Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

Autarcie

Le Billet de Mejnour 91

Aristote distingue deux mondes situés de par et d’autre de la lune. Celle-ci borne le monde sublunaire qu’elle sépare du monde supra lunaire. Le premier, c’est le nôtre, c’est le lieu de la contingence. Tout y arrive fréquemment. Le second, c’est celui de la perfection, de la forme circulaire, icône de la perfection, de la suffisance. C’est le trône de l’autarcie.

Etre apatride, c’est peut-être choisir de pousser la mondialisation jusqu’en ces conséquences possibles et plausibles. Or, ladite mondialisation a encouragé moult replis identitaires dont l’un des effets perceptibles par la conscience contemporaine est un certain « choc des civilisations ».

« Puisque tu tiens à m’envahir pour diluer mes valeurs et ma culture, je t’attaque et je te tue. Laisse-moi tranquille ou meurs. » Et voici l’autarcie préférentielle. L’un des traits distinctifs de la raison, c’est pourtant de savoir tenir la bonne distance. Etre assez proche du feu pour profiter de sa chaleur, en être assez éloigné pour ne pas brûler.

Gandhi n’était pas chrétien. Et pourtant, qui contesterait l’influence de l’Evangile (pas des lois bornées édictées par de viles consciences pour asservir des sots) sur sa théorie de la non violence ?

L’humanité a ses monuments. Un monument est un signe ouvert sur la vie. Et le signe est une éloquente négation des autarcies meurtrières. Etre humain, c’est être ouvert, c’est être vivant.

Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 29 janvier 10

« Nous sommes entrés dans le règne de l’humanisme où les valeurs ne sont plus du domaine de l’être, ne sont plus domiciliées dans la nature, mais relèvent du devoir-être, d’un idéal à venir, et non d’un réel a priori harmonieux et bon, toujours déjà donné aux hommes et prêt à les accueillir avec bienveillance ».

LUC FERRY, Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

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GRILLE DE LECTURE

L’humanisme est une doctrine philosophique et éthique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. Il est caractérisé par un effort pour promouvoir la dignité de la personne humaine et endiguer toute tentative de la réduire à un simple moyen. Né depuis le temps de Protagoras, le mouvement parvient à maturité dans une modernité marquée par la liberté de choix, le désir d’accomplissement moral personnel, et ce que Marcel Gauchet appelle « le désenchantement du monde ».  Alors que les Grecs voyaient dans la nature l’harmonie parfaite et le modèle d’être, l’humanisme moderne, sous la houlette de Descartes et Kant, déplace le centre de gravité des valeurs de la nature au sujet rationnel doué d’autonomie morale. L’humanisme en question n’est pas l’humanisme de la première modernité (15e et 16e siècles) mais l’humanisme des Lumières. Celui-ci remet en cause l’en-soi des valeurs et constitue le sujet individuel en un centre de décision autonome.

Le règne de l’humanisme est donc celui de la redéfinition de la vertu, qui n’est plus simple actualisation d’une nature bien née, mais lutte de la liberté contre la naturalité en nous. L’ordre naturel y perd sa transcendance, l’humanité à construire ne préexiste pas à l’homme et l’être moral vole en éclats. Les valeurs relèvent dorénavant du devoir-être, de l’à venir. Les accents de normativité et de religiosité cosmiques antiques deviennent surannés et font place à l’émergence d’un sujet dont la centralité dénonce toute valeur établie. Du coup, l’homme semble devenir sa propre norme, il donne la forme qui lui convient à sa vie morale selon les circonstances de la vie. L’esprit critique et la faculté de choix de l’homme finissent de lui enlever la bienveillance par laquelle il pouvait docilement se soumettre à une axiologie naturelle.

Emmanuel Sena AVONYO, op

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Pensée du 28 janvier 10

« Une double condition domine le développement de la philosophie thomiste : la distinction entre la raison et la foi, et la nécessité de leur accord. »

Etienne Gilson, La philosophie au Moyen Age

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GRILLE DE LECTURE

Il n’y a pas un meilleur jour pour rendre hommage à la pensée de Saint Thomas. Chaque 28 janvier, la pensée philosophique chrétienne honore l’un de ses plus dignes représentants : Saint Thomas d’Aquin (1225-1274). Ce religieux dominicain italien que sa famille a séquestré à cause de son ardent désir d’entrer en religion s’est fait le chantre vénérable du dialogue entre la raison et la foi, entre la philosophie et la théologie. Celui que la tradition religieuse surnomme le « Docteur Angélique » fut très fécond dans la pratique de l’empirisme aristotélicien en remettant en œuvre l’édifice métaphysique de son maître. Le problème religieux a aussi obtenu de lui le meilleur de l’énergie intellectuelle disponible au Moyen Age.

