Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

La phénoménologie ontologique d’Edmund Husserl

L’Atelier des concepts, par Emmanuel AVONYO, op

Semaine du 01 mars 2010

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Dans son article sur l’ontologie publié dans l’Encyclopédie française, Paul Ricœur affirme que la phénoménologie a ouvert une nouvelle voie d’accès à l’ontologie. Par phénoménologie, il entend la science descriptive des traits essentiels de l’expérience prise dans son intégralité, la science qui décrit les apparences ou les apparitions. Il définit l’ontologie comme la doctrine ou la théorie de l’être en tant qu’être. Voici quelques unes des questions qui traversent cette réflexion : existe-t-il une ontologie dans la phénoménologie de Husserl ? Quelle place faut-il réserver à la question de l’existence dans l’ontologie qui procède de la phénoménologie ?

Paul Ricœur se pose la question de savoir si la phénoménologie de Husserl n’est pas un effort de quarante ans pour supprimer l’ontologie au sens classique comme au sens post kantien. Ricœur rapporte les résultats d’une enquête menée par Pierre Thévenaz sur Husserl et sa descendance spirituelle. La conclusion de cette étude est que le vœu d’une philosophie sans ontologie serait le pathos de la méthode husserlienne. Quoi qu’il en soit réellement du statut de la phénoménologie existentielle de Husserl, ce qui intéresse de plus près notre propos, c’est le fait que « l’œuvre de Husserl accuse une inflexion existentielle de la phénoménologie transcendantale » lors de son ouverture à l’ontologie du monde de la vie.

LIRE LA SUITE >>> LA PHENOMENOLOGIE ONTOLOGIQUE DE HUSSERL

08/03/10 >>> LE VISIBLE INVISIBLE >>>

22/02/10 >>> EXISTENCE ENTRE PHENOMENOLOGIE ET ONTOLOGIE

12/10/09 >>> ONTOLOGIE ET PHENOMENOLOGIE >>>

15/11/10 >>>L’IDEE DE LOGIQUE DE L’EXPERIENCE DANS LA  PHENOMENOLOGIE D’EDMOND HUSSERL >>>



Pensée du 28 février 10

« Il n’existe un même, certain d’être comme il est, que si peut exister au moins un autre que le même n’est pas, mais auquel il ne cesse de renvoyer comme à ce dans quoi il paraît. »

DIBI KOUADIO AUGUSTIN, L’Afrique et son Autre, la différence libérée.

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GRILLE DE LECTURE

Le même n’est pas l’autre mais, de ne pas l’être, il le nécessite afin d’être tel qu’il est. On pourrait se demander ce que serait la vie, sans la possibilité de l’autre en général. Rien, dans ces conditions, n’aurait pu exister. Exister renvoie à l’idée d’être venu au jour, de se tenir hors de, en un mot, d’être né. Etre né ne suggère-t-il pas le fait de s’être, au moins, distingué de quelque chose ? En un sens métaphysique, l’existence n’implique-t-elle pas la pure possibilité de l’être deux ?

Vivre c’est vivre-avec, être c’est être-avec. Avec qui pourrait-on être sinon l’autre ? Je ne peux dire Je qu’à partir du moment où je me trouve en face d’un Tu. La constitution d’autrui ne vient pas après celle de mon corps, autrui et mon corps naissent ensemble de l’extase originelle. Nous appartenons à une seule corporéité, à un seul Etre. L’autre me révèle ma singularité existentielle. Le même est même par rapport à l’autre. Ce que je perçois d’abord, c’est une autre sensibilité, et, à partir de là seulement, un autre homme et une autre pensée. L’autre est un absolu qui vient à moi, mais lui et moi sommes comme les organes d’une seule intercorporéité. Autrui m’apparaît donc par extension de cette comprésence.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 27 février 10

« Je suis un gardeur de troupeaux. Le troupeau, ce sont mes pensées et mes pensées sont des sensations. Je pense avec les yeux et avec les oreilles et avec les mains et avec les pieds et avec le nez et avec la bouche. Penser une fleur c’est la voir et la respirer et manger un fruit c’est en savoir le sens. »

Fernando PESSOA, Le gardeur de troupeau.

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GRILLE DE LECTURE

Le gardeur est celui qui veille sur… ; garder c’est prendre soin de… Le poète nous invite aujourd’hui à prendre soin de nos pensées. Mais qui suis-je sinon mon corps ? L’appel à être le gardeur de mes pensées n’est-il pas une subtile invitation à considérer l’aspect corporéitique de mes pensées ? Nous pensons que cette hymne poétique est une description de la vie, de l’exister, de la présence et de l’absence, du métissage du corps et de l’esprit. Elle nous rend à nous-mêmes au gré de nos errances et de nos certitudes comme de nos projets, en ce qu’elle nous permet essentiellement de nous appartenir, en nous ouvrant à la complexité vécue de notre lien charnel avec le monde et les choses.

