Archive for the ‘HERMENEUTIQUE’ Category

Pensée du 18 décembre 11

« Voici donc le philosophe en proie aux symboles, instruit par la phénoménologie de la religion et par l’exégèse. Que peut-il faire à partir de là ? Une chose essentielle, dont il est responsable dans l’autonomie de sa pensée : se servir du symbole comme d’un détecteur de réalité, et, ainsi guidé par une mythique, élaborer une empirique des passions qui trouve son centre de référence et de gravité dans les grands symboles du mal humain. Le philosophe n’a donc pas à faire une interprétation allégorisante du symbole, mais à déchiffrer l’homme à partir des symboles de chaos, de mélange et de chute. C’est ce qu’a fait par exemple Kant dans l’Essai sur le Mal radical, où le mythe de la chute lui sert de révélateur des passions et des maux et d’instrument de radicalisation de la conscience de soi. Il n’allégorise pas, mais il forme, en philosophe, l’idée d’une maxime mauvaise de toutes les maximes mauvaises qui consisterait dans la subversion, une fois pour toutes, de la hiérarchie entre la raison et la sensibilité. Je ne veux pas dire que Kant ait épuisé par là les possibilités de penser à partir du mythe ; je donne sa tentative comme le modèle méthodologique d’une réflexion aiguillonnée par le mythe et proprement responsable d’elle-même. Sans le ravitaillement en sous-main de la pensée par le mythe, le thème réflexif s’effondre et pourtant il ne s’insère dans la philosophie que comme idée, – même si cette idée est « inscrutable », comme le dit Kant. »

Paul Ricoeur, Philosophie de la volonté, II, 2, Aubier.

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Paul Ricoeur et la primauté du monde du texte

Fr Emmanuel AVONYO, op

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I.                   LE PROBLEME DU MONDE DU TEXTE

L’interprétation textuelle en tant que discipline scientifique a connu un développement remarquable grâce à l’œuvre de Paul Ricœur. Confronté dès les années 1960 au problème de l’exégèse biblique de la symbolique du mal, le philosophe français s’est mis à la recherche d’une méthodologie herméneutique originale. Il éprouva d’abord une fascination pour le devenir-texte du discours et prit le texte comme le point de départ de l’action humaine en tant qu’acte d’habiter le monde. Ayant ensuite mis au jour la relation d’inclusion mutuelle entre la méthodologie philosophique de l’interprétation et l’herméneutique biblique, il tira une double conclusion : d’un côté, l’interprétation des Ecritures apparaît comme une application régionale ou contextuelle de la théorie générale de l’interprétation propre à l’herméneutique philosophique et, de l’autre, l’interprétation biblique se subordonne l’herméneutique philosophique comme un organon.[1]

Que l’on considère l’herméneutique biblique comme une province de l’herméneutique textuelle ou que l’on établisse l’herméneutique générale simplement comme un organon pour l’interprétation des textes, le texte semble s’affirmer comme le centre de toute entreprise herméneutique. Dans cette perspective, Paul Ricœur présente le « monde du texte » comme « le centre de gravité de la question herméneutique »[2]. Dans la présente étude, nous voudrions introduire une réflexion d’ambition très modeste sur la notion de « monde du texte » qui apparaît comme la lame de fond de la philosophie herméneutique de Paul Ricœur. De façon particulière, notre propos s’intéresse à la place du concept de « monde du texte » dans la constitution du soi dans l’œuvre de Paul Ricœur. La question qui nous met en mouvement s’énonce donc ainsi : quelle est la médiation exercée par le concept de « monde du texte » dans la compréhension du soi qui vient à la lecture ? Nous parviendrons à la réponse que la trajectoire de sens tracée par la flèche du « monde du texte » s’achève dans la refiguration créatrice du monde du lecteur et dans la métamorphose de sa subjectivité.

II.   LA NOTION DE MONDE DU TEXTE

III. LA FONCTION DE DISTANCIATION ET L’APPROPRIATION

IV. CONCLUSION

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[1] Paul Ricœur, L’herméneutique biblique, coll. « La nuit surveillée », Paris, Editions du Cerf, 2001, p. 37.

[2] Paul Ricœur, « La fonction de distanciation », in Du texte à l’action. Essai d’herméneutiqueII, Paris, Cerf, 1986, p. 102.

Pensée du 26 octobre 11

« L’essence de l’art est de montrer – ou plus énergiquement, de rendre manifeste – comment le sens ad-vient à la réalité dans le monde. Cet advenir est l’instauration du sens, laquelle définit la beauté. »

Jean Granier, Art et vérité, p. 162.

