« La fugacité du temps laisse des traces d’éternité ; ce sont elles qui garantissent la permanence du vrai »
JEAN GRANIER, Art et vérité
__________________________________________________________________________________
GRILLE DE LECTURE
Le temps est l’instant hors de soi et en fuite devant lui-même selon les trois ek-stases de la temporalité : le présent, le passé et l’avenir, qui nous entraîne dans sa marche inéluctable vers l’accomplissement de notre destinée. La destinée ne dit-elle pas l’attitude de l’être tendu vers la mort au sens heideggérien ? La mort comme passage obligé de l’être humain et ouverture sur un autre monde, celui qui nous fait entrer dans la béatitude de l’Etre. Le temps est donc l’essence de l’homme, il est une dimension fondamentale de l’existence humaine. Etant essence de notre être, voué à la finitude, le temps est toujours en marche vers un avenir. Il est une marche vers l’avenir. Le temps en tant que temporalité se temporalise comme avenir-qui-va-passer-en-venant-au-présent. En ce sens l’avenir n’est pas antérieur au passé et celui-ci n’est pas antérieur au présent.
Le temps est cela qui est à la fois distinct et inséparable ; le présent n’est pas fermé sur lui-même mais se transcende vers un avenir et au-delà d’un passé qui forment avec lui l’unité du temps intérieur. Cette fuite des instants du temps devant lui-même, ne vient-elle pas dire la fugacité du temps ? La fugacité dit la dimension d’une chose qui est en fuite d’elle-même. Or il semble qu’il n’y a de mouvement que par rapport à une stabilité. En ce sens, encore une fois, la fugacité du temps ne vient-elle pas dire la nécessité de la permanence ? La mobilité fait du temps la substance des choses. Dans le passage du temps, seul reste les traces de d’éternité, ces traces sont seules ce qui nous rassure de l’éternité du temps et de la permanence de notre être.
Mervy-Monsoleil AMADI, op
COMMENTAIRES