Il n’y a pas de pensée sans corps ni de corps sans pensée. Le rapport entre la pensée et le corps n’est pas dialectique mais chiasmatique ; ils s’imbriquent, s’enjambent et s’enveloppent. L’entrelacs du corps et de la pensée permet à l’esprit humain de scruter dans le sensible le sens des choses qui s’offrent à lui. A travers la corporéité de la pensée, l’esprit se sensibilise et le corps se spiritualise. D’un point de vue phénoménologique, l’esprit et le corps sont inséparables. Tout se passe comme si les choses étaient des fruits dont la peau retenant captive la pulpe, tout en annonçant au-dehors la suavité de sa chair, elle-même ramassée autour de son centre qu’est l’amande.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 26 février 10

« L’homme moderne ne cherche plus à se conformer à un ensemble de règles préétablies et fixées définitivement ; il se comprend plutôt comme étant appelé à se définir lui-même et à créer son propre avenir. »

Jean-Marie Aubert, La morale

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GRILLE DE LECTURE

Les lois, qu’elles soient positives ou morales, sont considérées par l’homme moderne comme une oppression, un viol de sa conscience libre. Chacun aurait aimé, sinon définir librement les lois qui lui conviennent, du moins être libre de se soumettre ou pas à une loi que la société lui lui ordonne de respecter. Cet affranchissement vis-à-vis des normes est plus manifeste dans le domaine moral. Chacun doit être  responsable de sa vie et de son avenir, affirme-t-on souvent, et pour une juste raison. Jean-Paul Sartre confirme bien cette tendance moderne du relativisme moral et de rejet de l’ordre préétabli. Ma liberté, écrivait-il dans L’être et le néant, n’est pas une quantité surajoutée ou une propriété de ma nature ; elle est exactement l’étoffe de mon être.

L’homme est une liberté à l’état pur, il est même condamné à la liberté.  Et pendant qu’il purge sa liberté, il est absolument sa propre norme. Ainsi, de nos jours, observe Jean-Marie Aubert, le langage populaire oppose volontiers l’idée de « morale » et celle de la « liberté ». C’est même un des aspects importants de l’humanisme qui caractérise l’homme moderne. Depuis l’impératif catégorique de Kant, la morale est réduite à un tissu de contraintes aliénant la liberté de l’homme. Le rejet de la primauté du pouvoir politique et l’exaltation de la liberté individuelle sont des corollaires majeurs du rejet des normes établies. Jean-Marie Aubert note que malgré le discrédit dans lequel sont tombées les règles préétablies, notre époque est marquée par un appel éthique. Selon lui, un puissant mouvement traverse nos sociétés, celui des revendications qui sont toutes d’ordre éthique et moral. Ce mouvement s’exprime dans les révoltes contre les injustices.

Tous les hommes, quelle que soit leur conception de la vie éthique et politique, aspirent vers plus de justice, de respect de la dignité humaine, entre individus, classes ou nations. Loin de verser dans l’immoralité ou l’indifférence morale, les mouvements les plus significatifs de notre temps manifestent la reconnaissance la plus spectaculaire du besoin de règles éthiques et morales qui soient au service réel de l’homme. Car, l’idée même de justice sociale n’a de sens que par une régulation rationnelle et contraignante des rapports humains. Cela n’étonne pas si on tombe d’accord que tous les hommes partagent la même condition et qu’une approche normative de l’agir humain ne fait que répondre à l’aspiration de l’homme à un bien être intégral. De là, les normes, loin de disloquer l’étoffe de l’être homme, seraient la mise en pratique des exigences du métier d’homme.

Emmanuel AVONYO, op

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Leviathan

Le billet de Mejnour 66

Pour qu’une société soit heureuse et prospère, il est bon que ses membres se soumettent à un pacte qui en assure le bon fonctionnement. Au terme de ce pacte, chacun, en ce qui le concerne, exerce une mission particulière au profit de tous.

Il en est qui aiment le pouvoir. Quand ils sont éclairés, ouverts et constructifs, il est possible que « tout baigne ». Quand l’appétit du pouvoir, en soi, justifie l’exercice du pouvoir, quand on a soif de gouverner sans autre mobile que celui de trôner sur la tête d’une multitude de sujets, alors, il est bon de se souvenir que « le pouvoir corrompt ; le pouvoir absolu corrompt absolument ».

L’exercice du pouvoir est difficile dans la mesure où le contrat social engage une mosaïque d’individualités libres. Et s’il faut ajouter à cette difficulté le despotisme des caprices d’un potentat, la vie perd son sens et l’homme son éclat.

Mais comment, peuple, encadrer un Léviathan surpuissant ?

Mejnour te salue.

