Archive for the ‘PHENOMENOLOGIE’ Category

Pensée du 03 avril 11

« La formulation thématique de la brisure et de la suture a une résonnance clinique. Il peut paraître surprenant que ces termes réservés à la pratique médicale soient appropriés pour donner le fil directeur de la compréhension d’une philosophie. Pourtant, le constat de la brisure et l’opération de la suture traversent, travaillent et commandent souterrainement la phénoménologie herméneutique de Ricœur. La brisure et la suture, il faut le reconnaître, n’ont jamais fait l’objet d’un traitement explicite et thématique dans l’œuvre de ce philosophe. »

David-Le-Duc TIAHA, Paul Ricœur et le paradoxe de la chair. Brisure et suture. L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 15 mars 11

« L’usage qu’un homme fera de son corps est transcendant à l’égard de ce corps comme être simplement biologique. Il n’est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d’embrasser dans l’amour que d’appeler table une table. Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions. Il est impossible de superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait « naturels » et un monde culturel ou spirituel fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme, comme on voudra dire, en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique – et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales, par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourraient servir à définir l’homme. »

Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945)

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Pensée du 06 mars 11

« Dans la phénoménologie du temps, la durée fonde la sériation temporelle car toute succession suppose une durée. La durée est ainsi l’eidos du temps. Par la durée nous pouvons donc comprendre la substance dans le phénomène comme le sub-stans, ce qui reste en dépôt sous le filtre de la contingence soumise à la sériation temporelle, à la succession… Si l’idée de la substance est ce qu’il y a de moins absurde, alors elle ne peut être constituée que par ce qui, dans le temps reste permanent : la durée. La durée est ce qui recueille le substrat de nos sensations en en constituant la forme permanente dans l’intuition intérieure. »

Dominique Assalé Aka-Bwassi, L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl, Paris, L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 20 février 11

« La compréhension de l’idée de substance dans le phénomène se constitue dans l’intellectualité du temps comme durée. Kant distingue dans le temps le moment de la pure durée et celui de la série. La durée du temps correspond à son étendue (Zeitumfang), le fait que le temps est d’abord contemporanéité et simultanéité avant d’être succession. La série est succession (Zeitreihe), le passage de l’antériorité à la postériorité. Le temps précédant qui passe continuellement le relais au temps suivant. »

Dominique Assalé Aka-Bwassi, L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl, Paris, L’Harmattan, 2009.

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Pensée du 08 février 11

« La crise de l’humanisme à notre époque a, sans doute, sa source dans l’expérience de l’inefficacité humaine qu’accusent l’abondance de nos moyens d’agir et l’étendue de nos ambitions… Notre époque ne se définit pas par le triomphe de la technique pour la technique, comme elle ne se définit pas par l’art pour l’art, comme elle ne se définit pas par le nihilisme. Elle est action pour un monde qui vient. Elle est action pour un monde qui vient, dépassement de son époque, dépassement de soi qui requiert l’épiphanie de l’Autre. »

Emmanuel LEVINAS, Humanisme de l’autre homme

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Pensée du 05 février 11

« Le génie cartésien est d’avoir porté à l’extrême cette intuition d’une pensée qui fait cercle avec soi en se posant et qui n’accueille plus en soi que l’effigie de son corps et l’effigie de l’autre… L’existence du monde qui prolonge celle de mon corps comme son horizon ne peut plus être suspendue sans une grave lésion du Cogito lui-même qui, en perdant l’existence du monde, perd celle de son corps et finalement son indice de première personne.»

PAUL RICOEUR, Philosophie de la volonté, I

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Pensée du 27 janvier 11

« Le sens, en tant qu’orientation, n’indique-t-il pas un élan, un hors de soi vers l’autre que soi alors que la philosophie tient à résorber tout Autre dans le Même et à neutraliser l’altérité… La philosophie se produit comme une forme (de pensée) sous laquelle se manifeste le refus d’engagement dans l’Autre, l’attente préférée à l’action, l’indifférence à l’égard des autres… »

