Le billet de Mejnour 43

REGARD PHILOSOPHIQUE

Cher compagnon, l’un des secteurs les plus riches et les plus constructifs de la philosophie est probablement l’herméneutique. Car c’est un grand art que d’entrer dans les mots, de se laisser atteindre par leur substance-même. Et ainsi d’investir de sens les êtres, les phénomènes et les choses.

Ici, souffrez une excursion dans les mesures en sciences physiques. Il est trois façons possibles de prendre des mesures. L’une se fait par excès. C’est un travers induit par une plénitude mal réalisée. L’autre se fait par défaut. C’est une erreur qui signifie que celui qui mesure n’est pas à la bonne hauteur. La dernière, c’est la mesure juste, qui se tient à bonne distance des excès et des défauts. C’est la vision du philosophe, toute de pondération faite.

La mission du philosophe appelle avec une acuité singulière un recours à la pondération. De celle-ci, toutes les réflexions de l’homme sage sont empreintes. Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 42

QUESTIONS ACTUELLES

Mondialisation. Voici un mot-prétexte dont la présence ici aurait du, aurait pu se trouver retardée, sans cesse retardée. Mais l’inspiration a certains chemins qu’on n’évite qu’à son détriment. Alors, le mot est dit. La mondialisation impose à la culture contemporaine une confrontation des savoirs.

La philosophie n’échappe guère à cette règle qui doit se mêler de tout pour en saisir la substantifique moëlle et déceler la cohérence interne. Qui donc, mieux que le philosophe, est tenue de regarder le monde, de le faire comparaître en soi, d’être donc au parfum des faits les plus actuels ? Le philosophe n’a pas d’autre choix que d’être un homme de culture. Ceci implique que l’on ne vienne à la philosophie qu’après s’être frotté à la vie et aux leçons de l’expérience.

Est-il, en ce siècle de liberté, le philosophe n’a qu’un relatif besoin d’autorisation pour s’interroger à propos de tout. Autant il peut se demander si le capitalisme est moral, autant il peut explorer les profondeurs interdites des religions. Ni la littérature, ni la politique ne sont exclues du champ libre de ses investigations. Pourvu, évidemment, qu’il sache raison garder ! Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 41

MISSION DU PHILOSOPHE

Le philosophe est ami de la sagesse. A ce titre, il est réformateur du monde. Par ses soins, la sagesse est invitée à s’incarner sur la terre. Sa mission à lui, philosophe, est d’imposer partout et toujours, contre vents et marées, le sain usage de la raison, l’audace de penser droit, juste et bien.

Il n’est pas anodin de se souvenir qu’un roi, envoyant ses sujets réaliser quelque conquête coloniale, leur donnait comme consigne : « s’il vous arrivait d’instruire certains parmi eux, gardez-vous de former des philosophes. » C’est tout dire !

Philosophe, elle est glorieuse, ta mission. C’est parce que le monde est mal fait que de toutes parts est sollicitée ta raison. Et cela implique de grandes responsabilités. Car le pouvoir invincible de penser ne peut s’exercer sans une conscience aiguë de responsabilités réelles. Et c’est pourquoi il y a lieu, comme philosophe, de ne fermer les yeux sur rien. Simple devoir de vigilance, de sage vigilance. Quant à Mejnour, il te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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