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GRILLE DE LECTURE

Les propos de Jean Granier sur l’art sont des plus saisissants. Remarquons tout d’abord que l’esthétique est au confluent de plusieurs regards philosophiques : la philosophie de l’art, la métaphysique, la phénoménologie, l’herméneutique… La philosophie s’interroge sur tout ce qui est, y compris l’univers artistique. Elle devient phénoménologie lorsqu’elle prend en charge le problème central du statut du sens et du fondement des significations qui forment le monde naturel et culturel. La science de l’interprétation intervient en esthétique pour aider la philosophie à déchiffrer le sens caché sous les apparences sensibles relevées par la phénoménologie, et pour voir en quoi ce sens peut construire l’homme. Étudier  le comment de l’ad-venir du sens, c’est aussi faire de l’interprétation. Cette introduction faite, revenons à l’essentiel : l’essence de l’art est de dire le comment de l’instauration du sens dans le monde.

L’art n’est pas un dérivatif d’ennuis, l’art n’est pas le domaine de l’aléatoire, il n’est pas un exutoire pour une âme désolée. L’émotion esthétique est une convocation de l’être au sens. L’art est un support essentiel du sens de l’être monde, il est la traduction des significations que les choses du monde prennent pour une conscience singulière incarnée qui passe pour le berger de l’être. L’art est un point de rencontre entre l’être et le paraître, entre l’essence et l’apparence sensible. L’art nous fait entrevoir quelque chose qui dépasse l’apparence (Hegel). C’est pourquoi Jean Granier affirmait que la vocation de l’art est de transfigurer le sensible, de sorte qu’il devienne le médiateur de la pensée elle-même. Ce que l’art a encore de particulier, c’est qu’il instaure le sens dans (de) l’existence, mais ce sens s’incruste dans la beauté, qui n’est pas qu’une apparence belle, mais le reflet de cela (le sens) qui la précède (qui ad-vient).

A suivre

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 22 septembre 11

« En réalité s’ouvrir aux « dires d’autrui », d’un texte, etc., implique d’ores et déjà qu’ils soient situés dans le système de mes opinions, ou bien que je me situe moi-même par rapport à eux ».

Hans Georg Gadamer, Le problème de la conscience historique, trad. Pierre FRUCHON, Paris, Ed. du Seuil, 1996, p.80.

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Pensée du 20 juillet 11

« Les vrais symboles sont gros de toutes les herméneutiques, de celle qui se dirige vers l’émergence de nouvelles significations et de celle qui se dirige vers la résurgence des phantasmes archaïques.»

Paul Ricœur, Le conflit des interprétations, p. 27.

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GRILLE DE LECTURE

Chez Paul Ricœur, le symbole en tant que structure à sens multiples donne toujours à penser ; tout ce qui a une fonction symbolique est porteur d’un univers de sens auquel on accède que par l’interprétation. Deux observations en découlent pour cette explication : tout vrai symbole appelle plusieurs formes d’interprétation, et l’interprétation vise le-dit et le non-dit, le pensé et l’impensé. Selon la première considération, s’agissant des symboles, l’herméneutique plurielle est indépassable. Toutes les herméneutiques peuvent tourner autour d’une unique problématique : l’être de l’existant. L’existence dont traite la philosophie herméneutique est une existence qui se donne comme symbole d’interprétation. Mais les différentes modalités de l’existence ne peuvent être exprimées que dans une herméneutique instruite par des figures symboliques diversement perçues. Très souvent, des herméneutiques rivales se livrent une guerre intestine entre elles pour s’arroger un pouvoir plus certain sur la vérité de l’interprétation.

Un seul et même symbole peut être interprété d’après plusieurs points de vue, au regard de la discipline ou des outils méthodologiques d’approche. Selon Ricœur, ce sont les symboles les plus riches qui assurent l’unité de ces multiples interprétations. Un symbole moins riche donnerait moins à penser, moins à interpréter, il solliciterait moins de domaines d’intérêt et offrirait une approche réduite du sens. L’idée de l’unité des interprétations ne voudrait pas dire que toutes les herméneutiques se valent. C’est précisément le cas en philosophie linguistique, où « toutes les interprétations sont également valables dans les limites de la théorie qui fonde les règles de lecture ». Dans les sciences de l’interprétation, les herméneutiques ne sont pas des « jeux de langage ». Cette multiplicité des approches herméneutiques nous introduit dans la seconde considération selon laquelle un symbole recèle toujours un delà du symbole.