Emmanuel LEVINAS, Humanisme de l’autre homme

Pensée du 25 janvier 11

« La faute est une aventure dont les possibilités sont immenses ; à ses dernières limites elle est une découverte de l’infini, une épreuve du sacré, du sacré en négatif, du sacré dans le diabolique… C’est la faute qui illimite le moi par-delà ses actes. Ainsi c’est en traversant sa faute que la conscience va à sa liberté fondamentale. Elle l’expérimente en quelque sorte en transparence. »

PAUL RICOEUR, Philosophie de la volonté, I

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Pensée du 15 janvier 11

« Intentionnalité et constitution renvoient toutes les deux au facteur commun du sens. Constituer c’est établir dans et à partir de la vie absolue de la conscience l’origine du sens donné à l’objet dans l’attitude naturelle. L’intentionnalité quand à elle a été originairement définie chez les scolastiques comme l’existence immanente de l’objet dans la conscience. Ce mode d’existence permettait de distinguer objet mental et objet réel. »

Dominique Assalé Aka-Bwassi, L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl, L’Harmattan, Paris, 2009, p. 419.

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L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl

Dominique Assalé Aka-Bwassi,

Et L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl[1]

(Excursus sur la péritiaque générale de l’expérience)

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Par Emmanuel Sena AVONYO, op

Un livre nécessaire, un livre digne d’une Somme. Ses pages offrent, au moyen d’études approfondies et d’analyses concrètes, un regard spéculatif novateur sur le corpus husserlien. La contribution originale qu’il apporte à la relecture de l’œuvre de Husserl apparaît surtout dans la dernière partie intitulée « Applications de la phénoménologie en tant que logique de l’expérience aux recherches cognitives et spirituelles dans le champ de l’expérience universelle ». Dans l’ensemble, L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl invite à revisiter les fondamentaux de la phénoménologie husserlienne que son auteur positionne résolument comme une philosophie d’avenir. Dans le souci d’attirer l’attention du public sur l’intérêt scientifique (herméneutique) de cet ouvrage et les discussions  philosophiques qu’il provoque chez ceux qui ont à cœur cette forme d’élévation d’esprit, nous mettons à leur disposition ce petit guide de lecture : il fait découvrir sommairement la structure de l’ouvrage, la problématique de la phénoménologie husserlienne comme logique de l’expérience, les applications possibles du concept de logique de l’expérience, ainsi que l’auteur.

Structure et originalité du livre

L’ouvrage de Dominique Assalé Aka-Bwassi intitulé L’idée d’une logique de l’expérience dans la phénoménologie de Husserl comprend cinq grandes parties : dans la première, l’auteur énonce quelques considérations préliminaires sur la logique de l’expérience chez Husserl. Dans la deuxième partie, il expose les critiques faites à la logique de l’expérience ainsi que les réponses formulées par Husserl lui-même à ses critiques. La troisième partie de son développement fait état de la refondation de la phénoménologie husserlienne après la critique de Frege. La quatrième partie du livre expose systématiquement le concept de logique de l’expérience. La dernière partie du travail est réservée aux applications épistémologiques de la logique de l’expérience husserlienne. De manière générale, et d’un point de vue historique, Dominique Assalé note que l’histoire de la philosophie qui part de Platon avait déjà en germe l’idée d’une phénoménologie comme science philosophique[2]. Cette phénoménologie devenue philosophie première avec Husserl consistera en une relecture du champ de l’expérience où l’ego et le monde se tiennent en corrélation intentionnelle. En fait, la phénoménologie husserlienne, comme toute philosophie postkantienne à prétention phénoménologique, porte « le projet d’une rationalisation intégrale de l’expérience ». Mais comment Husserl exécute-t-il ce programme après, tant d’autres dont Fichte, Schelling et un certain Hegel ne sont pas des moindres ?

LIRE LA SUITE >>> L’IDEE D’UNE LOGIQUE DE L’EXPERIENCE DANS LA PHENOMENOLOGIE DE HUSSERL, D. ASSALE

 

 


[1] L’Harmattan, Paris, 2009, 510 p.

[2] Ce que l’auteur met au compte d’une exégèse rationnelle dans la manière dont Husserl lit les philosophes qui l’ont précédé, notamment Platon ; Cf. le diagramme de la page 125.