Saint Thomas a mis la métaphysique d’Aristote au service de « l’ontologie du mystère chrétien »  (Dominique Durbale). Il a fait une synthèse adéquate des travaux d’Aristote et de Saint Augustin. Le domaine entier de la pensée philosophique de Saint Thomas relève exclusivement de la raison ; c’est-à-dire que le philosophe ne doit rien admettre que ce qui est accessible à la lumière naturelle de la raison et ce qui est démontrable par ses seules ressources. La théologie au contraire se fonde sur la révélation, c’est-à-dire en fin de compte sur l’autorité de Dieu. Un philosophe argumente donc toujours en cherchant dans la raison les principes de son argumentation ; un théologien trouve les principes premiers de son élaboration dans la révélation. Ces domaines ainsi rigoureusement délimités par Saint Thomas, leur accord est aussi nécessaire, de droit comme de fait.

D’abord un accord de droit entre les conclusions dernières de la philosophie et de la théologie est pour Thomas une chose certaine. Ni la raison, lorsque l’homme en use correctement, ni la révélation, puisqu’elle a Dieu pour origine, ne sauraient nous tromper. Ensuite, de fait, un accord de la vérité avec la vérité étant nécessaire, la vérité de la philosophie devrait se raccorder à la vérité de la théologie par une chaîne ininterrompue de rapports vrais et intelligibles si l’esprit humain pouvait comprendre pleinement les données de la foi. L’auteur de la Somme Théologique conclut que toutes les fois qu’une conclusion philosophique contredit le dogme, c’est un signe que cette conclusion est fausse. A la raison dûment avertie de se critiquer ensuite elle-même et de déceler le point où s’est produite son erreur. L’interprétation rationnelle des données de foi doit permettre de remonter par la raison vers la révélation et de redescendre de la révélation vers la raison.

Emmanuel AVONYO, op

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Confrontations infernales

Le Billet de Mejnour

Rencontres avec nos ombres que celle-ci qui nous renvoie « à nos actes manqués, nos faiblesses, nos oublis, nos désespoirs. » C’est là, sur ces liens qui, nous rivant aux pesanteurs du passé, nous interdisent d’inventer l’avenir, qu’Hercule achève sa course et nous cède pour longtemps la parole avec la liberté qui lui est unie. Ceci, cher compagnon, est fort probablement l’une des dernières allusions à Hercule. Il aura vécu sur ces pages. Il aura servi de prétexte à la présentation de quelques valeurs humaines. Et sa course prend fin par un noble message. Il faut avancer en eaux profondes, oser braver les conformismes qui affadissent la pensée, les oublis volontaires et les convictions dictées de l’extérieur. « Sapere aude », littéralement traduit par « ose savoir » t’enjoint, ô compagnon vénérable, de quitter les sentiers battus d’idées reçues, les lieux communs du moindre effort pour libérer nos profondeurs intérieures des épouvantails qui leur nuisent.
Voilà, sortons donc des mythes avec cette exhortation à voler vers les sommets. Elle a donc sonné, l’heure du nouvel élan. Puisses-tu être aux nouveaux rendez-vous du donner et du recevoir. Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

Pensée du 27 janvier 10

« Avec l’intime conviction s’achève le parcours de la quête de la justice, amorcée par le souhait de vivre dans des institutions justes, et ratifiée par la règle de justice dont le formalisme procédural vient garantir l’impartialité. »

Paul Ricœur, Le Juste

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GRILLE DE LECTURE

La philosophie contemporaine abonde en littérature essentiellement divergente sur l’articulation de deux conceptions classiques de la justice : la justice selon l’ordre téléologique (celui du bien) et la justice selon l’ordre déontologique (celui du légal). Paul Ricœur nous situe ici au cœur de sa contribution à la discussion du problème moral qu’est celui de la justice. Le terrain de la justice est en effet celui de sa préférence en matière de philosophie morale et politique. Dans Le Juste comme dans sa « petite éthique » de Soi-même comme un autre, Paul Ricœur montre que le procès éthique de la justice commence au plan téléologique en tant que vertu et se situe au-delà de l’opposition classique qu’on connaît. L’éthique est commandée par le désir de vivre bien avec et pour les autres dans des institutions justes. De ce fait, trois éléments nous paraissent importants à retenir concernant la justice :

D’abord la justice n’est réductible ni à l’une ni à l’autre conception du juste. La justice est à situer entre le bon et le légal, entre téléologie et déontologie, entre visée éthique et exigence morale ; ensuite, avant la loi morale, il y a l’éthique qui est au principe de toute norme. Si l’éthique prime sur la morale, il y a néanmoins nécessité pour la visée éthique de passer les actes humains par le crible de la norme ; enfin, c’est à la sagesse pratique qu’on recourt en dernier ressort pour l’appréciation du juste. C’est avec l’intime conviction que s’exerce le jugement en situation. Ce n’est plus ni au bon ni au légal, mais c’est à l’équitable, figure du juste dans des situations d’incertitude, que revient le dernier acte de la justice.