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 25 février 10

« Le lien avec autrui ne se noue que comme responsabilité, que celle-ci d’ailleurs, soit acceptée ou refusée, que l’on sache ou non comment l’assumer, que l’on puisse ou non faire quelque chose de concret pour autrui. Dire : me voici. Faire quelque chose pour un autre, donner. Etre esprit humain, c’est cela. »

Emmanuel Levinas

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GRILLE DE LECTURE

Il y a une grande proximité étymologique entre « responsabilité » (acharaiout) et « Autrui » (acher) dans la langue hébraïque. Ainsi, par un heureux concours de circonstances ou à l’issue d’une pointilleuse construction conceptuelle, responsabilité et autrui se retrouvent liés à la racine de leur signification dans la philosophie de Levinas. Mais il semble que cette place capitale accordée à autrui et à la responsabilité soit due, non seulement à la tradition judaïque, mais surtout à l’influence de la littérature russe de Dostoïevski. En effet, dans Les Frères Karamazov,  Dostoïevski écrivait : « Nous sommes tous responsables de tout le monde, moi plus que les autres. »

Chez Levinas, le lien avec autrui ne se noue que comme responsabilité. Ce que je fais, dit Levinas, personne d’autre ne peut le faire à ma place. Et qu’ainsi, le nœud de la singularité, c’est la responsabilité. La responsabilité définit si singulièrement la subjectivité de l’homme qu’il ne peut pas se dérober à celle qui lui incombe par rapport à l’autre. Si on tient compte du fait qu’il n’y a pas de soi sans un autre qui le convoque à la responsabilité, il va de soi que cette responsabilité pour autrui s’assume purement et simplement, sans aucun préalable. Ma responsabilité pour autrui se trouve engagée de façon inconditionnelle. Mais comment est-on responsable sans refus ni acceptation ?

Levinas explique la manière dont je suis responsable devant autrui par cette réponse que je prononce : « Me voici ! » La voix de l’autre  « Où es-tu ? » m’interpelle et m’enjoint de lui répondre. Cette interpellation injonctive n’a pas d’autre réponse qu’un « Me voici ! », comme le lieu d’une donation intégrale, avec ou sans armes. L’assignation à la responsabilité devant l’autre est indéclinable, et donc nul ne s’aurait s’y soustraire. Mais on peut encore se poser la question de savoir qui est celui qu’on appelle ? Que savons-nous de son identité ? Peut-il y avoir responsabilité pour autrui sans maintien de soi ? Levinas ne semble pas se poser cette question, tant l’autre en face de moi est invulnérable et me crie de ne pas le tuer.

Emmanuel AVONYO, op

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Homo, humus, humilitas

Le billet de Mejnour 65

L’humain a la terre pour origine et pour socle.

Manifestement, être homme, c’est être fragile. C’est, se sachant passant, concéder à l’histoire et à la postérité, un droit de mémoire. C’est accepter, créature terrestre, de regarder le ciel et les étoiles pour s’élever, s’arracher aux stérilités des habitudes pour s’attacher à l’instabilité perpétuelle des idées qui renouvellent le monde.

L’humain se rapporte à l’humus de la terre. L’humus assure à la terre sa fécondité. Comme l’humilité assure à l’homme des garanties de vie. Etre humble, c’est regarder le ciel. Mais ce n’est pas, loin s’en faut, s’anéantir, se nier. Car on n’est plus rien, s’étant réduit à néant.

L’homme est humble. Essentiellement. Et tout est bien quand l’humilité n’ôte rien à la dignité. Heureux celui qui le sait et qui en tient compte !

Mejnour te salue.

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 24 février 10

« L’humanité, c’est la personnalité de la personne, comme l’objectivité est la choséité de la chose. »

Paul Ricœur, Philosophie de la volonté, II.

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GRILLE DE LECTURE

D’après Paul Ricœur, l’humanité n’est pas le collectif des hommes, mais la qualité humaine de l’homme. L’humanité n’est pas l’énumération exhaustive des individus humains, mais la signification compréhensive (globale) de l’humain susceptible de guider une énumération des humains. L’humanité est la façon de traiter l’humanité en sa personne comme dans la personne de tout autre, ou mieux, la façon de traiter l’humanité dans la personne de l’autre comme en sa propre personne. Cette conception de l’humanité qui rappelle la morale de Kant détermine le sens de cette pensée. De même que la choséité d’une chose (ce qui fait qu’une chose est chose) se trouve dans sa représentation comme objet, la « personnalité de la personne » est la représentation de l’idéal de la personne comme humain, comme objet éthique.