Tandis que certaines interprétations veulent faire sourdre d’un texte (symbole) un sens nouveau, d’autres au contraire ne font que ressasser le-dit explicite du texte. Or, le corrélat de l’interprétation, affirme Jean Granier, n’est jamais un donné brut, achevé dès l’origine. Le propre d’une herméneutique des symboles est de ne pas s’enfermer dans les archaïsmes interprétatifs. Une compréhension est toujours orientée par la manière de poser les questions et par ce qu’elle vise. Elle ne peut donc pas aboutir aux mêmes résultats. Certes, une interprétation part toujours d’un présupposé, d’une précompréhension, que détermine le rapport vital de l’interprète à la chose interprétée. A la suite de Bultmann, Ricœur met en garde contre une identification de la participation au sens du texte par la précompréhension avec quelque coïncidence psychologique entre l’interprète et l’auteur de l’œuvre ou son intention. L’interprétation est le lieu de naissance d’un nouveau sens pour le renouvellement de l’intuition qui l’a porté au jour ; ce qui faisait dire à Schleiermacher qu’elle permet de comprendre le texte mieux que son auteur lui-même ne s’est compris.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 12 juillet 11

« S’il y a un être du soi, il ne peut être atteint que par des détours d’altérité. Ces détours d’altérité sont de deux types. Le premier est phénoménologique : la chair, le corps, le corps propre, l’autre, la conscience et le monde. Le second est herméneutique : le symbole, le signe, le texte, l’action, l’histoire et l’œuvre. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 28 juin 11

« Se faire l’interprète de ce que veut la loi ou l’interprète de la promesse divine, ce n’est pas là manifestement une forme de domination mais une forme de service. C’est au service de ce qu’elles ont le devoir de faire valoir que se tiennent les interprétations qui incluent une forme d’interprétation ( herméneutiques juridique et théologique). Notre thèse est donc que l’herméneutique historique (philologique) a elle aussi à accomplir un travail d’application, car elle est, elle aussi, au service de la mise en valeur du sens, elle qui comble expressément et consciemment la distance temporelle séparant l’interprète du texte, elle qui surmonte l’aliénation de sens survenue au texte. »

Hans Georg Gadamer, Vérité et méthode. Les grandes lignes d’une herméneutique philosophique, Paris, Seuil, 1976.

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Pensée du 06 juin 11

« Comprendre, c’est déjà appliquer. »

Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode. Les grandes lignes d’une herméneutique philosophique, Paris, Seuil, 1976.

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GRILLE DE LECTURE

Cette nouvelle formule de Gadamer ne manque pas d’esthétique. On connaît sans doute des formules telles que « comprendre, c’est interpréter » ou « interpréter, c’est comprendre même ». Mais « comprendre, c’est déjà appliquer » nous paraît à la fois élégante et énigmatique. Disons simplement que cette proposition complète les deux autres que nous venons d’énumérer. En effet, Gadamer aime à rappeler que l’interprétation n’est pas un acte qui peut occasionnellement s’ajouter à la compréhension ; ainsi,  « comprendre, c’est toujours interpréter » ; et en conséquence, « l’interprétation est la forme explicite de la compréhension ». Ceci dit, l’interprétation et la compréhension sont deux moments d’un processus herméneutique trilogique.

Au vrai, tout acte herméneutique comprend trois éléments structurels : la compréhension, l’interprétation, et l’application. Voici comment les deux premiers éléments s’entrelacent. Comprendre un texte, c’est l’interpréter, relire le texte à partir des préjugés que l’on porte, à partir de son histoire propre et selon la tradition à laquelle l’on appartient. Comprendre un texte, c’est fusionner deux horizons, celui du passé et celui du présent pour en dégager un sens pour aujourd’hui. Le comprendre et l’interpréter appellent un troisième acte : celui de l’appliquer ou l’application. Dans une terminologie non typiquement gadamérienne, on parlerait de « contextualisation », « d’inculturation du sens », « d’herméneutique pratique », « d’appropriation »…

Comprendre, interpréter, appliquer décrivent un processus unitaire qui s’achève par l’application. C’est en ce sens qu’il faut entendre « Comprendre, c’est déjà appliquer ». Si les deux premiers moments de la trilogie paraissent ressortir à l’herméneutique philologique (interprétation générale), le moment de l’application est plus courant en herméneutique juridique et théologique. Ici plus que là, l’application est nécessairement partie intégrante de toute compréhension. Car, ce qui est constitutif des disciplines juridiques et théologiques, « c’est la tension existant entre le texte donné – texte de loi ou de révélation – d’un côté et, de l’autre, le sens qu’atteint son application à l’instant concret de l’interprétation. »

Il s’ensuit que l’arrière-plan historique du texte scripturaire ou de loi n’est pas le plus important. L’exégèse historique d’un texte est toujours au service de la situation changeante dans laquelle le message doit être reçu et appliqué. Que ce soit dans la sentence ou dans la prédication, un texte de loi ou un message de salut ne demande pas d’abord à être compris historiquement comme en herméneutique philologique. Pour comprendre un texte de façon adéquate (conformément à son ambition), suggère Gadamer, il faut le relire de façon nouvelle et différente à chaque instant, c’est-à-dire dans chaque situation concrète. Comprendre, c’est appliquer le texte à comprendre à la situation présente de l’interprète.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 01 juin 11

« L’authenticité d’une interprétation se mesure aux possibilités nouvelles que, dans l’œuvre, elle met au jour, menant ainsi cette œuvre comme au-delà d’elle-même. »

Alphonse de Waelhens, in Kant et le problème de la métaphysique, Introduction, Paris, Gallimard, 1953.