La justice naît par un sens de la justice et s’achève dans la conviction après un détour par les lois. L’appréciation du juste passe ainsi du bon au légal, puis du légal à l’équitable, comme un au-delà de la norme. La justice est libérée de l’enfermement dans les structures objectives et d’obligation. Certes, la légitimité d’un recours à la norme réside dans la nécessité d’empêcher, de maîtriser tout les revers qui contrarieront la visée éthique dans sa tension vers le bien universel. En définitive, la règle de justice consacre et règlemente le parcours de la vie bonne, le souhait de l’homme de vivre bien dans des institutions justes. Le formalisme procédural qui découle de la règle n’est pas une fin en soi, il n’est qu’une garantie convenue en vue du bon déroulement de la vie dans des conditions de justice.

Emmanuel AVONYO, op

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Douxième travail d’Hercule

« 12° Enlèvement de Cerbère aux Enfers : Ce fut la dernière et la plus périlleuse des missions qu’accomplit Héraclès. Aidé par Hermès et Athéna, le héros descendit au royaume des Ombres, d’où jamais aucun mortel n’était revenu. Il profita de ce voyage pour délivrer Thésée, immobilisé depuis plusieurs années sur la chaise de l’Oubli, et réussit à s’emparer de Cerbère et à la transporter en Argolide. Epouvanté, Eurysthée lui fit aussitôt rendre le monstre aux Enfers. »
C’est avec ces lignes, cher compagnon, que prend fin notre incursion dans le monde mythique d’Hercule. Ce travail, le dernier, nous replonge dans l’atmosphère des premiers jours. Mais il nous offre aussi le privilège indéniable de conserver dans un recoin de notre mémoire, l’image d’un homme qui s’est offert à nos réflexion pour nous inviter à émerger des nuages de nos complicités tacites avec les appâts de la terre. Demain, nous conclurons notre méditation sur ce dernier travail. En attendant, cher compagnon, Mejnour te salue!

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

Pensée du 26 janvier 2010

« Autrui n’est jamais tout à fait un être personnel, si j’en suis un moi-même absolument, et si je me saisis dans une évidence apodictique. »

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception

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GRILLE DE LECTURE

Le cours de l’histoire générale du monde garde en arrière-plan une image de méfiance entre les hommes. C’est de cela que ne cessent de témoigner les conflits meurtriers qui chaque jour endeuillent l’humanité. L’homme désormais a une manière de se poser par rapport à l’autre. La construction du Moi ne laisse pas de place à l’autre ; dans cette optique, l’autre se voit réifier, chosifier. Dans ce sens, comment redonner place à autrui ?

Pour Merleau-Ponty redonner place à autrui c’est le laisser vivre comme sujet. Or, tant qu’autrui réside dans le monde, qu’il y est visible et qu’il fait partie de mon champ, il n’est jamais un Ego au sens où je le suis pour moi-même. Pour le penser comme un véritable Je, je devrais me penser comme simple objet pour lui, ce qui m’est interdit par le savoir que j’ai de moi-même. Ni moi ni autrui, personne n’est réductible à un objet. Ainsi pour que je laisse autrui vivre et qu’il me laisse vivre, ni moi, ni lui ne devrons nous poser comme un absolu. L’évidence d’autrui est possible parce que je ne suis pas transparent pour moi-même et que ma subjectivité traîne après elle son corps.

Le regard absolu est unilatéral et ramène tout à soi. Pour une authentique relation, l’homme doit sortir de son ipséité, de sa subjectivité monadologique afin de s’ouvrir à l’autre. C’est pourquoi le corps merleau-pontien est déhiscence, ouverture. Ouverture à autrui parce que nous partageons un même sol corporel, une même chair.