Cette représentation se fait dans une autre personne, mon vis-à-vis, considérée éthiquement comme objet. C’est cette représentation de l’humain en la personne de l’autre qui fait l’humanité. L’humanité ne consiste en rien d’autre qu’en la considération de la personnalité de la personne. Car, la personnalité de la personne est la représentation de l’idéal de l’humain. Chez Ricœur, la personne est une synthèse projetée, c’est-à-dire qu’elle se saisit elle-même dans la représentation d’un idéal de la personne. Une personne n’acquiert sa personnalité humaine que dans la présentation de l’idéal de l’humain en l’autre. L’humanité se précise comme un acte de reconnaissance dans la mutualité de l’être à deux.

La synthèse que constitue l’être-homme n’est pas donnée à elle-même dans l’immédiateté de soi à soi. Le Soi n’est pas conscience de Soi pour soi. La personne est plutôt visée que vécue, l’expérience de la personne procède d’une conscience de soi médiatisée. L’humanité étant définie comme issue d’une synthèse projetée, comme l’aboutissement d’une médiation, il faut noter qu’elle est le mode d’être sur lequel doit se régler toute apparition empirique (concrète, visible, matérielle) de ce que nous appelons être humain. N’est humain que celui qui se plie à la considération de toute apparition empirique de l’homme comme valeur supérieure. Se dire homme, c’est constituer l’autre comme humain, comme réunissant les critères d’humanité. L’humanité n’est pas le collectif des hommes, mais elle est une entreprise de re-connaissance collective des humains.

Emmanuel AVONYO, op

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Lucidité

Le billet de Mejnour 64

Il n’est guère utile de se faire des illusions. Chacun proteste de sa responsabilité, de sa solidarité envers l’autre, l’histoire prouve qu’exercer son métier d’homme, c’est aussi livrer des guerres, parfois sans merci. Il arrive, en effet, hélas, que l’homme soit un loup pour l’homme. C’est une balafre qui assombrit la face de l’humain. Mais elle mérite d’être investie de sens.

La guerre, à défaut d’être comprise – pour être anticipée, évitée – peut offrir à nos sagaces philosophes des leçons qui, mises au service de notre condition, ouvriraient à tous les boulevards aérés de la paix, là où tous les hommes, vraiment, sont frères. A cette seule condition, Guillaume Apollinaire pourrait avoir raison qui écrivait : « Ah ! Dieu que la guerre est jolie »

Mejnour te salue.

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Pensée du 23 février 10

« Je considérai en général ce qui est requis à une proposition pour être vraie et certaine ; car, puisque je venais d’en trouver une que je savais être telle, je pensai que je devais aussi savoir en quoi consiste cette certitude.»

René Descartes, Discours de la méthode

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GRILLE DE LECTURE

Descartes commence cette pensée par la considération de « ce qui est requis à une proposition pour qu’elle soit vraie et certaine ». Il cherche à établir les conditions de la vérité et de la certitude du discours. En fait, Descartes venait de découvrir une vérité, le « je pense, donc je suis », mais qui ne lui assure pas encore la vérité de son discours. Cette découverte a néanmoins apporté à Descartes une certitude : il voit très clairement que pour penser, il faut être. De l’acte de ‘penser’, Descartes déduit la réalité de son ‘être’ car littéralement, le « je pense » précède le « je suis ».

Mais Descartes voit logiquement que pour penser, il faut être. Pour douter, concevoir, affirmer, nier, vouloir, imaginer et sentir, il faut être. La certitude de son être est dès lors inébranlable. «Je pense, donc je suis », la formule du « cogito », donne l’occasion de s’apercevoir que celui qui doute ne peut à priori douter de lui-même. C’est-à-dire que je peux douter des choses auxquelles je pense mais je ne puis douter du fait que je les pense comme douteuses. C’est pourquoi le doute poussé jusqu’au bout, le plus loin possible, se trouve être l’affirmation d’une vérité inébranlable. Cela place le « cogito » au cœur de la métaphysique cartésienne. Le « cogito » permet de réfuter le scepticisme en résistant au doute et en offrant une première vérité essentielle dans le processus de la connaissance. Cette vérité, la première que Descartes ait atteinte, se présente également la première à celui qui cherche à connaître.

En effet, elle se présente comme une vérité qui n’a besoin de rien pour être reconnue vraie et affirmée ; ou plutôt, dans la conception cartésienne, c’est une vérité qui présuppose l’effacement radical de toute présupposition de chose connue. Elle dépend du rejet de toutes autres formes de connaissances comme incertaines. Remarquons tout de même que cette vérité qu’assure l’acte de penser, est une vérité particulière. Elle n’est pas là où nous pouvons l’attendre. Elle ne concerne pas une chose qui serait objet de connaissance mais elle porte sur le sujet de la connaissance. Comme pour dire que ce qu’il y a de plus certain dans la connaissance, ce ne sont pas les choses à connaître mais celui qui les connaît et comment il les connaît.

Emmanuel AVONYO, op

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