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GRILLE DE LECTURE

Le propre d’une interprétation est d’ouvrir un dialogue avec le philosophe, l’artiste ou le poète qu’elle interprète. Ce dialogue a la particularité d’être créateur ou recréateur d’une œuvre. Le dialogue avec un auteur est créateur ou recréateur de son œuvre parce qu’il n’est authentique que s’il renouvelle radicalement le sens de cette œuvre littéraire ou artistique en cours. Dans un mouvement impitoyable d’échange d’interrogations et de réponses, l’interprète fait entrer avec une certaine violence l’œuvre de son auteur dans une nouvelle histoire, celle de son (ses) lecteur(s). C’est peut-être à cette condition que l’œuvre atteindra sa véritable existence littéraire, celle d’échapper définitivement à son auteur. Pour entrer dans l’intelligence interprétative de la pensée d’Alphonse de Waelhens, faisons maintenant trois observations.

Selon la première, il y a un triple mouvement qui s’entrecroise dans toute interprétation : un mouvement entrant, de l’interprète vers le texte, un mouvement local du texte dans le texte et un mouvement sortant, du texte vers un au-delà du texte. De toute évidence, l’échange et la compréhension mutuelle réclament distinction et distance, en ce sens que le dialogue engagé avec une œuvre suppose que l’interprète y fasse prévaloir son propre point de vue. L’étonnement philosophique qu’une œuvre suscite en nous finit par rencontrer une espèce d’assentiment intérieur qui coïncide avec l’affirmation de notre propre point de vue. Ce premier mouvement personnel va vers le mouvement local qui consiste à investir son propre regard dans la justification de l’œuvre, à montrer que la naissance et l’existence de celle-ci étaient historiquement nécessaires, à retrouver le fondement qui porte l’œuvre tout entière et lui prête sa signification historique.

Deuxièmement, autant l’interprète ne doit pas se borner à son propre regard, autant il ne doit pas boucler l’horizon d’un texte lors de son explicitation justificative. L’étonnement philosophique fait sauter en quelque sorte les barrières constitutives du texte – c’est la condition première du dialogue littéraire – pour ensuite faire épanouir son sens latent. Ainsi, la force d’une interprétation réside dans sa vocation à mener l’objet interprété au-delà de lui-même, à faire comprendre un texte plus que son propre auteur ne l’ait compris et à conduire sa lecture et sa compréhension le plus loin possible. L’interprétation est une relecture, une reprise créatrice ou une répétition qui dépasse l’objet lu en le conservant. L’idée de reprise ou de répétition vise à souligner l’importance du mouvement local. C’est dans une œuvre que des possibilités nouvelles doivent naître.

Troisièmement, la recréation d’une œuvre par l’interprétation ne consiste pas à violenter au sens propre celle-ci, mais à lui ouvrir de nouvelles perspectives, à lui créer un avenir. C’est pourquoi écrire l’histoire d’une pensée équivaut à la réinterpréter, à en recommencer l’entreprise. L’interprète qui s’obstine à s’en tenir au sens manifeste d’un texte, le détruit en le privant de son mouvement dynamique et créateur. Selon Alphonse de Waelhens, il est caractéristique de toutes les grandes œuvres humaines d’être comprises de diverses manières, de fournir une issue à toutes les voies par lesquelles on s’efforce de les pénétrer : « elles peuvent ainsi vivre au travers des siècles, non parce qu’elles sont équivoques ou obscures, mais parce que leur richesse est si grande qu’elles rendent légitimes et fécondes les perspectives multiples sous lesquelles elles sont abordées… »

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 31 mai 11

« En réalité s’ouvrir aux « dires d’autrui », d’un texte, etc., implique d’ores et déjà qu’ils soient situés dans le système de mes opinions, ou bien que je me situe moi-même par rapport à eux… L’herméneutique doit partir du fait que comprendre, c’est être en rapport à la fois avec la chose elle-même qui se manifeste par la tradition  et avec une tradition d’où la « chose » puisse me parler. »

Hans-Georg Gadamer, Le problème de la conscience historique, trad. Pierre FRUCHON, Paris, Ed. du Seuil, 1996, p.80 et 85.

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