Endurance, persévérance, ruse

Le Billet de Mejnour

Vivre! Ce verbe ne se conjugue vraiment qu’avec art. En effet, se donner le temps de vivre exige qu’on en possède l’art. Et qu’est-ce l’art de vivre sinon le choix de persévérer dans ses options jusqu’à leur entière satisfaction? Cela exige une résistance à toute épreuve. Car nul n’avance seul. Chacun a ses adjuvants et ses opposants. Tous, nous sommes mus par quelque force (humaine ou surhumaine, matérielle ou spirituelle) vers les horizons et l’azur de bonheurs divers. Et tout au long de ce périple vers l’azur, il est nécessaire de faire face à moult fluctuations et frustrations. Mais il ne faut pas perdre de vue l’objectif, ne pas lâcher la proie pour son ombre.

Résister au sens où il faut « croire qu’un autre monde est possible et contribuer à le bâtir » est un signe patent de cette endurance qui prend l’éclat de sa splendeur dans une persévérance éclairée par la raison. A bien réfléchir, personne ne veut partager le destin des feuilles mortes qu’emporte le moindre vent. Et s’il faut, pour atteindre ses objectifs, soulever la terre et manquer de se laisser écraser par elle, ce n’est point dramatique. L’essentiel est de ne point perdre de vue ce qu’on cherche. Et tant que le jeu en vaut la chandelle, il peut être utile, agréable et nécessaire d’user de ruse. User, pas abuser. Telle est l’une des leçons possible de ce jeu de la vie dont Hercule nous livre un des nombreux aspects. Simplement. Mejnour te salue!

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

La facticité de la condition existentielle

L’Atelier des concepts, par Emmanuel AVONYO, op

Semaine du 24 janvier 2010

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Dans cet exposé sur la facticité de la condition humaine que nous voulions initialement intituler les concepts de la condition existentielle de l’homme, notre but est double : montrer dans un premier temps le caractère prépondérant du concept de facticité dans la philosophie existentielle qui se réclame de Heidegger et de Sartre ; puis, dans un deuxième temps, expliciter le lien entre la facticité, la transcendance et l’intelligibilité. L’atelier de concepts de cette semaine s’occupe du premier objectif énoncé.

1. La contingence et la facticité

2. La déréliction et la facticité

Lire l’article >>> LA FACTICITE DE LA CONDITION EXISTENTIELLE.PDF

Dans ce bref parcours exploratoire de la notion de facticité, nous l’avons définie comme une non-nécessité d’exister. La facticité se révèle au centre d’un réseau de concepts qui caractérisent la condition humaine dans l’existentialisme. La facticité, la contingence, la déréliction sont autant d’acceptions du même mode d’existence qui n’accèdent pas directement à l’intelligibilité. Lorsqu’il s’emploie à les comprendre, l’homme se dévoile comme un être constamment en dépassement de soi pour s’élever à une transcendance dont il est le « chiffre ». L’intelligibilité et la transcendance étant deux autres concepts qui entretiennent une étroite relation avec la facticité, nous en parlerons la semaine à venir.

Emmanuel AVONYO

>>> L’intelligibilité à l’aulne de la transcendance>>>

>>> L’existentialisme athée de Merleau-Ponty >>>

>>>L’existentialisme athée de Sartre>>>

>>> Qu’est-ce que l’existentialisme ?>>>


[1] Selon Gilles Vannier, François Vezin, traducteur d’Etre et Temps, aurait rendu le terme facticité par factivité.

Pensée du 25 janvier 10

« Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »

Camus, Le Mythe de Sisyphe

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GRILLE DE LECTURE

Interroger la vie nous conduit souvent à la problématique du sens. D’abord, parce que vivre c’est sentir et se sentir. Toute vie s’éprouve d’abord, agréable ou désagréable, l’existence est toujours sentiment d’exister. Mais lorsqu’il s’agit de la vie d’un être raisonnable, nous voudrions comprendre, comment, pourquoi et en vue de quoi il vit. Question qui n’est pas sans importance, car c’est de sa réponse que dépend la valeur de la vie : la vie vaut-elle ou non la peine d’être vécue, et qu’est-ce qui peut lui donner cette valeur ? D’où découle une autre question : sommes-nous maître de notre vie, ou en sommes-nous toujours dépossédé, d’une manière ou d’une autre ?

Telles sont les questions qui habitent journellement l’homme. Question qui nourrit la quotidienneté philosophique du philosophe. Avoir affaire au sens de la vie même ou plutôt à son non-sens, c’est enfin penser aux choses sérieuses. Comme le dit Camus dans le même texte, « il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Et les autres problèmes que pose la philosophie gravitent autour de la question du sens de la vie ou convergent sur cela. L’expérience de la vie est une question capitale de la philosophie, elle est aussi au cœur de la pensée camusienne. En un mot la question du sens de la vie répond à la vocation fondamentale de la philosophie.

Fr Mervy-Monsoleil AMADI, op

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